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saison 2012/2013

  • Saint Louis, priez pour nous • Coulisses




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  • L'homme à tête de chou • Coulisses




    Sur le décor de L’Autre monde ou les états et empires de la lune,

    les instruments de musique ont, selon l’angle choisi, les cheveux qui dépassent

    Athénée Autre monde (c) Clémence Hérout



    ou des airs de pendus.

    Athénée Autre monde (c) Clémence Hérout

    L’un des pupitres cache un petit personnage qui attend son heure,

    Athénée - Autre monde (c) Clémence Hérout


    tandis que l’autre s’apprête à accueillir des partitions.

    Athénée Autre Monde (c) Clémence Hérout



    On parle bien de chou dans le spectacle, pour un plaidoyer végétarien avant l’heure. Mais aussi de voyage en terre inconnue, de l’influence du religieux dans les rapports sociaux ou de l’apprentissage de la différence.

    Pour découvrir l’impertinence du texte de Savinien Cyrano de Bergerac et la gestuelle et diction baroques de Benjamin Lazar entouré des musiciens de La Rêveuse, c’est à l’Athénée jusqu’à samedi !

    Bon mercredi.


  • L'été arrive • Coulisses




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  • Entre ses mains • Coulisses




    Benjamin Perrot fait du théorbe, de la guitare et du luth sur L’autre monde ou les états et empires de la lune actuellement à l’Athénée : Benjamin Lazar, metteur en scène et acteur, joue en effet aussi avec l’ensemble baroque La Rêveuse qui vient accompagner le texte de Cyrano de Bergerac.

    Si les musiciens se retrouvent généralement dans la fosse d’orchestre, ils sont cette fois bien visibles sur scène : qui dit présence sur scène dit aussi coiffure, maquillage et costume.

    Lorsque je suis passée l’autre jour à l’Athénée, Benjamin Perrot était justement en train de se faire maquiller par Mathilde Benmoussa :


    Maquillage Autre monde (c) Clémence Hérout

    Maquillage Autre monde Athénée (c) Clémence Hérout

    Athénée Maquillage Autre Monde (c) Clémence Hérout

    Athénée Maquillage autre monde (c) Clémence Hérout

    Athénée maquillage Autre monde (c) Clémence Hérout


    Il ne vous reste plus que jusqu’à samedi pour découvrir L’autre monde ou les états et empires de la lune à l’Athénée ! Bon début de semaine.


  • Vous n'êtes ni masculin, ni féminin, mais neutre • Pleins feux




    Il y a quelques jours, Benjamin Lazar, metteur en scène et interprète de L’Autre monde ou les états et empires de la lune, participait à une rencontre à la librairie L’Autre Monde, située dans le 6e arrondissement de Paris.

    Arrivée en retard à cause du RER B (les habitués comprendront) et repartie plus tôt à cause d’un train, j’ai quand même eu la chance d’entendre Benjamin Lazar lisant un extrait du Pédant joué, une pièce écrite par Savinien de Cyrano de Bergerac, l’auteur de L’Autre monde ou les états et empires de la lune (j’en parlais dans mon article d’avant-hier)

    Il s’agit d’un échange pour le moins véhément où le personnage de Granger s’en prend à Chateaufort dans des termes très... disons... grammaticaux.

    En voici un extrait, que je réécris en français moderne :

    Vous n’êtes ni masculin, ni féminin, mais neutre. (...) Vous êtes de ceux dont le sexe femelle
    Ne peut ouïr le nominatif
    À cause de leur génitif
    Et souffre mieux le vocatif
    De ceux qui n’ont point de datif
    Que de ceux dont l’accusatif
    Apprend qu’ils ont un ablatif.
    J’entends que le diminutif
    Qu’on fit de vrai trop excessif
    Sur votre flasque génitif
    Vous prohibe le conjonctif.
    Donc puisque vous êtes passif,
    et ne pouvez plus être actif,
    Témoin le poil indicatif
    Qui m’en est fort persuasif ;
    Je vous fais un impératif
    De n’avoir jamais d’optatif
    Pour aucun genre subjonctif
    De nunc, jusqu’à l’infinitif
    Ou je fais sur vous l’adjectif
    Du plus effrayant positif
    Qui j’aimais eut comparatif :
    Et si ce rude partitif
    Dont je serai distributif,
    Et vous le sujet collectif,
    N’est le plus beau superlatif,
    Et le coup le plus sensitif
    Dont Homme soit mémoratif :
    Je jure par mon jour natif
    Que je veux pour ce seul motif
    Qu’un sale et sanglant vomitif,
    Surmontant tout confortatif,
    Tout lénitif, tout restrictif,
    Et tout bon corroboratif,
    Soit le châtiment primitif,
    Et l’effroyable exprimitif,
    D’un discours qui serait fautif.
    Car je n’ai le bras si chétif
    Ni vous le talon si fuitif
    Que vous ne fussiez portatif
    D’un coup bien significatif.”

    Vous pouvez réécouter l’intégralité de la rencontre ici !

    Et pour continuer à découvrir l’humour et l’impertinence de Savinien Cyrano de Bergerac, c’est à l’Athénée jusqu’au 8 juin !

    Bon jeudi.


    Clémence Hérout


  • Rideau sur les secrets • Coulisses




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  • L'effronté • Pleins feux




    “C'est un roc !… C'est un pic !… C'est un cap !… Que dis-je, c'est un cap ?… C'est une péninsule!

    Voilà souvent à quoi l’on pense lorsqu’on entend le nom “Cyrano de Bergerac” : la pièce Cyrano de Bergerac écrite par Edmond Rostand est sans doute l’une des plus connues du répertoire français, à tel point qu’elle en a éclipsé sa source première d’inspiration.

    Car Savinien Cyrano de Bergerac, avant d’être un personnage de Rostand, était un écrivain français qui a vécu au 17e siècle.

    Né en 1619, Savinien de Cyrano de Bergerac n’est, pour la petite anecdote, pas du tout originaire de Bergerac, qui est en fait le nom d’une terre possédée par sa famille en actuelle Île-de-France.

    D’abord militaire de carrière, il se consacre ensuite à l’écriture et publie aussi bien des pièces de théâtre que des romans ou des lettres.
    S’il est peu connu du grand public aujourd’hui, il a influencé de nombreux artistes, à commencer par Molière qui s’en est beaucoup inspiré : il emprunte par exemple au Pédant joué, un texte de Cyrano, la fameuse réplique “Mais que diable allait-il faire dans cette galère” que l’on retrouve dans Les Fourberies de Scapin et qui est aujourd’hui passée dans le langage courant.

    Certaines de ses œuvres poil à gratter feront scandale par leurs remises en cause à peine voilées de l’ordre établi, surtout lorsqu’il est religieux : citons à cet égard la pièce La Mort d’Agrippine qui s’attire les foudres à sa création en 1653.

    Impertinentes, les œuvres de Cyrano de Bergerac mettent en effet le doigt là où ça fait mal, mais toujours l’air de rien et dans très grande liberté de style.
    C’est particulièrement le cas du roman L’Autre monde ou les états et empires de la lune où, non content de créer le genre de la science-fiction avant l’heure en racontant l’histoire d’un voyage sur la lune, Cyrano de Bergerac parvient avec élégance à questionner la physique traditionnelle, le point de vue anthropocentriste qui met l’homme au centre du monde ou l’organisation sociale de son époque, tout en introduisant des sous-entendus homosexuels et anti-religieux.

    Pour écouter l’insolence des textes de Savinien Cyrano de Bergerac, c’est à l’Athénée jusqu’au 8 juin dans la mise en scène et l’interprétation de Benjamin Lazar, accompagné en musique par L’Ensemble La Rêveuse.

    Bonne journée !


    Clémence Hérout


  • Un autre monde avec mon stylo • Coulisses




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  • L'autre monde numérique • Coulisses




    le tone sur tablette

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  • J'ai vingt ans • Coulisses




    La semaine dernière, c'était la présentation de saison à l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet : Patrice Martinet, directeur de l’Athénée, décrivait au public présent les spectacles qui allaient composer la saison de l’Athénée à partir de septembre prochain.

    Il se trouve que l’année 2013 représente également une date anniversaire : Patrice Martinet dirige le Théâtre depuis vingt ans !

    Patrice Martinet - 20 ans (c) Clémence Hérout

    Le jour de la présentation de saison, tous les membres de l’équipe de l’Athénée portaient un badge
    sauf Patrice qui en avait deux, indiquant : “j’ai 20 ans”.

     

    C’est ainsi qu’après la présentation de saison, le public et l’équipe l'attendaient pour une petite surprise que Patrice découvrit en sortant de scène :  

    Athénée 20 ans de Patrice Martinet



    Groupés autour d’une pièce montée de macarons, les spectateurs et membres de l’équipe ont ainsi entonné ensemble une chanson d’anniversaire, suivie d’un bref discours de remerciement où Patrice Martinet exprima son émotion d’être fêté à la fois par son équipe et son public.
    Il nous assura ensuite que cet épisode figurerait dans ses mémoires, au cas où il les écrirait un jour (on prend note) avant de convier tout le monde à boire une coupe de champagne –parce que c’est toujours embarrassant de boire tout seul face à une centaine de personnes qui vous fixent.

    La vidéo dure une minute et peut être regardée ci-dessous ou sur Youtube : http://youtu.be/3bzBY3UWc4E.


    Pour découvrir la saison prochaine, vous pouvez aller sur le site de l’Athénée, où vous trouverez également le petit film coréalisé pour l’occasion par mon camarade Le Tone.
    Et pour rire un peu, la vie d’un théâtre en image, un petit site animé conçu par l’équipe de la communication de l’Athénée pour célébrer cet anniversaire.

    Bon mercredi !


    Clémence Hérout


  • c'est reparti • Coulisses




    le tone mai


  • Ariane chez Molière • Pleins feux




    Ariane à Naxos de Richard Strauss est un drôle d’opéra.

    Il commence par un prologue où l’on découvre deux troupes d’artistes s’apprêtant à jouer lors d’un dîner organisé par leur mécène.
    La première, qui donne dans l’opéra sérieux, a répété Ariane à Naxos et s’insurge que la seconde, qui a prévu un divertissement, soit programmée le même soir.

    La consternation monte d’un cran lorsque le mécène annonce finalement que les deux troupes devront jouer simultanément. Atterrés, les artistes de l’opéra sérieux n’imaginent pas une seconde être mêlés aux autres qui, eux, se demandent bien comment ils vont s’intégrer à l’action d’Ariane à Naxos...

    C’est ainsi que l’opéra proprement dit commence, présentant l’histoire d’Ariane à Naxos, interrompue ou commentée par les chanteurs et comédiens de l’autre troupe : grâce au fameux fil aujourd’hui passé dans la langue française, Ariane a aidé Thésée à sortir du labyrinthe contre la promesse de l’épouser. Sauf que Thésée n’honore pas son engagement et abandonne Ariane sur l’île de Naxos, où elle n’attend plus que la mort.
    Les artistes du divertissement essaient ainsi de consoler Ariane, en particulier Zerbinette qui cherche à la convaincre qu’une autre histoire d’amour est possible. Même si Ariane ne semble pas avoir entendu Zerbinette, elle se retrouvera finalement dans les bras de Bacchus.

    C’est ainsi que Strauss, en abordant les relations entre artistes et mécènes (on dirait aussi “tutelles” ou “politiques”), compose un opéra à la fois drôle et sérieux comprenant des rôles parlés et chantés et qui donne à entendre des passages rappelant Wagner, mais immédiatement suivis d’acrobaties vocales brillantes et légères.

    Il faut dire que la genèse de l’œuvre est particulière, puisqu’il s’agissait au départ d’un opéra qui devait s’intégrer au Bourgeois gentilhomme de Molière, en représentant l’intermède musical commandé par le personnage de Monsieur Jourdain aux actes III et IV.
    Malheureusement, l’œuvre se révéla difficile à donner, sans doute pour des raisons financières : donner à la fois un opéra et une pièce de théâtre le même soir est en effet bien coûteux. Richard Strauss modifia son opéra pour le rendre complètement indépendant de la pièce de Molière, créant ainsi une œuvre particulièrement originale sur le fond comme sur la forme.

    Ariane à Naxos se joue à l’Athénée jusqu’à dimanche dans une version de concert proposée par Le Balcon, avec Julie Fuchs dans le rôle de Zerbinette.

    Bon week-end !



    Clémence Hérout


  • Silence dans les couloirs ! • Coulisses




    la table du chef


  • Bientôt à la Télé • Pleins feux




    le tone

    le tone


  • Voir les choses en grand • Coulisses




    30 chaises
    4 tabourets
    29 pupitres
    20 praticables
    19 personnages

    12 chanteurs
    36 musiciens
    1 chef d’orchestre
    1 pianiste et chef de chant


    Pour l’opéra Ariane à Naxos de Richard Strauss qui commence demain, l’Athénée voit les choses en nombre : pour ma part, je n’ai jamais vu autant d’artistes présents sur la petite scène du Théâtre.

    Le metteur en scène Benjamin Lazar et la scénographe Adeline Caron ont prévu différents niveaux où placer les musiciens, et quelque chose me dit qu’ils vont déborder en salle...

    Athénée - Ariane à Naxos



    L’événement Tous à l’Opéra a permis à quelques chanceux de découvrir gratuitement le spectacle en avant-première hier, à l’occasion de sa répétition générale. Si vous n’en n’étiez pas, il vous reste quatre soirs pour écouter L’Ensemble Le Balcon ! Ariane à Naxos se joue à partir de demain et jusqu’à dimanche.

    Athénée Ariane à Naxos Le Balcon (c) Clémence Hérout


    Bon lundi !


    Clémence Hérout


  • La Harpe vue du balcon • Coulisses




    le tone


  • Ne pas perdre le fil d'Ariane de la conversation • Coulisses




    naxos

    naxos Pour mémoire, le film de l'année dernière est : ICI


  • Puisque vous aimez le bon chocolat à croquer • Coup de théâtre




    Ma grand-mère est décédée récemment. En vidant sa maison, nous avons trouvé dans son bureau une série d’images soigneusement rangées dans une boîte, et dont le thème colle bien à l’actualité de l’Athénée :

     

     

    Il s’agit de vignettes sur le thème de Blanche-Neige que l’on pouvait trouver dans les tablettes de chocolat Menier au tout début des années 1940. Elles sont inspirées du dessin animé de Walt Disney.

     

     

    Ma grand-mère en possédait une centaine, classées dans l’ordre. Les collectionner pouvait donner droit à des cadeaux en échange –qui ne devaient pas l’intéresser, puisqu’elle a préféré garder les images.

     

     

    Pour voir une toute autre version de Blanche-Neige, il reste encore une représentation ce soir à l’Athénée ! Il s’agit d’un opéra de Marius Felix Lange mis en scène par Waut Koeken.

     

     



    Quant au blog, il fait une petite pause : retour le lundi 6 mai !



    Clémence Hérout


  • Le Bouillonnement à l'arrière du théâtre • Coulisses




    le-tone.fr

    letone.fr 2


  • Miroir, ô miroir chéri • Coulisses




    Il y a dix-sept personnages dans l’opéra Blanche-Neige à l’Athénée.

    Pour accompagner une distribution plus importante que les spectacles habituellement présentés au théâtre, les rangs des costumiers, habilleurs et maquilleurs se sont largement étoffés le temps des représentations.

    L’équipe des maquillages et coiffures est un peu à l’étroit dans sa petite loge tout près de la scène, mais Adeline, Angelina, Camille, Jérémy et Julie m’ont fait une petite place le temps de préparer Kristina et Anne avant la répétition générale.

     

    Athénée Blanche Neige maquillage Clémence Hérout

    Athénée Blanche-Neige maquillage Clémence Hérout

    Athénée Blanche-Neige maquillage Clémence Hérout

    Athénée Blanche Neige maquillage Clémence Hérout

    Athénée Blanche-Neige maquillage Clémence Hérout

    Athénée Blanche-Neige maquillage Clémence Hérout

    Athénée Blanche-Neige maquillage Clémence Hérout

    Athénée Blanche-Neige maquillage Clémence Hérout

    Athénée Blanche-Neige maquillage Clémence Hérout

    Athénée Blanche-Neige maquillage Clémence Hérout


    Pour voir l’opéra de Marius Felix Lange mis en scène par Waut Koeken, c’est jusqu’à après-demain !

    Bon mercredi


  • Va te faire voir • Coulisses




    Miroirs Blanche-Neige (c) Clémence Hérout

     

    “Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle”, demande sans cesse la belle-mère de Blanche-Neige à un miroir qui se demande s’il a le droit de réfléchir avant de refléter...

     

    Athénée Blanche-Neige Miroirs (c) Clémence Hérout

     

    Dans l’opéra de Marius Felix Lange actuellement à l’Athénée, le miroir est interprété par un chanteur (Huub Claessens), ce qui n’empêche pas la marâtre de s’entourer de nombreux reflets encadrés de dorures variées :


    Athénée Blanche-Neige Miroirs (c) Clémence Hérout

    Athénée Blanche-Neige (c) Clémence Hérout

    Athénée - Blanche-Neige Miroirs (c) Clémence Hérout

    Athénée Blanche Neige miroirs (c) Clémence Hérout

    Athénée Blanche-Neige Miroirs (c) Clémence Hérout

    Athénée - Blanche-Neige Miroirs (c) Clémence Hérout

    Athénée - Blanche-Neige (c) Clémence Hérout

     

    Athénée - Blanche-Neige Miroirs (c) Clémence Hérout

     

    Pour voir miroiter Blanche-Neige et sa belle-mère dans une mise en scène de Waut Koeken et des décors de Florian Angerer, il vous reste quatre représentations ! L’opéra se joue jusqu’à vendredi.


  • Lamoureux toujours Lamoureux • Pleins feux




    tine

    T2


  • Bougres de faux jetons à la sauce tartare • Coup de théâtre




    En allant hier soir à l’Athénée pour photographier le décor de Blanche-Neige, je m’attendais à croiser des pommes, des miroirs et des nains, mais certainement pas Tintin :

    La caisse vue de côté

     

    Le côté du couvercle

     

    Détail du côté du couvercle

     

    À l'intérieur de la caisse

     

    Détail de l'intérieur du couvercle

     

     

    Détail de l'intérieur du couvercle

     

     

    Détail de l'extérieur du couvercle

     


    Vous ne verrez pas cet accessoire sur scène, car il s’agit d’une caisse à roulettes dont l’équipe technique se sert pour transporter tous les objets qui peuvent lui être utiles : prises électriques, rallonges, guindes, ficelles, outils, planches... On appelle ce genre de caisses des flycases.

    Habituellement, les flycases sont noires et cerclées de métal. Si celle-ci est particulière, c’est parce qu’elle appartient à Stéphane, chef machiniste du spectacle : grand fan de Tintin, il a personnalisé sa caisse lui-même.

    Il m’a raconté avoir également fabriqué des répliques d’objets rencontrés dans les bandes dessinées de Tintin, comme un modèle réduit (un mètre de longueur, quand même !) du vaisseau en forme de requin (Le Lac aux requins), de l’hydravion de L’Île mystérieuse ou encore de la fusée d’Objectif Lune.

    Ayant lu et relu tous les albums de Tintin dans mon enfance, j’ai reconnu sans effort les dessins présents sur la caisse de Stéphane : et vous ?
    Joker : les dessins ne sont pas forcément tirés d'album de Tintin !



    En bonus, le petit cahier de Thierry, régisseur lumières également très créatif, dans un autre style.



    Blanche-Neige, opéra de Marius Lange mis en scène par Waut Koeken commence samedi !

    NB : le titre est une insulte utilisée par le capitaine Haddock dans L’Affaire Tournesol. J’aurais tout aussi bien pu choisir  “tchouck-tchouck-nougat”, “papou des carpates” ou “garde-côtes à la mie de pain”.

     

    Clémence Hérout


  • Blanche Neige Arrive • Coulisses




    le tone blanche neige

    blanche tone
     


  • La semaine commence bien • Coulisses




    hello le tone

    bye bye
     


  • Ce qu'est vraiment Alzheimer • Entretien




    Mercredi, je vous présentais Étienne Hérout, qui travaille au quotidien avec des personnes atteintes d’Alzheimer.
    Après avoir commenté ce que l’on voit dans Le Prix des boîtes dont l’un des personnages est atteint d’Alzheimer, il revient aujourd’hui sur la définition de la maladie et son traitement :



    «— Comment définirais-tu la maladie d’Alzheimer pour les gens qui nous lisent?
    — C’est compliqué. Et d’ailleurs, on ne peut établir un diagnostic d’Alzheimer avec certitude qu’après l’autopsie !


    — Tu es en train de nous expliquer qu’on ne peut jamais être certain, du vivant de la personne, qu’elle est atteinte d’Alzheimer?

    — On fait un diagnostic par élimination en testant toutes les mémoires qui existent. Il a moins de personnes que l’on ne le croit atteintes d’Alzheimer pur : Alzheimer est presque devenu un mot générique désignant toutes sortes de démences...
    C’est devenu une construction sociale, le mal du 21e siècle, l’une des maladies les plus craintes. On en parle comme d’un fléau, avec des termes très négatifs : cela touche à la folie, donc ça fait peur dans l’imaginaire de tout le monde.



    — Est-ce que tu peux quand même tenter une rapide définition de la maladie ?

    — D’abord, il s’agit d’un vieillissement pathologique : c’est-à-dire que le processus de vieillissement s’accompagne de maladies qui lui sont directement ou indirectement liées. C’est une dégénérescence qui concerne le cerveau et altère la mémoire ainsi que d’autres fonctions mentales.
    Si on se réfère aux critères de diagnostic, une démence doit comporter à la fois un trouble de la mémoire associé à un autre trouble cognitif, qui perturbent le déroulement des activités quotidiennes, et auxquels d’autre troubles vont s’associer suivant l’évolution.

    La maladie d’Alzheimer commence dans l’hippocampe, touchant d’abord la mémoire immédiate, avant de se propager au reste du cerveau. En fonction des zones du cerveau touchées, les troubles ne sont pas les mêmes et n’arrivent pas dans le même ordre.
    On pense que les personnes perdent leur personnalité mais ce n’est pas tout à fait vrai. Une personne reste toujours elle-même et aime toujours les mêmes choses : elle va manquer de mots, avoir des difficultés pour parler, voire ne plus rien dire... Mais elle a toujours des émotions : elle va s’émouvoir pour les mêmes choses qu’avant, mais elle sera dans une sorte de carcan qui l’empêchera de s’exprimer de la même manière.



    — Dans Le Prix des boîtes, il est question à plusieurs reprises d’“augmenter les doses” –sous-entendu de médicaments. Or, tu viens de nous dire qu’il s’agissait d’une dégénérescence : c’est donc qu’il n’y a pas de traitement possible ? À quoi servent ces médicaments ?

    — Il n’y a pas de thérapie médicamenteuse efficace. On utilise les médicaments pour enlever les troubles qui nous dérangent nous, mais cela ne soigne pas !
    On peut agir sur l’environnement en l’adaptant ou en utilisant des aides-mémoire ou des techniques particulières pour éviter les situations problématiques. On peut également utiliser des thérapies non-médicamenteuses. Pour des stades évolués, on peut utiliser des outils comme la musicothérapie, l’art-thérapie, la relaxation, ou encore la technique Snoezelen qui consiste en de la stimulation sensorielle.

    Pour une personne à un stade plus léger de la maladie, cela ne sert à rien de faire travailler la mémoire : ce n’est pas un muscle que l’on peut entraîner ! Par exemple, les jeux vidéos sur la Wii ou la Nintendo DS censés stimuler la mémoire (comme le “programme d’entraînement cérébral du docteur Kawashima”) sont une grande fumisterie, on apprend juste à savoir faire vite et bien les exercices que ces jeux proposent...

    Pour toutes les personnes, quelque soit le stade de la maladie, il faut de toute façon faire des choses qui ont du sens pour eux plutôt que de faire des “ateliers mémoire”... Si une personne aimait les mots fléchés, c’est bien de continuer à en faire avec elle ; mais pousser une personne qui n’a jamais eu d’intérêt pour cela est contre-productif : si elle n’aime pas cela, elle ne sera pas motivée, n’en tirera rien et sera au final en situation d’échec.


    — S’il n’y a aucun traitement possible, à quoi servent les institutions spécialisées destinées à accueillir les malades d’Alzheimer, comme les centres de jour ?

    À leur donner les moyens de vivre une vie heureuse jusqu’au bout ! Et à décharger les aidants, c’est-à-dire les personnes de leur entourage qui veulent s’occuper d’eux et qui ont tendance à s’épuiser et à s’isoler.
    De mon point de vue, il faut au contraire rechercher la qualité de vie de ces personnes : un centre de jour doit être un endroit où faire des activités qui plaisent, rencontrer des gens, faire de la cuisine...

    Toutes ces activités marchent sur la mémoire procédurale qui est conservée assez longtemps : une personne atteinte sévèrement de la maladie saura encore longtemps quoi faire si on la place devant une pomme de terre et un économe. Et les personnes m’apprennent encore beaucoup : un jour où je jardinais avec des patients, un monsieur assez atteint par la maladie m’a appris à faire des boutures de rosier (qui ont très bien prospéré par la suite!), a sarclé les radis sans en toucher un, a taillé les fleurs parfaitement... Ce sont des choses qu’il savait faire, et qu’il m’a apprises. Et j’ai encore de nombreux exemples de choses que mes patients, pourtant atteints de démence, m’ont enseignées.
    En cuisinant ou en faisant du jardinage, ces personnes ont le sentiment d’être utiles (et le sont vraiment!) et d’avoir participé à une journée normale : cela vaut toutes les thérapies du monde.

    Je vois aussi les gens à domicile en parallèle à la prise en charge : c’est important de conduire une éducation thérapeutique au niveau des familles, car les aidants sont souvent épuisés. J’essaie d’expliquer les troubles du comportement, pourquoi ils existent, comment les éliminer... Il s’agit de donner les moyens de comprendre la maladie et d’y faire face.
    On peut aussi donner des conseils pour faciliter le quotidien ; par exemple, les cas où la personne n’arrive pas à s’habiller seule est difficile à gérer : le malade se sent mal de devoir se laisser habiller par son conjoint, le conjoint ne se sent pas dans son rôle et ne sait pas forcément comment s’y prendre, les deux s’énervent... C’est une situation qui devient insupportable, alors qu’il suffirait de poser les vêtements dans l’ordre et bien placés pour que la personne s’habille seule. Ce sont des petits détails, mais qui changent la vie des malades et de leurs aidants.



    — Tu cherches à créer ton propre centre d’accueil de jour pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer : comment l’imagines-tu ?

    — Déjà, installé dans une vraie maison, pour que l’endroit en lui-même ne donne pas d’emblée l’angoisse de l’institution. Une maison dont les gens sont partie intégrante, où l’on fait la cuisine, la vaisselle, le ménage, le jardinage, de la peinture, où l’on vient se rencontrer, échanger, discuter de ce qui s’est passé avant. Je souhaite créer un lieu de vie où l’on ne va chercher à absolument restaurer les capacités des personnes mais à les entretenir et leur donner envie de vivre.
    Nicole Poirier, qui pratique au Québec depuis longtemps ce type d’approche, a intitulé son institution Carpe Diem : on profite de chaque jour qui reste à vivre pour que cela soit de bons moments.»



    Étienne aimerait ouvrir son centre d’accueil de jour d’ici quelques mois dans les environs de Poitiers : en attendant, vous avez jusqu’à demain pour aller voir Le Prix des boîtes de Frédéric Pommier à l’Athénée.

     

    Bon week-end !

     

    Clémence Hérout


  • Les saisons passent et ne se ressemblent pas • Coulisses




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  • Le personnel de la profession • Entretien




    Étienne Hérout, c’est mon grand frère : il exerce son métier d’ergothérapeute (1) auprès de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, et suit en parallèle une formation en gestion des établissements de santé. Il espère ouvrir rapidement son propre centre d’accueil de jour pour personnes atteintes d’Alzheimer.

    Nous avons discuté du Prix des boîtes : actuellement à l’Athénée, la pièce de Frédéric Pommier évoque la fin de vie de deux sœurs dont l’une, dite “la grande”, est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Si le spectacle est plein d’humour, il montre bien les limites de la prise en charge administrative et médicale de la vieillesse.



    « — On voit dans le spectacle des comportements que l’on ne pourrait pas réellement qualifier de maltraitants mais qui sont pour le moins négligents : le médecin n’explique pas la maladie, la tutrice liquide les biens de la personne malade sans solliciter l’avis de sa petite sœur, l’auxiliaire de vie impose à la grande sœur des activités dont elle n’a sans doute pas envie...
    Une fois dans une institution spécialisée, la grande sœur se retrouve sans son appareil auditif, habillée de vêtements qui ne sont pas les siens, souffrant d’escarres car personne ne la fait marcher... Est-ce que cela reflète la réalité ?


    Rien ne m’étonne dans les exemples que tu donnes... Ce sont en tout cas des choses que l’on rencontre souvent dans les institutions, à tel point que l’ANESM, qui est une agence nationale de santé, émet régulièrement depuis une petite dizaine d’années des recommandations afin d’améliorer la qualité dans les établissements de santé.
    Il existe un volet dit de “bientraitance” pour lutter contre ces pratiques –que l’on qualifie en général de “non traitance” plutôt que de maltraitance.

    On demande aux malades de s’adapter à l’institution alors que c’est l’institution qui devrait s’adapter à eux, à leur mode de vie, leurs goûts... La France est très en retard sur la prise en charge de la personne : le Canada et la Belgique sont bien plus avancés.



    — Comment le système médical peut-il en arriver à traiter aussi mal ses patients ?

    — D’abord à cause de la locomotive institutionnelle : on fait comme cela depuis des années, pourquoi changer ? Même les jeunes qui arrivent dans le système ou ceux qui aimeraient faire autrement sont rapidement pris dans la machine. Essayer de changer ces pratiques est un parcours du combattant qui doit se rapprocher de celui des paysans qui se convertissaient à l’agriculture biologique il y a quelques années... 

    L’autre point essentiel à souligner, c’est bien sûr le besoin de rendement : les équipes sont beaucoup trop réduites pour le travail qu’elles ont à faire, d’autant que l’architecture des établissements de santé est souvent mal adaptée. Ceux-ci sont d’ailleurs souvent bien trop grands: comment apporter un accompagnement personnalisé dans une maison de cent vingt personnes? On doit faire vite sans avoir le temps de s’occuper de tous ces petits détails qui font une prise en charge de qualité.

    Il y a également un gros manque de formation aux pathologies du vieillissement, couplé à tous les stéréotypes répandus sur la maladie d’Alzheimer. Le personnel soignant ne sait pas toujours avoir le comportement adapté face à ces patients, ce qui entraîne un épuisement des personnes. C’est un cercle vicieux : les professionnels se sentent dépassés face à une maladie à laquelle ils n’ont pas toujours été bien formés, les personnes malades ne font plus confiance aux professionnels... On constate ainsi dans les maisons de retraite un turn-over important des équipes, des burn-out fréquents et des arrêts maladie à répétition parmi le personnel soignant.
    La formation et l’implication des directeurs d’établissements me paraît essentielle pour améliorer la qualité dans ces établissements.



    — Tu parlais des idées reçues sur Alzheimer : quelles sont-elles ?

    — Il y a énormément de stéréotypes vis-à-vis des personnes atteintes d’Alzheimer, qui influent beaucoup sur la façon de prendre en charge les gens.
    Non seulement on voit les gens comme des déments, mais on met aussi tous leurs comportements sur le compte de cette démence. Alors que souvent, leurs comportements vus comme problématiques sont des réactions normales face à un environnement qui ne l’est pas !

    Dans Le Prix des boîtes, la soeur n’a plus son sonotone, ni ses vêtements : c’est normal qu’elle crie ou qu’elle cherche à se déshabiller! Ce ne sont pas ses vêtements, peut-être en plus que ces vêtements la démangent, qu’elle n’aime pas la couleur, qu’ils sont trop petits... De même, si une personne déambule sans but apparent, c’est peut-être parce qu’elle veut faire de l’exercice ou qu’elle cherche quelque chose. Elle ne sait plus le dire autrement du fait de sa maladie, mais elle cherche à s’exprimer. »


    Comment définir la maladie d’Alzheimer et peut-on la traiter ? C’est ce que nous verrons dans la suite de l’entretien à paraître vendredi. En attendant, pour aller voir Le Prix des boîtes, c’est jusqu’à samedi !



    Clémence Hérout



    (1) L’ergothérapie vise au développement et la préservation de l’autonomie des patients  ou à leur rééducation par le biais d’activités quotidiennes (cuisine, bricolage, loisirs créatifs, pratiques artistiques...).
    Les ergothérapeutes peuvent également être amenés à concevoir des orthèses, ainsi qu’à aménager des domiciles ou lieux de travail pour mieux les adapter aux personnes. Ils considèrent le patient de manière globale et interviennent aussi bien sur la personne que sur son environnement et ses activités.


  • Bonjour la Bretagne ! (et les autres) • Coup de théâtre




    Les affiches de l’Athénée, qui arborent des citations tirées des spectacles programmés, font souvent réagir. On en avait déjà parlé ici sur le blog, lorsqu’une série d’affiches intitulée “Je ne pense qu’à ça : l’argent” avait provoqué des réactions écrites de quelques passants dans le métro.

    Il y a quelques mois, l’affiche de l’Athénée mettait à l’honneur une boutade tirée de Croquefer : “S’il faut périr, pérons !”.

     

    Athénée affiche S'il faut périr, pérons Malte Martin




    Affiche qui n’a pas manqué de faire réagir à retardement Michel, qui a envoyé un mail la semaine dernière à Florence du service communication de l’Athénée.

    Je le reproduis ici, avec son autorisation :


    “Bonjour Madame,

    La demoiselle de l'accueil téléphonique m'a fort gentiment donné votre adresse mail pour une demande particulière. J'ai été informé de la présence d'affiches dans le métro "S'il faut périr, pérons" pour votre théâtre.

    Il s'avère que je m'appelle Michel Peron, et que ce "slogan" nous l'utilisons ou le clamons en fin de soirée au cours de nos réunions de famille, et de pouvoir "offrir" cette affiche à certains membres de la famille me ferait plaisir.
     
    Je viens donc vers vous pour savoir s’il est possible de se procurer quelques-unes de ces affiches, et suivant quelles modalités.
     
    Je suis sur Roscoff en Bretagne, il m'est donc difficile de voir directement avec les responsables du métro parisien.”


    L’Athénée n’a malheureusement pas de stock d’affiches (même si je me dis, au vu des demandes régulières qui arrivent en ce sens, que le théâtre pourrait en faire un commerce très lucratif) : j’espère pour autant que ce clin d’oeil involontaire à la Bretagne amènera la famille Peron à venir à l’Athénée à l’occasion d’un séjour à Paris.

    En ce moment, l’affiche de l’Athénée reprend une citation du Prix des boîtes :

    Athénée Affiche On a fini tous les souvenirs (c) Malte Martin

     

     


    Le Prix des boîtes de Frédéric Pommier mis en scène par Jorge Lavelli se joue jusqu’à samedi !

    Bonne semaine.


  • Le CHAT - volume 2 • Coulisses




    Voici les dernières images que l'on possède du chat et de la souris de l'Athénée, qui se sont à nouveau échappé.

    Florence va devoir attendre encore un peu que le chat revienne au théâtre.

    Pour comprendre le post d'hier : ICI

    le tone

    le tone


  • Qui est déjà allé à l'hôpital ? • Entretien




    Avant-hier, après la représentation du Prix des boîtes, l’équipe du spectacle était disponible au foyer-bar pour une rencontre avec les spectateurs qui le souhaitaient.
    Chose assez rare à l’Athénée, qui ne programme habituellement que des textes datant d’avant la première moitié du 20e siècle, l’auteur est vivant, et il était présent parmi les acteurs et le metteur en scène.

    Morceaux choisis (je vous laisse deviner qui a dit quoi, et pour une écoute de la rencontre en entier, c’est ici sur le site de l’Athénée en cliquant sur le lien sous la vidéo)


    “— Pourquoi la tutrice n’a-t-elle pas des chaussures à sa pointure ?
     — Il n’y a pas que les chaussures qui ne fonctionnent pas, pour elle....”

    “— C’est une histoire d’amour entre deux sœurs qui voient tout s’effondrer autour d’elles.
    — N’est-ce pas plutôt le contraire ? Ce sont les sœurs qui s’effondrent alors que le monde alentour reste constant...
    — Disons alors que c’est leur monde qui s’effondre...
    — Non, il n’y aucun effritement dans ces personnages qui luttent jusqu’au bout, comme tout le monde. C’est le destin.”

    “—Les personnages souffrent tous d’un décalage avec la réalité. La pièce ridiculise le réel...”

    “— C’est un spectacle terriblement féroce...
    — C’est la vie qui l’est !”

    “— La pièce ne joue pas sur l’émotion ; et pourtant, cette émotion, on la perçoit. Elle rend des choses audibles en les mettant à distance.”

    “— L’histoire ne vient pas de nulle part. J’ai assisté aux dernières années de vie de deux femmes très proches, mais je ne voulais pas forcément donner à voir ce que j’ai vécu.”

    “— Les petites vieilles dames comme cela sont partout et on ne les regarde pas.

    “— C’est une charge contre la prise en charge. Qui est déjà allé à l’hôpital ? Le respect manque.”

    “— Le médecin de la pièce ne soigne pas, il n’écoute pas, il n’entend pas.
    —Tous les personnages sont écrits tels que les deux sœurs les perçoivent. Elles voient le docteur comme absent du soin.”

    “— J’aime que la férocité soit drôle et que cela soit une drôle de férocité.

    “— La tutrice a besoin d’affection, le Monsieur Dame a besoin de reconnaissance...”

    “—Les situations échappent à tout le monde. C’est difficile d’être intelligent face à une situation bête.”

    “—Il y a une incapacité de la médecine et de l’administration à gérer la situation de grande vieillesse.”

    “— Mais vous avez une solution ?
    — Oui, que les gens ouvrent leur cœur !

    “— On va se quitter sur un aveu général d’impuissance...”

     

    Le Prix des boîtes de Frédéric Pommier mis en scène par Jorge Lavelli se joue à l'Athénée jusqu'au 13 avril !


    Clémence Hérout


  • Il est beau mon chat. C'est le plus beau des chats du monde • Coulisses




    Les chats de le tone

    les chats de le tone 2


  • Frederic Pommier dans la boite • Pleins feux




    Ce n'est pas facile de trouver une boîte aussi grande, mais plus simple tout de même que de dessiner les yeux coquins de Frederic Pommier !

    le tone fred pommier


  • C'est dans la boîte - 20 places à gagner • Coup de théâtre




    C’est le week-end de Pâques, vous avez trois jours, vous avez décidé de séjourner à Paris et vous ne savez pas encore comment occuper votre samedi soir dans la capitale ?

    Ou, mieux, c’est le week-end de Pâques, vous êtes bloqué à Paris et vous craignez de vous ennuyer comme un rat mort samedi soir parce que tous vos amis sont partis ?

    L’Athénée offre deux places pour la représentation du Prix des boîtes de ce samedi 30 mars aux dix premiers qui répondront correctement à la question suivante :



    La pièce s’appelle Le Prix des boîtes. Mais de quelles boîtes parle-t-on ?

    1- des boîtes de Pandore
    2- des boîtes de nourriture pour chat
    3- des boîtes à outils
    4- des boîtes à idées


    Si vous connaissez la réponse, envoyez-la à mon adresse mail, clemence(at)athenee-theatre.com (remplacez le (at) par @). Les dix premiers à envoyer la bonne réponse gagneront chacun deux invitations pour la représentation de samedi!

    Bonne chance.



    Clémence Hérout


  • Le prix de la mouette • Pleins feux




    la mouette des boites


  • Radio libre • Coulisses




    Qu’entend-on dans les coulisses du Prix des boîtes avant une représentation ?

    L’équipe technique qui travaille, les mouvement du rideau de métal du fond de scène, des manivelles, une perceuse, une histoire de banane, des essais son qui font retentir brusquement la musique du spectacle et des portes qui claquent.


    Pour écouter un concentré de la bande-son des coulisses du Prix des boîtes, c’est dans cette vidéo d’une minute et demie:


    Si vous ne voyez pas la vidéo, c’est ici sur You Tube.



    Le Prix des boîtes écrit par Frédéric Pommier et mis en scène par Jorge Lavelli se joue à l’Athénée jusqu’au 13 avril !



    Clémence Hérout


  • L'ami du petit déjeuner • Pleins feux




    J’ai du mal à me lever le matin. J’en profite d’ailleurs pour briser le mythe : je ne me lève pas à 6h pour envoyer les billets du blog. Ils s’envoient tout seuls à l’heure où je les ai programmés la veille.

    Je disais que j’avais du mal à me lever le matin. Sauf l’année où Frédéric Pommier réalisait la revue de presse sur France Inter : dès que le réveil sonnait, je me précipitais sur ma radio pour ne pas rater le début de son intervention, qui condensait l’actualité parue dans la presse avec plein d’humour et d’esprit.

    En juin 2009, on apprend que Frédéric Pommier n’est pas reconduit à la revue de presse. Vraiment déçue d’être brutalement privée de mon ami du petit déjeuner, je lui envoie un bref mail de soutien auquel je n’attends pas de réponse.

    Quelques mois plus tard, un mail arrive dans ma boîte : “Avec quelques semaines de retard, ce mot pour vous remercier, Clémence, de votre message de sympathie et de soutien. Belle fin d'été à vous ! Cordialement, Frédéric Pommier.

    S’ensuit un échange de messages où, alors que Frédéric Pommier m’apprend qu’il sera au service culture de France Inter, nous en venons à parler de mon métier et plus généralement de théâtre.
    C’est là qu’il m’explique qu’il a écrit une pièce, qu’il aimerait bien la voir éditée ou montée, mais qu’il ne sait pas très bien par où commencer.
    Je lui réponds en essayant de lui donner des conseils
    sur le petit monde du théâtre et nous correspondons ainsi pendant quelques semaines jusqu’à ce que, appuyé en interne par Julie et Alexandra, deux salariées de l’Athénée également fan de sa revue de presse, Frédéric Pommier rencontre Patrice Martinet, directeur de l'Athénée.

    C’était en 2009. Ensuite, il y a eu 2010. Puis 2011. En janvier 2012, Frédéric Pommier rencontre à nouveau Patrice Martinet, avec de nouveaux éléments : le point de départ du Prix des boîtes en version scénique. Un spectacle étant une aventure très lourde à monter, on a cru plusieurs fois que le projet ne se ferait jamais.

    Depuis, je n’ai pas retrouvé de raison radiophonique de me lever comme un coucou. J’ai toutefois continué à écouter Frédéric Pommier sur Radio France : je conseille tout particulièrement sa chronique “gimmick” qui, tous les lundis, épingle des formules massivement employées dans les médias, comme “inverser la courbe”, “bouger les lignes” ou encore “sorti du contexte”.
    Vous pouvez écouter ici “Jeter l’éponge”, qui date de l’année dernière et que j’ai choisi parce qu’il est aussi question de cette expression dans Le Prix des boîtes :

    Si vous ne voyez pas la vidéo, cliquez ici



    La semaine dernière, Frédéric Pommier m’a offert un exemplaire de son texte assorti d’une dédicace :

    Athénée Prix des Boîtes dédicace Frédéric Pommier (c) Clémence Hérout



    Je ne sais pas si les conseils étaient bons, mais en tout cas le texte l’est : Le Prix des boîtes mis en scène par Jorge Lavelli et avec entres autres Catherine Hiegel a commencé hier à l’Athénée et se joue pendant trois semaines.


    Bon week-end à tous !

     

    Clémence Hérout


  • tou-toute première fois • Coulisses




    premiere athenee louis jouvet

    toutoute


  • Vrai thé et accessoires décalés • Coulisses




    Dans son billet d’hier, Tone parlait des accessoires utilisés dans la pièce Le Prix des boîtes en s’étonnant devant le club de golf –ayant lu le texte, qui ne parle pas vraiment de golf, j’ai également hâte de voir à quoi il servira sur scène.

    En voici quelques autres, repérés sur scène et dans les coulisses :

    Athénée Prix des boîtes accessoires (c) Clémence Hérout


    Ça, ça se comprend. Après tout il y a souvent à boire sur scène (on avait d’ailleurs vu comment fabriquer du faux cognac avec du vrai thé ici et de quoi était fait le faux champagne bu sur scène )
    Je précise d’ailleurs que Liliane Rovère, qui buvait le faux champagne de Minetti, joue également dans Le Prix des boîtes.

     

    Athénée Prix des boîtes accessoires (c) Clémence Hérout


    Réunion incongrue : une grosse ficelle, un collier de perles et un grand tissu blanc (je ne sais pas si les trois seront utilisés sur scène au même moment)

     

     

    Athénée Prix des boîtes accessoires (c) Clémence Hérout

    Les fameux clubs de golf et un panneau pour tester la vue, dont l’on parle dans la pièce à l’occasion d’une visite chez le médecin –qui joue peut-être au golf, qui sait.

     

     

    Athénée Prix des boîtes accessoires (c) Clémence Hérout


    Une photo du père des deux sœurs de la pièce, entouré d’un nécessaire de toilette et d’un nécessaire de bricolage (comme dit plus haut, je ne connais pas non plus le lien entre ces objets)

     

     

    Athénée Prix des Boîtes accessoires (c) Clémence Hérout
    Tenu par la main du régisseur du spectacle et dans le noir, parce que ce n’est pas pour les enfants, un bâillon d’une forme particulière normalement utilisé entre adultes consentants.


    Pour voir ces accessoires en situation, c’est à l’Athénée à partir de demain soir! Le Prix des boîtes, mise en scène de Jorge Lavelli avec entre autres Catherine Hiegel, se joue jusqu’au 13 avril.


  • Inspection en 3 planches • Coulisses




    Athenee theatre Louis Jouvet

    Athenee Theatre louis jouvet athenee theatre louis
     


  • L'envers du décor capitonné • Coulisses




    le tone bateau

    le tone IPHONE
     


  • La mort n'est rien pour nous • Coulisses




    Athénée - Le Prix des boîtes


    Le décor du Prix des boîtes, qui commencera jeudi prochain, s’imbrique en plusieurs plans, parfois à miroirs, qui encadrent la salle de l’Athénée ou les accessoires du spectacle.

     

    Athénée Prix des Boîtes décor (c) Clémence Hérout

    Athénée - Prix des Boîtes - décor (c) Clémence Hérout

    Dans ce texte de Frédéric Pommier sur la fin de vie, la mort se rêve en poupée russe qui frappe une sœur puis l’autre : à l’heure du débat sur la dépendance et les aidants familiaux, les niveaux de lecture s’emboîtent pour évoquer la solidarité, l’accompagnement, la maladie, mais surtout la façon dont nous considérons la vieillesse et la mort.

     

    Athénée - Prix des Boîtes (c) Clémence Hérout



    Ça sent le sapin, me direz-vous : pas complètement, car évoquer la mort n’empêche pas l’humour. On rit beaucoup en lisant le texte de Frédéric Pommier, qui parle aussi de chats castrés, de mousses au chocolat ratées, d’un sale gamin et d’une sœur un peu chiante.

    Athénée - Prix des Boîtes - décor (c) Clémence Hérout


    Pour essayer de rire de la mort, c’est à l’Athénée à partir du printemps (qui est aussi le jour de la Sainte Clémence, je le précise en espérant que vous me souhaiterez une bonne fête le jour dit) dans une mise en scène de Jorge Lavelli, avec entre autres la comédienne Catherine Hiegel.
    On en parlait sur France Inter avant-hier (à réécouter ici).

     

    Athénée - Prix des Boîtes - décor (c) Clémence Hérout



    Bonne fin de vie à tous.



    Clémence Hérout


  • Le prix des boites en province •




    je profite de mes vacances pour faire du découpage et un donner un peu la vedette à Catherine Hiegel, qui est quand même une sacrée comédienne. Tout ça pour dire, que le prix des boites est moins cher en province, que le port de la cravate n'y est pas toujours obligatoire, et que souvent dans le tiquet d'entrée, il y a une boisson comprise.

    le tone catherine hiegel le tone catherine hiegel le tone  


  • Aucun de nous ne reviendra • Entretien




    Je n’ai découvert le nom de Charlotte Delbo que très récemment : écrivaine et résistante pendant la seconde guerre mondiale, déportée dans les camps, elle fut également la collaboratrice de Louis Jouvet, ancien directeur de l’Athénée.

    Nous fêtons cette année son centenaire : l’occasion d’en parler sur le blog grâce à Magali Chiappone-Lucchesi, qui lui consacre sa thèse.  Entretien :



    « — Résistante, rescapée des camps, femme de lettres et de théâtre, Charlotte Delbo est une personnalité à multiples facettes. Pourriez-vous la présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas ?

    Charlotte Delbo est pour moi, avant tout, une écrivain, avec son style propre. Ces écrits m’ont forgée, ils m’ont “appris à lire” alors que j’avais à peine onze ans. Ce qui me frappe avant tout dans son œuvre, ses entretiens, c’est la poésie de ses écrits, son exigence, ses convictions. Charlotte Delbo éveille nos consciences et nous invite à vivre pleinement nos vies. Il m’est impossible de vous résumer son existence et son parcours en quelques lignes, tant elle a eu une vie extraordinaire.

    Elle se marie en 1936 avec Georges Dudach, journaliste et militant communiste. En 1937, elle devient la secrétaire de Louis Jouvet qu’elle suivra lors de sa tournée en Amérique latine, puis rejoindra en novembre 1941 son mari entré dans la résistance.
    Le 2 mars 1942, cinq policiers français des “brigades spéciales” arrêtent Charlotte Delbo et Georges Dudach à leur domicile et les conduisent à la prison de la Santé. Le 23 mai 1942, Charlotte fait ses adieux à Georges, dans sa cellule. Georges Dudach sera fusillé le jour même au Mont Valérien. ?
    Le 24 août 1942, Charlotte Delbo est transférée au fort de Romainville où elle rencontre un groupe de femmes, détenues politiques comme elle, et pour la plupart communistes. Ces femmes seront celles qui partiront avec elle de Compiègne pour Auschwitz le 24 janvier 1943.
    À partir de mai 1943, elle est envoyée au Kommando de Rajsko –mis sur pied pour expérimenter la culture d’un pissenlit dont la racine contient du latex. Là-bas, les conditions sont beaucoup plus acceptables : on peut se laver, travailler à l’abri, avoir des robes propres, recevoir des colis. C’est un laboratoire où se mêlent chimistes, botanistes, biologistes, dessinatrices, traductrices, laborantines : “Rajsko devient ainsi un lieu curieux, celui du rassemblement d’une petite élite féminine européenne” (1). C’est le lieu aussi où elle et ses camarades réussiront à monter un théâtre de bric et de broc et à jouer Le Malade Imaginaire de Molière (2).
    Le 7 janvier 1944, près d’un an après son arrivée à Auschwitz-Birkenau, Charlotte Delbo, avec sept autres compagnes, est envoyée à Ravensbrück. C’est là qu’elle échangera Le Misanthrope de Molière à une petite gitane contre une ration de pain, texte qu’elle récitera presque en entier pendant l’appel. (3)

    Le 23 avril 1945, Charlotte Delbo fait partie des femmes qui quittent le camp pour la Suède grâce à l’action de la Croix Rouge. Elle rentre en France le 23 juin 1945, prendra plusieurs mois de repos en  Suisse, et y écrira, aussitôt qu’elle est capable de tenir une plume, Aucun de nous ne reviendra, manuscrit qu’elle emportera dans tous ses voyages et qu’elle proposera seulement vingt ans plus tard à un éditeur.
    À Paris, elle reprend sa place auprès de Louis Jouvet, elle qui se disait là-bas  : “Si je rentre, je n’aurai plus peur de Jouvet” et lui l’accueille en pleurant. Mais le travail au théâtre se révèle trop fatigant, elle travaillera donc de 1947 à 1960 à l’ONU à Genève. Après cette expérience, elle retourne en France qu’elle ne quittera plus, et devient la collaboratrice d’Henri Lefebvre au CNRS. Elle meurt à Paris, le 1er mars 1985.



    — Charlotte Delbo a collaboré avec Louis Jouvet : quelle était la nature de son travail et de ses liens avec l'Athénée ?

    — Pour la petite histoire, en 1937, Charlotte Delbo rencontre Louis Jouvet à l’occasion d’une interview dans le cadre d’une enquête sur “le cinéma et la jeunesse”  pour la revue Les Cahiers de la Jeunesse dont son mari Georges Dudach est le rédacteur en chef. À cette époque, elle écrit régulièrement, dans cette revue, des chroniques littéraires et théâtrales. Elle a alors vingt-quatre ans et “le patron” qui relit son article est frappé par son travail de réécriture (Charlotte Delbo prenait des notes en sténographie puis les retranscrivait) à tel point qu’il lui demande d’être sa secrétaire !
    Elle accepte et suivra donc Louis Jouvet pendant trois ans, deux fois par semaine, rue de Madrid lors de ses cours au conservatoire. Elle prend en sténo les cours, puis les retranscrit généralement le soir-même, à l’Athénée. Elle aide Jouvet à préparer ses conférences (sur Molière par exemple), ses articles… Elle assiste aux répétitions de l’Ondine de Giraudoux (première le 4 mai 1939 à l’Athénée) où Jouvet joue le rôle du chevalier Hans.

    Et ce qui est passionnant lorsqu’on commence à lire, relire, l’œuvre de Charlotte Delbo, ce sont les correspondances, en filigrane souvent, qui se dessinent au creux de ses écrits entre les personnages que lui a fait découvrir Jouvet (et que Jouvet a pu jouer sur scène  : Le Mendiant, Alceste, Hans… ) et le propre témoignage littéraire de Charlotte Delbo de son arrestation jusqu’à son retour des camps, et c’est ce qui constitue, entre autres, l’objet de mon travail. »



    Qu’ont les écrits de Charlotte Delbo de si particulier, et pourquoi est-elle si peu connue au regard de son talent et de son parcours ? Suite de l’entretien à venir sur le blog ! (Edit : la suite est ici)
    À l'Athénée, Le Prix des boîtes est entré en répétition et se prépare pour sa première le 21 mars !

     

    Clémence Hérout




    (1) Anette Wieviorka, Déportation et génocide (entre la mémoire et l’oubli), Paris, Plon, 1992, p. 246.
    ?(2) Une Connaissance Inutile, Paris, Editions de Minuit, 1970, p. 88-96
    (3) Une Connaissance Inutile, Paris, Editions de Minuit, 1970, p. 122-125


  • Entretien au sommet • Entretien




    Hélène Bouchez est la chef d’orchestre d’Histoire du Soldat, à l’Athénée jusqu’à demain.

    Conversation hier après-midi :


    «— Histoire du soldat de Stravinski et Ramuz est une œuvre difficile à définir : est-ce du théâtre musical, un conte en musique, un opéra ? Comment la présenteriez-vous à des personnes qui ne l’ont jamais entendue ?
    Histoire du soldat a presque cent ans mais surprend encore par sa modernité. C'est une œuvre dépouillée des conventions et des apprêts de la séduction : théâtre et musique s'y conjuguent dans une extrême économie de moyens. Ce récit de mort et de vérité est porté par une troupe de saltimbanques, acteurs et musiciens, qui ponctue ou bouscule le déroulement comme une musique de cirque écartelée.
    Tout y est pourtant réglé comme dans une mécanique suisse d'extrême précision! Après ses grandes oeuvres symphoniques pour le ballet (L'Oiseau de Feu, Petrouchka, Le Sacre du Printemps), la première guerre mondiale a fait ses ravages et le contexte économique difficile d'après-guerre a incité Stravinski à concevoir cette pièce pour peu d'instrumentistes.
    Ramuz et Stravinski feignent de s'inspirer du mythe de Faust pour finalement exposer un écorché plus radical de la condition humaine, mais via un texte simple et un discours musical très direct. L'âme du violon y devient une arme contre le mal.
    La musique est presque figurative par moment mais sa forte caractérisation génère elle-même une dramaturgie. L'apparence est la naïveté: "valse", "tango", "choral","petit concert". La "marche du soldat" est traitée comme une vraie marche où l'on entend les pas, et c'est une bien brave "marche royale" qui retentit lorsque l'on va chez le roi...
    Par moments, on assiste à une individualisation, une échappée des instruments qui revêtent alors des caractères singuliers. Chacun des instruments est un personnage, même s'ils sont par ailleurs traités en blocs à d'autres moments.
    C'est une musique extrêmement jubilatoire, d'une grande clarté, pleine d'esprit. Une musique piquante et truculente, traversée par l'ironie, la provocation, mais aussi le dépouillement et la solitude. C'est une œuvre à recevoir sans filtres et sans fard.

    – On a bien compris qu’il s’agissait d’une œuvre à part, aussi bien dans sa forme globale que dans son écriture : en tant que directrice musicale, est-ce que cela présente des difficultés spécifiques dans votre travail ?
    – Il s'agit d'une partition dont les métriques changent quasiment à chaque mesure, mais de laquelle se dégage une grande clarté rythmique. Même si l'écriture métrique est complexe et même s'il y a une grande indépendance entre la rythmique et la métrique, c'est un sentiment de stabilité qui prime. La polyrythmie est très présente, et dans ce dispositif frontal, la direction devient alors presque un travail de multi-percussionniste!
    Dans les musiques antérieures (baroque, classique, romantique), l'harmonie précède la mélodie en ce sens qu'elle la soutient et lui donne corps : ce n'est pas du tout le cas dans ce Stravinski-là.
    C'est pourquoi le travail de préparation est particulier avec ce type d'oeuvre car il faut assimiler l'articulation entre la métrique, la rythmique et la mélodie, qui fonctionnent simultanément mais ne dépendent jamais les unes des autres.

    – Dans cette mise en scène de Roland Auzet, les musiciens sont disposés en hauteur contre le mur de fond de scène, les uns à côté des autres. Est-ce que cela change quelque chose pour vous ?
    – C'est la première fois que je suis face à cette disposition instrumentale. J'étais peu rassurée au début à cause de la distance : comme je dirige de la fosse, nous sommes séparés par une dizaine de mètres à l'horizontale et environ cinq mètres à la verticale pour les plus haut-perchés!
    De même, l'écoute transversale entre les musiciens eux-mêmes est inhabituelle et requiert une attention particulière, car ils sont assez éloignés les uns des autres. Il faut donc beaucoup anticiper et garder un contact constant. Cette disposition n'est pas habituelle, mais cela fonctionne très bien : j’incite les lecteurs à venir voir!»


    Histoire du Soldat dirigé par Hélène Bouchez, mis en scène par Roland Auzet et avec Thomas Fersen et les musiciens du CNSMD de Lyon se joue à l’Athénée jusqu’à demain soir.

    Le blog de l’Athénée fait une pause et reprendra le 11 mars avec les répétitions du Prix des boîtes, de Frédéric Pommier et mis en scène par Jorge Lavelli (avec entre autres Catherine Hiegel).

    Bon week-end à tous !

     

    Clémence Hérout


  • Histoire de la création • D'hier à aujourd'hui




    theatre de lausanne by tone


  • L'ombre de lui-même • Pleins feux




    Dans Histoire du soldat, Thomas Fersen fait de l’ombre au plateau.

    Histoire du soldat ombre Thomas Fersen (c) Clémence Hérout

     


    En acceptant de donner son violon au Diable, le soldat lâche-t-il la proie pour l’ombre ? Si c’est bien la silhouette d’un pacte avec le diable qui se dessine en demi-teinte, Histoire du soldat livre une conclusion en clair-obscur :

    “Il ne faut pas vouloir ajouter à ce qu’on a 
    ce qu’on avait, 
    on ne peut pas être à la fois qui on est
    et qui on était 
    On n’a pas le droit de tout avoir : c’est défendu.
    Un bonheur est tout le bonheur;
    deux, c’est comme s’ils n’existaient plus.”




    Histoire du soldat, conte musical de Ramuz et Stravinski, se joue à l’Athénée dans la mise en scène de Roland Auzet avec Thomas Fersen jusqu’à samedi.

     

    Clémence Hérout


  • Billet en retard ! Espoir • Coulisses




    Hop, le billet arrive juste à l'instant ! Mon ordinateur vient de se réveiller d'une nuit imprévue. Probablement une balle perdue.

    Le TONE - SOLdat - Athénée


  • Le Memory du Soldat • Pleins feux




    Vous souvenez-vous de ce jeu : le Memory ? Et bien, voilà, après un spectacle vous devez trouver l'objet manquant.

    Le Tone


  • L'armée des ombres • Coulisses




    L’Histoire du soldat de Stravinski avec Thomas Fersen commence aujourd’hui. Hier soir, juste avant la générale, l’équipe technique réglait les derniers détails....

     

    Athénée - Histoire du soldat (c) Clémence Hérout
    Gaëlle, régisseuse du spectacle, ferme le rideau blanc derrière les musiciens

     

     

    Athénée - Histoire du soldat (c) Clémence Hérout
    Jano, régisseur de l’Athénée, pendant les tests son

     

     

    Athénée - Histoire du soldat (c) Clémence Hérout
    Sébastien, technicien, avec une lampe frontale, testant le fonctionnement du rideau de fer.

     

    Athénée - Histoire du soldat (c) Clémence Hérout

    Athénée - Histoire du soldat (c) Clémence Hérout
    Gaëlle installant le plateau avant le début de la générale



    Rendez-vous ce soir pour la première ! L’Histoire du soldat, conte musical de Stravinski avec Thomas Fersen, mis en scène par Roland Auzet et dirigé par Hélène Bouchez, se joue jusqu’au 2 mars.


    Clémence Hérout


  • Fou d'Igor • Coulisses




    Début le 21 Février

    Igor


  • Merci Maman merci Papa • D'hier à aujourd'hui




    On trouve toutes sortes de choses dans les greniers des maisons de famille : des vieux jouets d’enfants, des meubles hors d’usage, des cartons ou les décorations de Noël. Chez mes parents, collectionneurs de vieux papiers, on peut surtout voir des piles de magazines anciens, des cartes postales de la fin du 19e siècle, des publicités des années 1920 ou encore des photos d’avant-guerre.

    Je n’ai jamais trop su où ils les avaient récupérés (je crois que eux non plus ne le savent pas), mais ils possèdent en particulier un nombre impressionnant de numéros de L’Illustration.

    L’Illustration est un hebdomadaire français paru de 1843 à 1944 : témoignant de l’actualité française et internationale dans tous les domaines (politique, économie, science, culture, religion...), L’Illustration accordait une grande place aux dessins et aux photographies.

    L’Illustration avait également un supplément littéraire destiné à ses abonnés, un peu comme certains quotidiens actuels qui proposent des magazines thématiques en plus de leurs numéros habituels –Le Monde des livres ou Le Figaro littéraire, par exemple.

    Ce supplément, nommé La Petite Illustration, n’avait pas vocation à proposer des critiques ou à rendre compte de l’actualité littéraire au sens habituel du terme, mais publiait en fait des textes inédits en intégralité. Électre de Jean Giraudoux fut par exemple publiée dans La Petite Illustration en juin 1937 (soit deux semaines après sa création au théâtre) avant de paraître aux éditions Bernard Grasset la même année.

    C’est ainsi que je suis tombée sur plusieurs numéros de La Petite Illustration évoquant l’Athénée : le comédien et metteur en scène Louis Jouvet, qui en fut le directeur, y créa en effet de nombreux textes contemporains.
    Dans le stock de Petite Illustration que possèdent mes parents, on trouve ainsi le texte intégral de plusieurs pièces de Jean Giraudoux créées à l’Athénée dans les années 1930, mais aussi celui du Corsaire de Marcel Achard –dont j’avais d’ailleurs déjà parlé sur le blog ici, puisque j’en avais retrouvé le programme de salle !

    Dans ces numéros, les textes des pièces étaient accompagnés de photos de la mise en scène de Louis Jouvet, ainsi que d’une revue de presse compilant tous les articles parus à son sujet. Extraits choisis à venir sur le blog !

    Pour revenir à l’Athénée de 2013, sachez que L’Histoire du Soldat de Stravinski avec Thomas Fersen commencera jeudi. Bon mardi !



    Clémence Hérout


  • L'aspirateur ! J'ai oublié de l'éteindre ! • La corde verte du lapin qui siffle




    Je vous ai souvent parlé sur ce blog du travail des équipes techniques avant chaque représentation (préparer le plateau, mettre en place les accessoires, vérifier les effets lumineux ou sonores...), mais moins de ce qu’elles font après.

    Le plateau blanc de Fin de Partie nécessite d’être irréprochable : juste après la représentation, Sébastien passe l’aspirateur sur toute la scène.

    Ménage Fin de Partie (c) Clémence Hérout

     

    Ménage Fin de Partie (c) Clémence Hérout

     

    Ensuite, lui et Jano recouvrent le plateau d’un tissu pour qu’il ne soit pas sali entre deux représentations. Précaution d'autant plus utile qu'un tournage de cinéma était prévu dans le théâtre le lendemain.

     

    Ménage Fin de Partie (c) Clémence Hérout

    Ménage Fin de Partie (c) Clémence Hérout

    Athénée - Fin de Partie Ménage (c) Clémence Hérout



    On installe enfin la servante, cette lampe typique du théâtre dont je vous parlais ici, avant d’éteindre les lumières et de quitter la salle... jusqu’au lendemain.

    Pour voir Fin de Partie de Beckett mis en scène par Bernard Levy, il vous reste encore ce soir à 20h et demain à 15h et 20h !

    Bon week-end.


  • Une énigme • Coulisses




    poli


  • Un garçon de café • Coup de théâtre




    Lorsque je parle de ce blog à quelqu’un, la question surgit invariablement à un moment ou un autre de la conversation : “ce n’est pas trop dur, de trouver une idée tous les jours ?
    (enfin, cela valait surtout à l’époque où Le Tone n’était pas là pour dessiner en alternance sur le blog)

    Je me suis posé la même question au sujet de Francis Braun.

    En fait, je ne connais pas Francis Braun.

    Au départ, nous avions seulement des amis en commun sur le réseau Facebook (NB : sur Facebook, chacun est lié aux personnes de son choix, surnommées “amis”, et dispose d’une page de profil où publier textes, photos, articles ou vidéos à sa guise).
    Parfois, ces amis partageaient sur leur propre profil des photos prises par Francis et où l’on apercevait toujours du café, souvent des lunettes, parfois des petites figurines et d’autres objets.
    J’ai fini par comprendre que Francis réalisait une nature morte tous les jours autour de son café du matin, et dont l’inspiration pouvait relever de l’actualité, de sa vie privée, de ses lectures ou de ses dernières pièces vues au théâtre.

    Parfois, je lisais aussi Francis Braun sur le blog du Tadorne –blog dont j’avais déjà parlé ici et qui rassemble des critiques de spectacles écrites par des spectateurs.

    Bref, Francis Braun et moi sommes devenus “amis”, comme on dit, sur Facebook, et j’ai pu suivre tous les jours son photo-journal, ou son roman-café, ou son tasse-du-jour, comme vous voudrez.

    Autoportrait (c) Francis Braun

    Je ne sais pas à quoi ressemble Francis : voici la photo qui le représente sur Facebook.

     



    À plusieurs reprises, Francis a publié des photos-café en rapport avec le théâtre : comme celle-ci par exemple, conçue après des représentations de La Mouette au Festival d’Avignon, et qui rappelle que l’Athénée a accueilli une autre Mouette de Tchekhov en début de saison :

    Café mouette (c) Francis Braun

     

     

    Mais c’est une photo précise qui m’a décidée à vous parler de lui, car elle est directement liée à l’actualité de l’Athénée : il y a quelques jours, Francis a publié une photo relative à Fin de Partie de Samuel Beckett.

    Café-Beckett (c) Francis Braun

     

    (Pour ceux qui ne connaissent pas le texte, il faut savoir que deux personnages de la pièce vivent dans des sortes de poubelles)


    Lorsque j’ai téléphoné à Francis pour savoir d’où cette idée du café-journal lui était venue, il n’a pas trop su me répondre : “C’est le hasard. Je me suis dit que, quitte à tenir un journal, autant le faire avec un objet... Le café fait partie du quotidien de tout le monde. Et puis je me suis pris au jeu. Mais à vrai dire, je commence à avoir l’impression que cela m’échappe un peu!”


    Comment sélectionner quelques photos à vous montrer parmi la centaine que Francis m’a envoyée ? Comme l’Athénée accueille en ce moment En attendant Godot et Fin de Partie de Samuel Beckett, j’ai choisi les photos-café qui m’évoquaient l’univers de ces deux textes (c’est évidemment très subjectif).

    Café soulier (c) Francis Braun

    Café Freud (c) Francis Braun

    Je pense (c) Francis Braun

    Café bateau (c) Francis Braun

    Café du monde (c) Francis Braun

     

     

    Si vous habitez dans le Sud de la France et que vous souhaitez passer rencontrer Francis, sachez qu’il tient un commerce d’objets de décoration, de design et de bijoux à Saint-Rémy-de-Provence, Le Grand Magasin.

    En attendant et même s’il est un peu tard, je sais qu’il vous souhaite à tous une très bonne année 2013 (santé, amour, douceur, argent et humour) :

     

    Bon café 2013 (c) Francis Braun


    À l’Athénée, Fin de Partie mis en scène par Bernard Levy se joue jusqu’à samedi !


  • Les DECORS • La corde verte du lapin qui siffle




    Un décor qui ne montre que l'essentiel laisse l'esprit le combler d'accessoires, et d'idées volantes et mignonnes.

    decors tone


  • La fin n'est qu'un début • Coulisses




    de


  • Chercher le noyau de l'être humain • Perspective




    Samuel Beckett s’est beaucoup tenu à l’écart des médias, se gardant bien de donner une quelconque explication à ses textes : entretenant le mystère, l’auteur laissait ainsi une œuvre complexe et secrète d’où le brouillard ne se dissiperait jamais vraiment.

    Ce sont souvent ses interprètes qui en parlent le mieux : alors que les comédiens ne sont pas toujours les mieux placés pour analyser les textes qu’ils jouent, je me souviens par exemple avoir particulièrement appris avec les acteurs d’En attendant Godot –dont certains jouent d’ailleurs aussi dans Fin de Partie qui commence à l’Athénée ce soir (interview ici et ).

    Hier, en naviguant sur le site internet de l’Institut National de l’Audiovisuel, j’ai trouvé une interview de Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault, qui, en 1968, évoquent l’écriture de Beckett.
    Pour rappel, ces deux grandes personnalités du théâtre et du cinéma ont beaucoup contribué à faire connaître Beckett et en particulier la pièce Oh les beaux jours, immortalisée par l’interprétation de Madeleine Renaud dans Winnie.

    La vidéo dure moins de trois minutes et peut être consultée ici : site de l'INA.

     

    Fin de Partie de Samuel Beckett mis en scène par Bernard Levy se joue à l'Athénée du 7 au 16 février. Bonne journée !

     

    Clémence Hérout




  • Le jeu reprend • Pleins feux




    L'impatience m'emporte vers l'anticipation. Demain soir, le jeu reprend.

    le 7


  • Question pour un champion (7) • Pleins feux




    Élément constitutif d’un tout, je peux être consubstantielle, constitutive, intégrante ou centrale. Dans l’immobilier, mon caractère commun ou privatif détermine l’affectation des charges, tandis que le monde judiciaire me substitue en général au concept de personne (physique ou morale).

    Signifiant souvent une certaine quantité ou une portion, je désigne également l’appartenance –qui peut confiner à l’invisibilité quand je suis accolée à un décor ou des meubles, mais à la centralité si je suis prenante.

    Résultat d’une division, je peux servir à évoquer un rôle à tenir ou une partition à exécuter. On peut me les casser au pluriel (mais c’est vulgaire), prendre quelqu’un à moi (mais c’est agressif) ou m’associer à des jambes en l’air (mais ce n’est pas pour les enfants). Dans le jeu et le sport, je peux être remise, gagnée, abandonnée ou serrée.

    Fine, de campagne ou de plaisir, on aime bien en être : mais j'ai toujours une fin, en particulier chez Samuel Beckett (à l’Athénée à partir de jeudi dans la mise en scène de Bernard Levy).

    Je suis ? Je suis ? Donnez votre réponse sur le blog ici.

     

    Clémence Hérout


  • Défilé littéraire • Perspective




    Isabelle est la secrétaire générale de l’Athénée. Partis en week-end à Dublin en début janvier, elle et son ami nous ont ramené quelques photos pour le blog.

    La cathédrale Saint-Patrick de Dublin est bordée d’un jardin où Saint Patrick est censé, d’après la tradition, avoir baptisé les premiers chrétiens irlandais.

    Depuis 1988, le parc Saint Patrick abrite aussi une sorte de parcours-découverte en hommage à douze grands noms de la littérature irlandaise : Jonathan Swift, Oscar Wilde, George Bernard Shaw, William Butler Yeats ou encore Samuel Beckett ont ainsi chacun une arche abritant leur portrait et le titre de quelques-unes de leurs œuvres.

    Voici les photos de l’arche de Samuel Beckett :



    Samuel Beckett Saint Patrick Dublin

    Beckett à Saint Patrick

    Beckett Saint Patrick Dublin

     

    (c) Isabelle et Henry-Pierre

     


    En attendant Godot de Beckett s’est terminé dimanche dernier à l’Athénée, mais vous pourrez retrouver une autre pièce de l’auteur à partir de la semaine prochaine : Fin de Partie commencera à l’Athénée le 7 février.

    Bon week-end !

     

    Clémence Hérout


  • En attendant la fin de la partie • Pleins feux




    PREMIERE LE 7 FEVRIER

    A ne pas rater 

    TONE becket


  • Période bleue • Coulisses




    Dans En attendant Godot, il est question du ciel à plusieurs reprises : sa couleur, ses nuages, mais aussi sa luminosité –car c’est la règle, on guettera Godot jusqu’à la tombée de la nuit, qui elle aussi se fait attendre....

    Le ciel surplombant Vladimir et Estragon est-il bleu ? J’ai tendance à imaginer que non : mais les coulisses du spectacle, elles, le sont bien...

     

    En attendant Godot (c) Clémence Hérout

    En attendant Godot (c) Clémence Hérout

     


    Pour voir le spectacle, c’est jusqu’à dimanche !

     

    Clémence Hérout


  • Des feuilles à la cendre • Pleins feux




    le tone


  • La fin des Actes • Pleins feux




    Dans cette pièce, il y a quelques phrases qui restent suspendues dans les airs et le long du cervelet. Pour longtemps...tone becket 2


  • Mon royaume pour un radis • Coulisses




    En attendant Godot de Beckett mis en scène par Bernard Levy a commencé à l’Athénée vendredi. La veille de la première, à quelques minutes de la répétition générale, l’équipe peuplait la scène de l’Athénée...

     

    Clémence Hérout
    Thierry Bosc, interprète d’Estragon (et lauréat du strapontin d’or 2009)

     

     

    Clémence Hérout
    Thierry Bosc, interprète d’Estragon, et Bernard Levy, metteur en scène

     

    Clémence Hérout
    Yoann Perez, régisseur son

     

    Clémence Hérout
    Jean-Noël Demarcovitch, régisseur général (vu il y a peu sur le blog entouré de fumée)

     

    Clémence Hérout
    François Ridard, régisseur, et un radis noir

     

    Clémence Hérout
    François Ridard, régisseur, repeint les quelques endroits abîmés du plancher



    En attendant Godot mis en scène par Bernard Levy était déjà passé à l’Athénée en 2008 : vous pouvez retrouver sur le blog des interviews des acteurs (ici et ), des photos de leur loge ou encore une petite note sur le “théâtre de l’absurde”, expression souvent employée pour définir les textes de Samuel Beckett.


    Pour voir ou revoir le spectacle, vous avez jusqu’à dimanche !

    Clémence Hérout


  • 4+14 = 18 JANVIER . 60 ANS d'attente • Pleins feux




    C'est ce soir ! A tout à l'heure tone


  • On vous surveille • Coulisses




    (suite et fin de mes deux derniers billets...)


    La semaine dernière, je vous montrais les artistes des Brigands regardant le public par un œilleton avant une représentation. Que voyaient-ils, de l’autre côté du rideau ?

     

    Public Athénée par oeilleton - photo Clémence Hérout



    Un champ de vision limité par rapport à ma photo d’avant-hier, mais rendu charmant par le fait de pouvoir regarder sans être vu...

     

    Public Athénée oeilleton - photo Clémence Hérout

     


    Je dois d’ailleurs avouer que jusqu’à récemment, je ne connaissais pas l’existence de cet œilleton, apposé par Denis Léger, directeur technique de l’Athénée très récemment parti à la retraite.


    Et les acteurs d’En attendant Godot qui commence demain, que verront-ils en regardant la salle ? Vous peut-être, si vous avez choisi de venir –sachant que vous avez une dizaine de jours pour le faire : la pièce se joue jusqu’au 27 janvier.

     

    Clémence Hérout


  • J'ai presque réalisé mon rêve • Pleins feux




    Cela fait des années que je rêve de photographier la salle de l’Athénée remplie de ses spectateurs.

    J’ai enfin pu réaliser mon souhait :

    La salle remplie de l'Athénée (c) Clémence Hérout


    Ou presque.


    Car il y a un truc, dont vous vous souvenez forcément si vous avez vu Croquefer et L’Île de Tulipatan : un miroir placé sur scène et qui, à un moment précis, se positionne parfaitement face à la salle.

    La salle remplie de l'Athénée (c) Clémence Hérout
    Le spectacle s’est terminé dimanche à l’Athénée, mais il sera ce soir à Saint Nazaire (44). La Botte secrète qui était passée à l'Athénée l'année dernière sera jouée les 21 et 22 mars au Perreux (94), le 9 avril à l’Opéra de Reims (51), le 12 avril à Villejuif (94) et le 19 à Tremblay-en-France (93). Toutes les informations sur le site des Brigands.

    Quant à l’Athénée, il se prépare à accueillir En attendant Godot de Samuel Beckett mis en scène par Bernard Lévy !

     

    Clémence Hérout

     

    PS : en bonus, une planche de la BD Garfield de Jim Davis en clin d'oeil aux opéras-bouffe Croquefer et L'Île de Tulipatan

    Garfield Comédie bouffe Jim Davis


  • En attendant Beckett • Coulisses




    Je crois que je ne suis pas le seul à attendre le texte de Samuel Beckett mis en scène par Bernard Levy

    beckettone


  • Cinq minutes avant le lever du rideau • Coulisses




    Que se passe-t-il cinq minutes avant le lever de rideau sur le spectacle Croquefer et L’Île de Tulipatan ?


    Le comédien et chanteur Flannan Obé scrute le public par un petit trou taillé dans le rideau,

    Flannan Obé (c) Clémence Hérout

     


    bientôt rejoint par ses camarades Lara Neumann et Olivier Hernandez

    Flannan Obé Lara Neumann Olivier Hernandez (c) Clémence Hérout

     


    avant quelques discussions et embrassades où l’on aperçoit également de dos Emmanuelle Goizé.

    Lara Neumann Flannan Obé Emmanuelle Goizé Olivier Hernandez (c) Clémence Hérout




    On passe également par le foyer des comédiens pour former la ronde, un rituel précédant l’entrée en scène où l’on aperçoit ici principalement Loïc Boissier (chanteur et fondateur des Brigands)

    Loïc Boissier (c) Clémence Hérout


     et évoquer quelques détails scéniques (Lara Neumann, Flannan Obé, Olivier Hernandez).

    Lara Neumann Flannan Obé Olivier Hernandez (c) Clémence Hérout


    Puis, alors que la musique d’ouverture commence dans la salle, derrière le rideau, chacun se place (ici Emmanuelle Goizé)

    Emmanuelle Goizé (c) Clémence Hérout


    pendant que Jano, régisseur général à l’Athénée, fait des allées et venues sur le plateau pour y répartir la fumée qui envahira la scène au moment du lever de rideau.

     

    Jean-Noël Demarcovitch (c) Clémence Hérout

    Jean-Noël Demarcovitch

    Jean-Noël Demarcovitch (c) Clémence Hérout

    Jean-Noël Demarcovitch (c) Clémence Hérout

     

    Jean-Noël Demarcovitch (c) Clémence Hérout



    Bon spectacle !

    Aujourd'hui à 12h30, une conférence sur la modernité d’Offenbach a lieu à la Bibliothèque Nationale de France (site Richelieu, 2 rue Vivienne 75002 Paris). Elle rassemble Jean-Claude Yon (musicologue), François Angelier (journaliste à France Culture) et Loïc Boissier (fondateur des Brigands). L’entrée est libre.


    Clémence Hérout


  • Un Petit JEU • La corde verte du lapin qui siffle




    Un petit jeu à trouver pour commencer 2013.

    le tone

     

    Ahhh les brigadiers...Un terme qui a un peu disparu...

    voici ma chanson préférée les concernant : par Alpha Blondy, toute mon enfance 


  • Les Brigands ont des chapeaux • Coulisses




    tomi ungerer


  • Catalog(u)e • Coulisses




    Dans les coulisses de la compagnie des Brigands actuellement à l’Athénée, on trouve :


    des vestes à galons dorés


    un pantalon attendant dans l’escalier



    une robe difficile à plier

     


    une cape difficile à traîner



     

    une perruque difficile à porter



     

    un sabre laser du plus bel effet



    un cheval très bien imité



     

    des choses qu’il vaut mieux ne pas toucher, mais dont on peut admirer les éclats sur scène jusqu’au 13 janvier : Croquefer et L’Île de Tulipatan d’Offenbach se jouent jusqu’à dimanche à l’Athénée !

     



    Et à tous, une très belle année...

     


    Clémence Hérout


  • BONNE ANNEE • Coulisses




    la superstition c'est tellement 2012 !

    bonne année


  • J’ai toujours détesté l’escalade • Pleins feux




    Athénée - Croquefer et Tulipatan (c) Clémence Hérout

     

    Contrairement aux apparences, je n’ai pas pris cette photo du gril de l’Athénée, ce plafond ajouré situé au-dessus de la scène d’où j’avais par exemple photographié le spectacle La Voix humaine (c’est ici).

    Il faut dire qu’il y a des choses étranges sur Croquefer et L’Île de Tulipatan, des choses qui permettent des angles de vue inhabituels... Mais je vous laisse découvrir tout cela en vrai : vous avez jusqu’au 13 janvier.

     


    En attendant, c’est l’heure de dire en revoir à 2012 : on se retrouve l’année prochaine ?

     

    Athénée - loge 2012Athénée - loge 2012

    Photos des loges de salle à l’Athénée –sur une idée de Daniel Larrieu, venu il y a quelques mois avec le spectacle Divine.


    Clémence Hérout


  • Sacrée soirée • Pleins feux




    Lola Gruber écrit tous les textes des programmes de salle (que l’on surnomme “bibles”, voir pourquoi ici) et de la brochure à l’Athénée.

    Il y a une dizaine de jours, elle est venue me voir avec une trouvaille concernant Offenbach, le compositeur des opéras-bouffe Croquefer et L’Île de Tulipatan : il s’agit d’un texte qu’Offenbach a rédigé pour annoncer le programme d’une fête donnée chez lui.

    L’on manque toutefois de contexte sur ce menu des réjouissances : Lola l’a trouvé dans le livre Offenbach ou la joie de vivre de Claude Dufresne, qui explique le tenir de l’un des arrière-petit-fils d’Offenbach, Michel Brindejont-Offenbach.

    Il en existe deux versions : la première, que je reproduis ci-dessous, et qui aurait été écrite à l’occasion des vingt-cinq ans de mariage d’Offenbach, la seconde au moment où il a reçu la Légion d’honneur –sauf que, d’après Lola, les dates avancées par Dufresne ne correspondent pas : les circonstances de ce texte peuvent donc être différentes.

    Voici donc comment on faisait la fête chez les Offenbach à la fin du 19e siècle :

    « Principauté d'Offenbach, Étretat, le 14 août 1869
    À 9 heures, ouverture des portes et d’Orphée aux Enfers, exécuté à quatre pattes sur le piano par les frères Mitchell.
    Pour cette fois seulement.
    À 20 heures, admiration mutuelle. Bal. Pour la première fois le frère Gaston exécutera le “pas du crapaud titubant”, le “pas du candidat évincé”, et celui de “la sauterelle qui va manquer le train”.
    À 11 heures, cortège. Les nouveaux époux parcourront la fête avec leurs enfants, gendres, petits-enfants, neveux et tout le bataclan.
    À 11h30, exposition de la famille Offenbach. Description de chacun des sujets ; énumération de ses vertus, aptitudes et petits talents, aveux de vices et défauts cachés. Révélations curieuses.
    À minuit, reprise des danses.
    Polka des mirlitons exécutée par l’auteur. Une dame masquée a promis d’exécuter sur les mains tout ce que M. Lentz exécutera sur les pieds.
    Feu d’artifices.
    Artichauts. Chandelles romaines. Fusées. Farineux.
    Souper.
    Nutrition acharnée. Lampage dévergondé. Mastication effrénée.
    Toasts.
    Émis par un membre de la famille.
    Exotique par une jeune veuve.
    Sentimental par une dame que je ne nommerai pas.
    Patriotique par notre oncle.
    Fête à l’aurore.
    Au lever du soleil, des salves d’artillerie, tirée par le canon des Invalides annonceront
    Coucher de la mariée (Mystère et discrétion)
    Les pompiers de Vattetôt-sur-Mer ont envoyé spontanément une députation avec mission d’assister la mariée, dans ce moment suprême.»

    Le caractère festif d’Offenbach se retrouve bien évidemment dans sa musique : pour découvrir Croquefer et L’Île de Tulipatan interprétés par la compagnie des Brigands, c’est à l’Athénée jusqu’au 13 janvier !


    Clémence Hérout


  • Pauvre Croquefer • Coulisses




    Pauvre Croquefer, il n'a rien à manger pour le réveillon. La seule chose qu'il rumine, c'est sa haine.

    croquefer


  • Et mes confettis, tu les aimes mes confettis ? • Coulisses




    Pauvre Croquefer, il n'a rien à manger pour le réveillon. La seule chose qu'il rumine, c'est sa haine.

    croquefer


  • L'île de la Tentation • D'hier à aujourd'hui




    Je n'ai jamais regardé l'émission de télévision qui porte le nom de mon titre, mais je suis sûr que c'est beaucoup moins drôle qu'une Opérette d'Offenbach. (Ici représentée, l'ancienne facade des Bouffes Parisiennes)

    Tone Offenbach


  • A la guerre comme à la guerre • Pleins feux




    Croquefer ne pourra plus longtemps retarder l'échéance : c'est le 20 Décembre

    le tone croquefer


  • Oublier Napoléon • La corde verte du lapin qui siffle




    Croquefer ne pourra plus longtemps retarder l'échéance : c'est le 20 Décembre

    le tone croquefer


  • J'aime pas le terme Opera Bouffe • Coulisses




    Parce que j'aime pas le mot "bouffe". Même si c'est mieux que Opéra-bouffon. Mais bientôt... Offenbach à l'Athénée : A partir du 20 Dec. Pour une bouffée d'air parisienne.


  • Allô chéri, si on coupe • Pleins feux




    En faisant quelques recherches sur La Voix humaine, je suis tombée sur un article intitulé Le Téléphone au théâtre, qui est la retranscription d’une conférence donnée par Isabelle Krzywkowski, professeure de littérature, en mai 2000.

    L’auteure s’est intéressée à des pièces de théâtre écrites à la fin du 19e et au début du 20e mettant en scène des téléphones, dont La Voix humaine de Cocteau fait partie.

    Au centre de son intervention, il y a l’idée que l’apparition d’un objet technique dans l’art a des conséquences artistiques, car mettre un téléphone au centre de l’action influe nécessairement sur la forme d’écriture et de mise en scène : non seulement parce qu’il implique l’absence de l’un des deux personnages au bout du fil, mais aussi parce qu’il repose sur un décalage entre les paroles et le corps.

    Le téléphone crée une situation paradoxale où une partie de l’action se passe hors scène : pour le spectateur, la conversation se transforme alors en dialogue à trous à compléter en imaginant les réponses qu’on n’entend pas. L’on joue alors sur le rapport entre présent et absent et sur l’imagination du spectateur.

    Cette conversation meublée de blancs est le plus souvent le prétexte à des effets comiques, mais aussi à des ruptures de rythme dans la représentation. Dans sa préface à La Voix humaine, Cocteau explique ainsi que sa pièce repose sur “l’éternité des silences” et le “désaccord de rythmes” entre les personnes : quoi de plus parlant alors qu’une conversation téléphonique pour exprimer ces dissonances ?

    Provoquant paradoxalement la mésentente, le téléphone permet aussi la tromperie. Au téléphone, on n’entend que la voix de son interlocuteur : les paroles sont donc dissociées du corps, ce qui permet de mentir sur son état ou l’endroit où l’on se trouve.
    Cet élément est particulièrement visible dans La Voix humaine de Cocteau où l’héroïne telle que la voit le spectateur diffère de la description qu’elle fait d’elle-même à son interlocuteur : elle prétend ainsi d’un ton détaché revenir d’un dîner chez une amie et se sentir bien, là où le spectateur voit une femme désespérée, en longue chemise, étendue “comme assassinée”.


    Pour voir les effets de décalages produits par le téléphone, qui est presque le personnage central de l’œuvre, rendez-vous à l’Athénée pour La Voix humaine, pièce de Cocteau mise en musique par Poulenc. Il y a encore deux représentations, ce soir et demain !

    Et pour lire en entier l’article d’Isabelle Krzywkowski, qui est bien plus complet que ce texte qui ne concerne que La Voix Humaine, c’est par ici.
    Il faut télécharger l’article au format PDF, juste en-dessous de l’introduction. Il s’agit d’une communication qui a été présentée lors du festival La Voix au téléphone organisé par l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon en mai 2000.

    À la semaine prochaine !

     

    Clémence Hérout


  • Faire abstraction • Pleins feux




    Athénée - La Voix humaine vue d'en haut

     

     

    Vue d’en haut, la scène de crime de La Voix humaine devient un tableau abstrait.

     

     Athénée - La Voix humaine vue d'en haut




    En zoomant beaucoup, on finit tout de même par distinguer le téléphone, accessoire essentiel à cet opéra entièrement constitué d’une conversation téléphonique entre une femme et l’amant qui la quitte.

     

     Athénée - La Voix humaine vue d'en haut

     


    Il vous reste trois représentations pour voir La Voix humaine, opéra de Cocteau et Poulenc dans la mise en scène de Vincent Vittoz et la scénographie d’Amélie Kiritzé-Topor, interprété par Stéphanie d’Oustrac et Pascal Jourdan.
    Ce soir avant la représentation, le musicologue Philippe Cathé viendra vous éclairer sur l'œuvre. Rdv à 19h en salle Christian-Bérard.


  • Les lunettes • Pleins feux




    J'aime bien les photos disponibles de Francis Poulenc. Il a un regard doux, et ne porte quasiment jamais ses lunettes. Je crois que je vais m'acheter des lentilles, par coquetterie. Il y a un site qui lui est consacré. Francis Poulenc, ici avec les groupe des 6.Poulenc Le TONE


  • Le rideau découvre une chambre de meurtre • Pleins feux




    En ouvrant la partition de La Voix humaine, un opéra de Jean Cocteau (texte) et Francis Poulenc (musique), on trouve les recommandations des deux auteurs.



    La note numérotée de Poulenc indique que :

    « 1- Le rôle unique de La Voix humaine doit être tenu par une femme jeune et élégante. Il ne s’agit pas d’une femme âgée que son amant abandonne.
    2- C’est du jeu de l’interprète que dépendra la longueur des points d’orgue, si importants, dans cette partition. Le chef voudra bien en décider minutieusement, à l’avance, avec la chanteuse.
    3- Tous les passages de chant, sans accompagnement, sont d’un tempo très libre, en fonction de la mise en scène. On doit passer subitement de l’angoisse au calme et vice versa.
    4- L’œuvre entière doit baigner dans la plus grande sensualité orchestrale. »



    Jean Cocteau, lui, insiste sur le décor et le jeu de la chanteuse :

    « [...] Le rideau découvre une chambre de meurtre. Devant le lit par terre, une femme en longue chemise étendue, comme assassinée. Silence. La femme se redresse, change de pose et reste encore immobile. Enfin, elle se décide, se lève, prend un manteau sur le lit, se dirige vers la porte après une halte en face du téléphone. Lorsqu’elle touche la porte, la sonnerie se fait entendre. Elle s’élance. Le manteau la gêne, elle l’écarte d’un coup de pied. Elle décroche l’appareil.

    De cette minute elle parlera debout, assise, de dos, de face, de profil, à genoux derrière le dossier de la chaise-fauteuil, la tête coupée, appuyée sur le dossier, arpentera la chambre en traînant le fil, jusqu’à la fin où elle tombe sur le lit à plat ventre. Alors sa tête pendra et elle lâchera le récepteur comme une pierre. »



    Cette femme « jeune et élégante » qui arpente sa « chambre de meurtre » est interprétée à l’Athénée par la soprano Stéphane d’Oustrac jusqu’à samedi. La mise en scène est de Vincent Vittoz et l'accompagnement au piano est assuré par Pascal Jourdan.

    Bon début de semaine !



    Clémence Hérout


  • Une présence • Pleins feux




    J'ai beaucoup aimé la justesse et la présence de Stéphanie d'Oustrac. Un beau moment.


  • Une représentation surréaliste • Coulisses




    J'étais intrigué par ce chahut provoqué par les surréalistes lors de la première représentation de La voix humaine, le 17 février 1930. La phrase lancée par Eluard ce soir là, n'était qu'une frasque de plus dans la fronde lancée par André Breton, Desnos ou Eluard contre Cocteau.

    le tone voix


  • Le téléphone pleure • Perspective




    La Voix humaine, c’est d’abord un monologue écrit par Jean Cocteau : une femme téléphone à son amant en espérant l’empêcher d’en épouser une autre.

    Presque trente ans après la création du texte à la Comédie-Française, le compositeur français Francis Poulenc le met en musique.  Nous sommes en 1959, et la première représentation de cette opéra à une voix a lieu à l’Opéra-Comique avec la soprano Denise Duval.

    Ce n’est pas la première fois que Poulenc tire ses compositions de textes littéraires : en 1919, son Bestiaire met en musique des poèmes d’Apollinaire ; Les Animaux modèles s’inspire de La Fontaine en 1942, tandis que Figure humaine est composé en 1943 sur des textes de Paul Eluard.
    Il s’inspira également de Max Jacob, Ronsard ou encore Bernanos : son opéra le plus célèbre, Le Dialogue des Carmélites, est d’ailleurs composé sur un livret de ce dernier.

    Très inventif et coloré, son style plein d’humour se teinte légèrement de mélancolie à la fin de sa vie, comme dans La Voix humaine ou Le Dialogue des Carmélites.

    On n’entend qu’une seule voix dans La Voix humaine, mais l’orchestre semble parfois lui répondre au point qu’on imagine sans mal la conversation complète.

    À l’Athénée, le rôle sera tenu à partir de demain par la mezzo-soprano Stéphanie d’Oustrac dans une version pour piano mise en scène par Vincent Vittoz.



    Clémence Hérout


    PS : le spectacle avait déjà été donné en 2011. Pour retrouver les billets du blog le concernant, c’est par ici.


  • Voix sans issue • Coulisses




    En 1987, dans la Loi du désir, Pedro Almodovar diffuse un extrait de la voix humaine de Jean Cocteau à la fin de son film. C'est en 1989 qu'il réalise femmes au bord de la crise de nerf, qui retrace les 48 heures précédant la conversation téléphonique et le monologue de la voix humaine. La boucle est bouclée. le tone almodovar et cocteau au téléphone


  • Le stress ne paie pas • Perspective




    “— Ah, tu as raté la respiration...”

    C’est ce que j’ai appris en arrivant à l’Athénée mardi avant la représentation des Enfants terribles.

    La respiration ? Mais de quoi ?

    Stéphane Vérité, metteur en scène du spectacle, m’a donné quelques explications à l’issue de la représentation : chaque séance de travail des Enfants terribles est précédée d’une heure d’exercices de respiration et de relaxation musculaire, inspirée d’une méthode élaborée par la kinésithérapeute Lucienne Robert.

    Avant les répétitions et représentations des Enfants terribles, les artistes s’allongent  ainsi ensemble dans la même pièce pour respirer, se détendre et relâcher ses muscles à l’unisson.

    Consacrer une heure à ce genre d’exercices alors que le temps des répétitions semble souvent déjà trop court est un choix qui peut paraître étrange : ne s’agit-il pas d’une perte de temps quand on a déjà peur de ne pas réussir à répéter suffisamment ?

    Il y aurait en fait un vrai retour sur investissement, tant cette heure quotidienne semble apporter un réel gain lors du travail : elle permettrait d’améliorer la concentration, de favoriser la cohésion de l’équipe, de créer une écoute de son corps et de celui des autres, de perfectionner la technique vocale et de se préparer à aller sur scène.
    Dans un documentaire sur le spectacle réalisé par Stéphane Vérité, la chanteuse Chloé Briot explique même qu’elle n’est pas sûre que l’équipe aurait tenu le coup sans ce travail particulier.

    À l’heure où l’on se pose la question de la productivité au travail, ce genre de démarche n’est pas isolé : certaines entreprises choisissent en effet de consacrer du temps et de l’argent au développement de méthodes alternatives –pas vraiment par altruisme mais parce que le stress chronique serait contre-productif.

    Un livre collectif paru aux États-Unis, Manufacturing Advantage. Why High-Performance Work Systems Pay off montre ainsi que les entreprises les plus rentables seraient celles qui ont établi des conditions plus favorables aux salariés.
    Le stress coûte cher en effet : à l’entreprise tout d’abord, parce qu’il occasionne de l’absentéisme, une perte de productivité, une baisse de motivation et un turn-over important. À la collectivité ensuite, car il occasionne des problèmes de santé divers et la prise en charge de congés maladie.

    Bonne détente à tous, donc...


    Clémence Hérout



    PS : le documentaire de Stéphane Vérité intitulé Les Enfants de la voix sera diffusé sur France 2 en février. Des extraits sont en ligne sur le site de l’Athénée. En attendant, Les Enfants terribles se jouent jusqu’à dimanche à l’Athénée !


  • Sous le voile • Coulisses




    À l’Athénée, le voile noir qui recouvre la scène au début des Enfants terribles se soulève rapidement pour laisser entrevoir le trouble intérieur du huis clos imaginé par Jean Cocteau.

     

    Athénée Enfants terribles (c) Clémence Hérout



    Les partitions des trois pianistes placés en fosse d’orchestre, elles, ne se dévoileront qu’aux spectateurs du premier rang qui, s’ils osent se pencher un peu, pourront aussi admirer la virtuosité des mains courant sur les claviers.



    Athénée - Les Enfants terribles (c) Clémence Hérout

     

    De l’autre côté, les riches tissus constituant la garde-robe des personnages d’Élisabeth, Agathe et Gérard attendent en coulisses leur heure de gloire : pour les découvrir portés, c’est à l’Athénée jusqu’à dimanche !

     

    Athénée - Les Enfants terribles (c) Clémence Hérout



    Les Enfants terribles, opéra de Philip Glass d’après Jean Cocteau. Mise en scène de Stéphane Vérité, direction musicale d’Emmanuel Olivier, avec Guillaume Andrieux, Chloé Briot, Amaya Dominguez, Olivier Dumait au chant, Anne-Cécile Barrère, Nicolaï Maslenko et Emmanuel Olivier aux pianos.


  • A l'affiche • D'hier à aujourd'hui




    Depuis le début du spectacle de Stéphane Vérité, je me replonge dans ma discothèque de Philip Glass. Et je m'intéresse aux oeuvres que je ne possède pas, qui sont nombreuses ! Une page ne suffit pas à évoquer l'ensemble de ses créations, que vous pouvez trouver sur le site de l'IRCAM, un autre bâtiment fascinant après le théâtre.

     philip glass le tone

     

    Sur le site de Philip Glass on trouve la promotion d'un album réalisé à partir de remixes de ses oeuvres, par Beck notamment, l'excellent Amon Tobin et d'autres... Tous issus de la scène électronique, où il est considéré comme une référence.


  • Pas terrible • Pleins feux




    “Terrible” est un mot bien ambigu qui, à la manière de “sans doute”, veut à la fois tout dire et son contraire.


    * Terrible”, étymologiquement, c’est ce qui inspire de la terreur. Dans un sens affaibli, cela peut aussi qualifier quelque chose d’insupportable ou de désagréable.


    * Accolé à un autre qualificatif, “terrible” sert alors à le souligner : “c’est un terrible lâche” revient à “il est particulièrement lâche”.
    Dans le même sens, employé en substantif et souvent en début de phrase, il désigne le pire : on dirait par exemple “le terrible, c’est qu’elles ne se parlaient plus depuis des années”.


    * Étonnamment, “terrible” peut aussi signifier quelque chose de formidable, sensationnel ou épatant : on l’emploie alors souvent dans une exclamation et sur un registre familier, en s’écriant par exemple à la sortie du théâtre “terrible, ce spectacle!”.

    Selon la même logique, "pas terrible" désigne ainsi une chose assez médiocre.



    * Au sens figuré, on parle d’”enfant terrible” pour désigner un avant-gardiste ou une personne qui dynamite les conventions : l’expression s’emploie d’ailleurs telle quelle en anglais, ce qui assez amusant lorsque l’on sait que le mot anglais “terrible” a toujours un sens négatif.


    Nul doute que ce sens figuré rencontre un écho dans le roman Les Enfants terribles de Jean Cocteau, dont vous pouvez actuellement entendre l’adaptation lyrique à l’Athénée jusqu’à dimanche. La musique est de Philip Glass, la direction musicale d’Emmanuel Olivier et la mise en scène de Stéphane Vérité.

    Bon début de semaine !



    Clémence Hérout


  • Intime OPERA • Pleins feux




    le tone



  • Les bases du vivre-ensemble • Entretien




    La semaine dernière, l’Athénée accueillait Ubu Roi d’Alfred Jarry en version roumaine. Enfin en version hongroise, jouée par des Roumains. Des Roumains dont la langue maternelle est le hongrois. Mais qui sont Roumains.

    C’est pour essayer de mieux comprendre cette question que j’ai contacté Mehdi Chebana, rencontré il y a plusieurs années à l’occasion d’un voyage à Bucarest.
    Journaliste, Mehdi Chebana passe une bonne partie de l'année en Roumanie. Il collabore notamment avec L’Humanité, Le Monde diplomatique ou Public Sénat, et tient un blog sur la Roumanie et la Moldavie, que vous pouvez suivre ici.
    Il a auss publié aux éditions Non Lieu Mémoires des juifs de Roumanie avec son confrère Jonas Mercier Mure-Ravaud.

    Mehdi a accepté de répondre à mes questions sur les minorités en Roumanie :



    « — Combien y a t-il de minorités linguistiques en Roumanie, et quelle est la législation à ce sujet ?

    — La Roumanie compte un peu plus de 19 millions d'habitants. Une grande majorité d'entre eux est de confession orthodoxe et parle une langue latine –le roumain. Mais le pays abrite aussi plusieurs communautés ethniques qui représentent environ 10% de la population totale.
    L'État en reconnaît officiellement vingt, et c'est la constitution adoptée en 1991, la première rédigée après la chute de Ceausescu, qui leur confère un statut particulier. Le texte insiste, bien entendu, sur le fait que les membres de ces minorités dites "nationales" sont avant tout des citoyens roumains, l'État roumain ayant comme fondement "l'unité de son peuple et la solidarité entre les citoyens". Et pourtant, il leur reconnaît des particularités linguistiques, religieuses et culturelles qui leur donnent des droits spécifiques. À la différence de la France où la notion de "minorité" est bannie de la constitution...

    Parmi les minorités reconnues en Roumanie, citons la minorité hongroise (on dit aussi “magyare”) qui est la plus importante (1,5 million de personnes), les Roms (officiellement  autour de 600 000 personnes même si les ONG considèrent qu’ils sont en fait aussi nombreux que les Hongrois), les Juifs, mais aussi les Russes lipovènes, les Ukrainiens, les Polonais, les Turcs, les Tatars, les Allemands, les Grecs, les Albanais...
    La plupart de ces communautés étaient établies sur le territoire actuel de la Roumanie avant que celle-ci ne devienne un État il y a un peu plus d'un siècle, à l'issue de l'union en plusieurs étapes des principautés de Moldavie, de Valachie et de Transylvanie. Aujourd'hui, dans l'article 6 de la Constitution, l'État leur reconnaît et leur garantit le droit à “la conservation, au développement et à l'expression de leur identité ethnique, culturelle, linguistique et religieuse”.

    Concrètement, chacune d'entre elle est d'abord représentée au parlement par un élu issu d'un parti politique communautaire ou d'une association culturelle. La minorité hongroise, du fait de son importance démographique et de l'existence de formations politiques solidement structurées, dispose, elle, de plusieurs sièges.
    Les minorités ont aussi droit à un enseignement, y compris à l’université, dans leur langue d’origine. C’est ainsi que l’on trouve en Roumanie des écoles en langue hongroise, romanès ou polonaise... Le roumain y est aussi enseigné, bien sûr, car il reste la seule langue officielle du pays.
    Enfin, ces minorités jouissent pleinement de la liberté de culte, qu'ils s'agisse des Juifs, des Tatars et des Turcs qui sont musulmans ou encore des Hongrois et des Allemands qui peuvent être protestants ou catholiques. Mais le christianisme orthodoxe reste largement majoritaire en Roumanie où il n’y a pas de séparation claire entre l’Église et l’État. C’est difficile à imaginer en France, mais il n’y a pas de laïcité en Roumanie. Dans l’histoire, l’Église et l’État ayant fait alliance contre l’empire ottoman, les deux sont restés intimement liés.

     


    — On voit qu’il s’agit d’un fonctionnement très particulier. Est-ce qu’il génère des tensions ?

    — La Constitution roumaine est très claire. L’État donne des droits aux minorités, mais celles-ci doivent se développer dans une dynamique de dialogue et d'échange et non pas en opposition à la majorité des Roumains.
    C’est sans doute avec les Roms qu’il y a le plus de crispations. Le racisme anti-rom est très présent dans le pays et les Roms eux-mêmes ont tendance à se méfier énormément de l’État. Depuis la fin du communisme, les politiques menées pour favoriser leur scolarisation et leur intégration sur le marché du travail ont été bâclées, sous-financées et inefficaces. Et de surcroît, beaucoup de Roms gardent en tête que leurs ancêtres ont longtemps été les esclaves des Roumains et qu'ils ont particulièrement souffert lors de la Seconde Guerre mondiale (11 000 d'entre eux ont péri dans les camps de concentration gérés par la Roumanie dans la région de Transnistrie). On peut comprendre qu’ils n’aient plus confiance dans les institutions.?

    Il y a également quelques tensions du côté de la communauté hongroise, mais elles sont surtout le fait d’une élite, intellectuels et personnalités politiques, qui exaltent le sentiment nationaliste. De mon point de vue, ce sont surtout des excités qui cherchent à attiser les tensions en dressant les Hongrois contre les Roumains : j’en ai discuté avec beaucoup de Hongrois qui ne se sentent pas concernés par ces discours.



    — La troupe d’Übü Kiraly était justement de langue hongroise et en provenance de Cluj, en Transylvanie. C’est une question un peu naïve, mais pourquoi la Transylvanie, où se trouvent la majorité des Hongrois, n’a-t-elle pas été intégrée à la Hongrie ?

    — Attention, c'est vrai que c'est en Transylvanie que vivent la majorité des Hongrois de Roumanie mais la région n'en reste pas moins roumaine et les Hongrois restent là-bas minoritaires ! Certes, certains villages peuvent compter jusqu’à 100% de Hongrois et certaines villes, comme Cluj ou Tîrgu Mures, sont très marquées par leur présence sur les plans démographique, historique et culturel... On n’a d’ailleurs pas forcément l’impression d’être toujours en Roumanie là-bas car on y entend souvent parler hongrois et le style urbanistique se rapproche beaucoup de celui de l’Autriche et de la Hongrie...

    Et pourtant, des populations de langue latine sont établies dans la région depuis l'Antiquité et s'y sont développées sans interruption jusqu'à nos jours. La Transylvanie a longtemps été une principauté indépendante où coexistaient de nombreuses minorités avant de tomber dans l'escarcelle de l’empire austro-hongrois (Sissi s'y rendait même régulièrement !) puis d'être rattachée à la Roumanie il y a presque un siècle.
    En fait, la Roumanie est un état relativement jeune, situé au croisement de plusieurs empires et influencé par la culture française. Il ne me semble donc pas étonnant de voir une vingtaine de minorités y cohabiter de façon pacifique...»



    Übü Kiraly s’est terminé dimanche : rendez-vous jeudi pour un opéra en français, Les Enfants terribles de Philip Glass, d’après Jean Cocteau.



    Clémence Hérout


  • l'Origami de la saison • Perspective




    le tone travaux pratiques

    Le TONE


  • Cinquante nuances de gris • Pleins feux




    Les niveaux de gris d’Übü Kiraly, cousu de justaucorps gris très clair habillés de papier en rouleau sur revêtement blanc brillant, font d’autant plus ressortir sa tentative de ruée (musicale) vers l’or :

     

     


    La fanfare de cuivre couronne d’absurde l’ascension d’Ubu Roi vers l’étalon-bêtise : si Ubu vise à se couvrir d’or en saignant les populations à blanc, sa stupidité le transforme bien vite en bête noire.

    On sait que l’or peut être blanc, gris, jaune, rouge ou noir (quand c’est du pétrole) : chez Übü Kiraly, il est en tout cas suspendu à des crochets géométriques. Les acteurs y accrochent leurs instruments dorés entre les intermèdes musicaux, formant ainsi une marée d’or de part et d’autre de la scène.

     

     



    Ubu Roi d’Alfred Jarry dans une version hongroise (sous le titre d’Übü Kiraly) mise en scène par Alain Timar se joue à l’Athénée jusqu’à dimanche.

    Bon week-end !

     

    Clémence Hérout


  • Laissez parler les p'tits papiers • Pleins feux




    Ubu Kiraly

     

    Il peut être bible, gaufré, crépon, bouffant, chiffon, couché, buvard, filtre, hygiénique ou calque.

     

     

    Ubu Kiraly



    Dans l’Ubu Roi actuellement à l’Athénée, le papier est blanc, mais il est surtout prothèse, épée, collerette, bombe, linceul ou tapis.

     

    Ubu Kiraly

     

    À la fois costume, accessoire et décor, c’est même l’un des seuls éléments que vous verrez sur scène (avec les comédiens).

     

    Ubu Kiraly

     

    C'est Ubu Roi (ou Übü Kiraly) d'Alfred Jarry, mis en scène par Alain Timar et la troupe du théâtre hongrois de Cluj, en Roumanie.
    (ce qui m'a permis d'entendre cette boutade ô combien mythique du côté des techniciens : "c'est rare, des Roumains en France avec des papiers")

     

    Ubu Kiraly

     


    Pour le découvrir, vous avez jusqu’à dimanche !

    Clémence Hérout


    PS : le titre reprend celui d’une chanson de Serge Gainsbourg.

    Ubu Kiraly


  • Ce soir c'est la première • Pleins feux




    Ubu by Le TONE

      Le TONE


  • Bonjour Marcel • Perspective




    Ubu Roi d’Alfred Jarry commence demain à l’Athénée. La pièce étant aujourd’hui considérée comme un classique, j’ai souvent été amenée à utiliser l’exemplaire du texte en ma possession.

    Je n’ai cependant remarqué qu’hier l’inscription figurant après le titre : “ce livre est dédié à Marcel Schwob”.

    Je ne sais pas en quelle mesure c’est complètement honteux, mais je n’ai jamais entendu parler de Marcel Schwob : quelque chose (de l’orgueil mal placé, peut-être) me dit que je ne suis pas la seule.

    Né en 1867 et décédé en 1905, Marcel Schwob était un écrivain et traducteur français. Ami de Camille et Paul Claudel, Jules Renard, Colette ou Paul Valéry, il dirigea le supplément littéraire du journal L’Écho de Paris.

    Collaborateur à la revue Mercure de France, il y fait publier en 1896 Ubu Roi d’Alfred Jarry, qu’il soutenait depuis plusieurs années –tout comme Jules Renard et Paul Claudel dont il a beaucoup défendu les œuvres.

    Il a mené des études sur l’argot parlé (qu’il définissait comme une langue très codée et finalement peu spontanée) ou sur le poète François Villon dont il publia une importante biographie.
    Souvent considéré comme un passeur, il traduisit de nombreux auteurs étrangers en français, comme Daniel Defoe, William Shakespeare ou Francis Marion Crawford.

    De santé très fragile, il disparut prématurément en laissant une œuvre de fiction dont l’influence fut déterminante pour André Gide (la ressemblance entre Le Livre de Monelle de Schwob et Les Nourritures terrestres de Gide fut source de conflit entre les deux hommes), Jorge Luis Borges ou William Faulkner.
    Parmi ses écrits, citons Cœur double, Mimes, Le livre de Monelle, La Croisade des enfants ou Vies imaginaires.
    S’il est régulièrement assimilé au courant symboliste, son œuvre multiforme semble cependant infiniment plus complexe.

    Il a été l’objet d’un colloque à Cerisy-la-salle, dont on peut trouver les actes en librairie (Retours à Marcel Schwob, Presses universitaires de Rennes, 2007).
    La société Marcel Schwob lui a dédié un site très complet que vous trouverez ici.

    À demain pour découvrir l’œuvre qu’il a fait publier, Ubu Roi !


    Clémence Hérout



    PS : l’année dernière, l’Athénée avait accueilli Ubu enchaîné, d’Alfred Jarry, considéré comme la suite (ou la contrepartie) d’Ubu Roi.

    Voici une petite sélection des articles parus sur le blog à cette occasion, pour les personnes souhaitant en savoir plus sur Alfred Jarry ou simplement se rafraîchir la mémoire :

    Alfred Jarry, sa vie et son œuvre en quelques lignes
    Une tentative de résumé de l’histoire d’Ubu
    Un journaliste racontant sa rencontre avec Jarry, quelques semaines avant sa mort
    Florilège des insultes proférées par Ubu
    Un article sur Antonin Artaud et Gordon Craig, deux hommes du théâtre ayant influencé Jarry
    Des dessins réalisés par Alfred Jarry


  • Alfred aime le sport • Coulisses




    Alfred et Le TONE


  • Trombinoscope • Coulisses




    Ubu a toujours eu plein d'amis

    UBU le TONE

    Le TONE


  • Le fantôme de Scorsese • La corde verte du lapin qui siffle




    Ubu a toujours eu plein d'amis

    UBU le TONE

    Le TONE


  • Dictature le retour • Pleins feux




    En lisant la presse, on en apprend de belles sur Felix Baumgartner...

    ça me donne encore plus envie de voir (ou revoir) Ubu...

    Ubu by Le TONE

    Le TONE


  • Fontaine, je ne boirai pas de ton eau • Coup de théâtre




    Je trouve que novembre est un mois particulièrement déprimant (et je ne dis pas ça uniquement parce qu’aujourd’hui, c’est la fête des morts).

    Je vous propose donc un jeu pour me remonter le moral : ceci est une fontaine à eau –je le précise car j’ai bien conscience que ce n’est plus très évident au premier abord. Mais si, vous pouvez voir les gobelets sur la droite, les boutons permettant de faire couler l’eau au milieu, et le support où poser le gobelet juste en-dessous.



    Fontaine

     

     

    Présente dans le foyer des comédiens de l’Athénée, elle n’était au départ qu’une bête fontaine à eau semblable à ses congénères.

    Elle connut au fil des années une transformation progressive initiée par des inconnus créatifs (cela dit, je soupçonne fortement l’équipe technique) jusqu’à arriver à son état actuel, que je n’ose qualifier de final –ils seraient capables d’ajouter bébé-fontaine, grand-mère-fontaine ou des boucles d’oreilles.

    Il lui manque cependant l’essentiel : un nom. Il y a Monsieur ou Madame Fontaine bien sûr, mais je suis persuadée que vous saurez trouver mieux.

    Une idée ? Laissez-la en commentaire sur le blog ou sur la page Facebook de l’Athénée. Soyez imaginatifs !

    Bon vendredi !



    Clémence Hérout
    Merci à Isabelle S. pour l’idée


  • Pygay, la meilleure qualité • Coup de théâtre




    Mano n’a pas toujours été régisseuse générale à l’Athénée. En janvier 1990, elle créait la lumière d’un spectacle où jouait Olivier Py (qui joue en ce moment à l’Athénée aussi) : Polyeucte de Corneille, mis en scène par François Rancillac au Théâtre de Gennevilliers.

    Quelques semaines plus tard, Mano trouvait un drôle de plat dans une brocante de Bagneux, en région parisienne :


     

     

    Pensant l’offrir à Olivier Py du fait de son inscription, “Py Gay”, Mano l’acheta pour deux francs (oui, c’était en 1990) mais sans en apprendre davantage : la personne qui le vendait ne savait rien de ce plat à part qu’il avait appartenu à ses parents.

    Comme on se promène rarement avec son plat à cake, Mano revit régulièrement Olivier Py au fil des années mais sans jamais pouvoir lui donner son cadeau. Du coup, elle s’en est servi. Mais sans le casser (on la félicite).

    Olivier Py est en femme à l’Athénée jusqu’à la fin de la semaine : c’était l’occasion rêvée de ressortir le plat Py Gay, qui lui fut donc offert hier soir, plus de vingt ans après son achat –et sans doute quasiment un siècle après sa fabrication.

    Olivier et Mano



    Mais venons-en à l’essentiel : Pygay. Le dos du plat nous apprend qu’il s’agit de faïence de Sarreguemines : c’est un village en Moselle réputé pour sa faïencerie, créée en 1790 et malheureusement mise en liquidation en 2007.

    J’ai eu plus de mal à trouver des choses sur Pygay : au milieu des sites internet de rencontres gay, quelques résultats un peu moins affriolants finissent par apparaître.
    Pygay, c’était une entreprise de fabrication de rillettes et de saucisson. Fondée par Monsieur Pierre Gay à Saint-André-le-Puy, dans la Loire, avec pour slogan : “Pygay, la meilleure qualité”. Elle aussi mise en liquidation en 1991, peu après le jour où Mano achetait ce plat.

    Les temps sont durs, décidément : pour l’oublier, rendez-vous jusqu’à samedi à l’Athénée pour Miss Knife chante Olivier Py.
    En bonus, ce soir à partir de 19h, le musicologue Jacques Amblard viendra vous donner quelques clés sur la musique du spectacle. C’est gratuit et en salle Christian-Bérard.


    Clémence Hérout


  • IL manque quelque chose • Coulisses




    Dans le spectacle Miss knife d'Olivier PY, il y a un instrument qui n'est pas dans cette liste. Quel est-il ? (réponse demain matin)

    Miis Knife by le tone

     

    Le TONE


  • Le bonheur, c’est pour demain • Pleins feux




    Ne parlez pas d’amour dans les cafés du 5e arrondissement : alors que vous pensiez entrevoir l’éternité, la valse d’espérance s’est transformée en tango du suicide.

    Le rôle est trop court, en effet : vous n’étiez hier qu’un enfant qui s’ennuyait, vous êtes aujourd’hui quelqu’un qui, ayant bien roulé sa bosse, ne croit plus qu’aux amours sans promesses. Regardant distraitement par la fenêtre, vous fredonnez pour vous-même une chanson des perdants qui résume bien votre vie.

    Tous coupables ? Le paradis semble perdu, et même les jardins de Pampelune où vous errez aux lendemains des fêtes de Saint Fermin ne pourront vous éviter le châtiment de la nuit.

    C’est vrai qu’en passant dans un théâtre noir, la vie d’artiste vous paraît soudainement bien terne : vous n’en êtes pas encore à chanter l’apocalypse, mais presque.


    Le titre des dix-huit chansons interprétées par Olivier Py dans Miss Knife chante Olivier Py se cachent dans ce texte. Contrairement à ce qu’on pourrait penser au premier abord, on rit beaucoup pendant le spectacle... C’est jusqu’à samedi.

    Ce soir, vous pourrez rencontrer l’équipe après la représentation.


    Clémence Hérout


  • Miss Knife chante et parle • Pleins feux




    J'aime les interventions entre les morceaux chantés. Si drôles et tristes. Miss Knife jusqu'au 27 octobre. 

    Olivier PY

    Le TONE


  • 20 PLACES à gagner pour Miss KNIFE (le 20 octobre) • Coup de théâtre




    Postez un commentaire avec votre réponse sur le blog, ou en message privé sur le Facebook du théâtre. (ICI)

    Les places seront réservées aux plus rapides.

    Miss Knife

    Le Tone


  • C'est que l'monde est p'tit • Pleins feux




    À partir de demain, Olivier Py sera à l’Athénée pour le spectacle musical Miss Knife chante Olivier Py.

    J’ai entendu parler d’Olivier Py pour la première fois en 2001 au Théâtre de Caen pour L’Apocalypse joyeuse, une pièce qu’il avait à la fois écrite et mise en scène. Durée : 7h.
    Inutile de vous dire qu’à l’âge qu’on avait (c’est-à-dire moins de quinze ans), mes camarades et moi n’étions allés voir ce spectacle-fleuve que sur recommandation et intimidation expresse de notre professeur de théâtre de l’époque (Pascal C., si tu nous regardes), et que beaucoup avaient prévu avant même le début de la pièce de se tirer en douce avant la fin.

    “— Et pourquoi elle est joyeuse, l’apocalypse ?” nous avait demandé le père d’une amie venu nous chercher à la sortie –nous étions finalement tous restés jusqu’au bout.
    On n’avait pas vraiment su répondre, mais l’épopée m’avait assez marquée pour que j’aille ensuite voir quasiment tous les spectacles écrit et/ou mis en scène par Olivier Py, même quand ils duraient dix heures (comme Le Soulier de Satin) et même deux fois (comme Le Soulier de Satin) : Le Soulier de Satin de Paul Claudel donc, mais aussi L’Épître aux jeunes acteurs, Illusions comiques, Les Vainqueurs, Roméo et Juliette de Shakespeare... Des opéras aussi, comme Le Vase de Parfums de Suzanne Giraud ou Tristan et Isolde de Wagner.

    C’est d’ailleurs à une représentation de Tristan et Isolde à l’Opéra de Dijon que je retrouvai Patrice Martinet, directeur de l’Athénée, ainsi qu’une amie perdue de vue, que je lui ai présentée à cette occasion : depuis, on ne s’est plus reperdues de vue, d’autant que maintenant, elle travaille aussi à l’Athénée.

    Patrice Martinet, lui, expliquait hier à l’équipe comment il avait connu Olivier Py : en 1991, il jouait à l’Athénée dans un Richard II de Shakespeare mis en scène par Éric Sadin.
    Olivier Py nous raconta à cette occasion comment, un dimanche, il était arrivé alors que le spectacle avait déjà commencé, n’ayant le temps de ne mettre qu’une moitié de costume avant de monter sur scène : il pensait que la représentation était à 17h alors qu’elle commençait en fait deux heures plus tôt.

    Patrice Martinet vit également Olivier Py sur la scène du Théâtre des Halles à Avignon, théâtre dirigé par Alain Timar, qui sera aussi à l’Athénée en novembre : il y met en scène Ubu Roi d’Alfred Jarry.

    Pour boucler la boucle de l’Athénée Connection, c’est donc à partir de demain pour Miss Knife chante Olivier Py (je vous rassure, ça ne dure qu'1h20)

    À vendredi !


    Clémence Hérout


  • Travaux pratiques • Pleins feux




    Confectionnez votre figurine pour le 18. Outils, ciseaux pierres feuilles cailloux.

    à découper

     

    Le Tone


  • Allons au cabaret • Perspective




    Cabaret :
    1/ Du latin “baccar”, espèce d’immortelle orientale : plante, appartenant à la famille des dipsacées, dont les deux feuilles opposées de chacun des nœuds de la tige se soudent par leurs bords en formant de petits bassins où l'eau de pluie s'accumule.


    2/ 18e siècle. Emprunté du moyen néerlandais “cabaret” : auberge, restaurant à bon marché.
    - Débit de boissons modeste, où l'on peut parfois prendre des repas.
    ?- Plateau ou table utilisé pour servir le café, le thé, des liqueurs
    ?- Petit établissement de spectacle où l'on peut parfois prendre des repas, consommer des boissons, danser.
    Au 19e siècle, c’est devenu un lieu de distraction populaire offrant des spectacles à numéros.



    Music-hall : terme apparu vers 1862, emprunté à l'anglais (music : musique. Hall : salle de musique)
    Dérivé du cabaret et du café-concert, le music-hall se compose de numéros hétéroclites mélangeant théâtre, musique et attractions foraines. D’abord en plein air, le music-hall s’installe ensuite dans des salles dédiées, comme le Moulin Rouge ou l’Olympia.

    Genre spécifique à la dramaturgie hétérogène, le music-hall se spécialise ensuite dans le tour de chant où la musique se retrouve véritablement mise en scène. C’est à cette occasion qu’émergent les meneuses de revue, vedettes qui organisent et harmonisent le spectacle.


    À partir de jeudi à l’Athénée, découvrez une meneuse de revue voyageant entre spleen et idéal, masculin et féminin, public et intimité : Olivier Py sera Miss Knife pour un tour de chant qui durera jusqu’au 27 octobre.



  • Les craies de mouette • Pleins feux




    Dans La Mouette de Tchekhov, le personnage de Treplev tue une mouette, que Chamraiev empaille ensuite à la demande de Trigorine.

    Faux oiseau empaillé dans la mise en scène d’Arthur Nauzyciel, tapis de plumes envahissant la scène chez Éric Lacascade, la mouette est un simple trait chez Christian Benedetti, actuellement à l’Athénée.

     


    Reprenant le symbole du Théâtre d’art de Moscou où la pièce fut reprise avec succès en 1898 (et dont mon camarade Le Tone vous parlait ici), la mouette de craie reste clouée au bois : pour la voir, vous avez jusqu’à samedi à l’Athénée (et en tournée après).

    Bonne journée !

     


    Clémence Hérout


  • Rencontre avec Benedetti, hier soir • Entretien




    Durant la petite heure d'entretien hier soir, entre le public et les comédiens des pièces Oncle Vania et la mouette, je dessinais caché derrière Florence. C'était très intéressant. Mais en partant je me suis posé une question, que je vous soumets. Bonne journée.

    rencontre 1


  • C'était rapide • Entretien




    La dernière fois que je suis venue à l’Athénée, j’avais de la fièvre et Christian Benedetti un rendez-vous.
    Mon entretien avec le metteur en scène d’Oncle Vania et de La Mouette fut donc conduit au pas de course (littéralement, car on l’a fait en marchant dans les coulisses de l’Athénée) :


    « — La dernière réplique d’Oncle Vania, que l’on résume souvent par “nous nous reposerons” (j’en parlais sur le blog il y a deux ans), est traitée de manière très particulière dans votre mise en scène : le personnage de Sonia la lit sur une feuille pendant qu’une lumière rouge s’allume derrière...
    —Cette tirade a souvent été sujette à polémique, car elle évoque la transcendance. Elle porte souvent une dimension d’icône.
    Rachmaninov a écrit un morceau sur ce texte qui s'appelle nous nous reposerons.
    Le début c'est QUE FAIRE, IL FAUT VIVRE ?
    Oncle Vania était la pièce préférée de Lénine.
    il a lui même écrit son fameux livre : Que faire ?
    Pour moi cette fin,  ne vaut que si elle revêt finalement un aspect militant qui ne vaut que dans sa volonté d’avènement d’un monde nouveau...


    — Vous m’avez dit que pour vous, Tchekhov consacrait la mort du personnage : j’ai pourtant l’impression contraire que ses personnages sont très forts.
    La Mouette et Oncle Vania sont des oeuvres emblématiques et des déclarations d’intention...
    La Mouette est la première pièce écrite par acte entier et non plus fragmentée en scène correspondant à l’entrée ou la sortie d’un personnage.
    En faisant cela, Tchekhov ouvre une nouvelle voie dramaturgique et signe en même temps l’arrêt de mort du personnage au profit du rôle et des schémas de pensée, la fin du théâtre au profit du drame, la fin de la fiction au profit de la structure, la fin de la psychologie au profit de la réactivité aux situations.
    Tchekhov a écrit : “j’écris non sans plaisir une pièce qui va à l’encontre de toutes les règles dramaturgiques... ... ...”


    — Est-ce que vous pourriez expliquer pourquoi vous avez souhaité montrer ces pièces comme s’il s’agissait de répétitions ?
    — Il me semblait que c’était la meilleure des résolutions possibles : ces spectacles ne sont ni des illustrations, ni des représentations, mais bien des propositions. Nous partageons ce que nous avons compris au moment où nous l’avons compris.
    Nous travaillons et nous continuerons à travailler sur un principe scénographique unique, allusif, un espace de répétition.
    Seulement ce qui est utile pour jouer la pièce : quelques chaises, deux tables, une balançoire, deux bancs, un fauteuil...
    Juste ce qui est nécessaire pour mettre en lumière le sens, montrer la pensée.
    Montrer suffit parfois pour être subversif sans être idéologique. Tout dépend de comment l’on montre.
    Il ne s’agit pas seulement de montrer différemment, mais il s’agit aussi de changer la façon de regarder. Laissant au spectateur son libre arbitre. »


    Pour voir Oncle Vania et La Mouette de Tchekhov mis en scène par Christian Benedetti, c’est jusqu’à la fin de cette semaine !



    Clémence Hérout


  • Le mobilier est important • La corde verte du lapin qui siffle




    La mouette


  • Il faut voir les deux pièces du puzzle • Pleins feux




    ATHENEE


  • Je ne suis pas un homme nerveux • Pleins feux




    Quelques semaines avant l’entrée dans l’année 1900, l’écrivain Maxime Gorki écrit à Tchekhov au sujet de sa pièce Oncle Vania :


    « J’ai vu ces jours-ci Oncle Vania –j’ai vu et j’ai pleuré comme une bonne femme, même si je suis loin d’être un homme nerveux, je suis rentré chez moi abasourdi, chaviré par votre pièce, je vous ai écrit une longue lettre et –je l’ai déchirée. Pas moyen d’écrire bien, clairement ce que cette pièce vous fait naître dans l’âme, mais je sentais cela en regardant ses personnages : c’était comme si on me sciait en deux avec une vieille scie.
    Les dents vous coupent directement le cœur, et le cœur se serre sous leurs allées et venues, il crie, il se débat. Pour moi, c’est une chose terrifiante.
    Votre Oncle Vania est une forme absolument nouvelle dans l’art dramatique, un marteau avec lequel vous cognez sur les crânes vides du public...

    (...)

    Votre déclaration selon laquelle vous n’avez plus envie d’écrire pour le théâtre m’oblige à vous dire quelques mots sur la façon dont le public qui vous comprend considère vos pièces.
    On dit, par exemple, qu’Oncle Vania et La Mouette sont une nouvelle forme d’art dramatique, dans laquelle le réalisme s’élève à la hauteur du symbole porté par l’émotion et profondément pensé. Je trouve qu’ils ont raison de dire cela.
    En écoutant votre pièce, je pensais à la vie qu’on sacrifie à une idole, à l’irruption de la beauté dans la vie miséreuse des gens, et à beaucoup d’autres choses graves, fondamentales. Les autres drames ne détournent pas l’homme de la réalité pour l’amener aux généralisations philosophiques –les vôtres, si


    Lettre de Maxime Gorki à Anton Tchekhov, novembre 1899


    NB : c’est moi qui souligne ou intercale des sauts de lignes afin de rendre la lecture plus facile.


    Pour voir Oncle Vania, c’est en alternance avec La Mouette, tous deux mis en scène par Christian Benedetti, à l’Athénée jusqu’au 13 octobre. Les deux pièces seront jouées à la suite ce dimanche !


  • Un jeu comme un autre • La corde verte du lapin qui siffle




    jeu


  • Lili • Pleins feux




    En 2003, le cinéaste Claude Miller adapte La Mouette de Tchekhov au cinéma sous le titre La Petite Lili. Si l’adaptation du texte est très libre, l’esprit de Tchekhov n’en est pas moins parfaitement restitué.

    Je vous parlais la semaine dernière d’une scène centrale dans La Mouette de Tchekhov où le jeune écrivain Treplev présente à sa famille une pièce qu’il a écrite, interprétée par Nina, qui rêve d’être actrice.
    Déçu par les réactions de son public et en particulier de sa propre mère, Treplev sortira profondément blessé de cette soirée.

    Voici cette scène revue par Claude Miller : Treplev n’est plus un écrivain mais un cinéaste qui montre son court-métrage expérimental où apparaît Nina (qui rêve toujours d’être actrice, mais plutôt au cinéma).
    La mère de Treplev devient une actrice de cinéma célèbre, compagne d’un réalisateur qui l’est tout autant –chez Tchekhov, la première est actrice de théâtre, le second écrivain, tous deux très connus.
    On reconnaît également les autres personnages qui entourent les protagonistes : Macha, amoureuse en secret de Treplev, l’oncle de Treplev, le médecin ami de la famille, etc.

    Les prénoms des personnages de Tchekhov ont été modifiés par Claude Miller.
    Treplev, joué par Robinson Stevenin, s’appelle Julien.
    Interprétée par Ludivine Sagnier, Nina s’appelle Lili.
    Nicole Garcia, la mère de Treplev-Julien, s’appelle Mado, et son amant, Bernard Giraudeau, Brice.


    Voici l’extrait, qui dure sept minutes. On y voit la famille de Treplev-Julien rejoindre la grange où se déroulera la projection, puis la projection du court-métrage elle-même interrompue par son auteur, excédé par les réactions de sa mère.


    Si vous ne voyez pas la vidéo, vous pouvez la regarder directement sur YouTube.

     



    La Mouette de Tchekhov se joue en alternance avec Oncle Vania, tous deux mis en scène par Christian Benedetti, pendant encore deux semaines.


  • Question pour un champion (6) • Pleins feux




    De Bonaparte, des brumes, de Sabine ou de Patagonie, je peux être à tête grise ou à queue fourchue. Palmipède aquatique, mon nom désigne également un canot de sauvetage pneumatique.

    Appartenant à la famille des Laridés, je me reproduis dès l’âge de trois ans. Je suis omnivore et opportuniste, n’hésitant pas à attaquer mes semblables pour leur voler leur nourriture (ou carrément leurs enfants).
    On me trouve souvent en bord de mer de l’hémisphère nord, mais je fréquente également l’intérieur des terres.

    En français, on fait souvent la distinction entre moi et un de mes congénères : en vérité, nous appartenons à la même espèce, ce que les Anglais ont bien compris en nous désignant du même nom, gull (ou seagull).

    Dotée d’un sale caractère chez Gaston Lagaffe dessiné par Franquin, je revêts une dimension symbolique dans une pièce de Tchekhov qui commence ce soir à l’Athénée, en alternance avec Oncle Vania (et en intégrale le 7 octobre).

    Je suis ? Je suis ?

    (Vous pouvez donner votre réponse en commentaire ici)


  • Le rideau de patience masque pudiquement mon ignorance • La corde verte du lapin qui siffle




    rideau


  • C'est quelque chose de décadent • Pleins feux




    Dans La Mouette de Tchekhov, le jeune écrivain Treplev décide de présenter l’un de ses textes au petit cercle familial et amical réuni dans la propriété de son oncle, Sorine : parmi les spectateurs de cette petite représentation privée jouée par leur voisine Nina, qui rêve d’être actrice, citons en particulier Arkadina, mère de Treplev et comédienne, et Trigorine, ami de celle-ci et écrivain célèbre.

    Pour le moins inhabituelle, la pièce de Treplev ne tarde pas à déclencher rires et sarcasmes –au point que celui-ci, excédé, décide d’interrompre la représentation.

    On a souvent dit que le texte de Treplev était particulièrement mauvais et ridicule et que Tchekhov espérait surtout en tirer un effet comique.
    Christian Benedetti, metteur en scène de la pièce à l’Athénée, n’est pas aussi définitif : et si la pièce de Treplev était au contraire trop novatrice pour être comprise de son public ?

    Ce qui est au centre de La Mouette, c’est peut-être l’une des interrogations centrales de Tchekhov : qu’est-ce que le contemporain ? Être de son temps n’est pas la même chose qu’être à la mode : être de son temps, c’est peut-être, au contraire, en pointer précisément la ruine.
    En cela, la rivalité entre les deux écrivains de La Mouette, Trigorine l’auteur célèbre et installé, et Treplev le jeune incompris, est éloquente : Treplev donne à voir l’effondrement du monde de Trigorine, ce que résume involontairement la remarque d’Arkadina à propos du texte de son fils —”c’est quelque chose de décadent.”

    Loin de la déception d’un écrivain raté, ce premier acte de La Mouette représenterait plutôt l’art du passé dévasté par l’avènement de formes nouvelles : ce que Tchekhov , lui-même blessé par une première désastreuse de La Mouette, cherchait aussi à réaliser dans ses textes.

    Pour découvrir La Mouette montée par Christian Benedetti, c’est à l’Athénée à partir de jeudi, en alternance avec Oncle Vania : les deux pièces seront également données à la suite le dimanche 7 octobre à partir de 16h.


  • La table d'opérations (diverses) • Coulisses




    la table du chef


  • Oncle Vania et La mouette • Coulisses




    Bonjour, 

    J'avais dans l'idée de vous décrire et dessiner le cercle magique et social, préalable à tout démarrage des répétitions, qui eut lieu mardi au bar du théâtre. Lors de cette réunion, les présentations se font entre l'équipe de la troupe et les "habitants" du théâtre. Malheureusement, un clou vicieux aura eu raison de mon véhicule et de mon emploi du temps. Ce n'est que partie remise, et je vous décrirai plus tard comment je me cache derrière les rideaux, car je ne sais jamais quoi dire quand je dois prendre la parole.

    En parcourant les documents que j'avais amassés pour la réalisation du film présentant le programme 2012-13 du théâtre, j'ai retrouvé l'affiche qui était dans ma chambre d'enfant. Elle est représentative d'un certain envol (!) dans la carrière de Tchekhov, puisqu'en 1898 la Mouette rencontrait enfin son public au Théâtre d'Art de Moscou, et cette illustration poétique et abstraite (on hésite, entre des mouvements de vagues, un livre ouvert...) servait à sa promotion. En 1899, c'était au tour d'Oncle Vania d'être présenté sur cette même scène. Je garde en mémoire l'idée et une des maximes liée à ce théâtre : " Un art accessible à tous"

     

    http://www.wisblog.net/clients/Athenee-theatre/images/photos/Oncle-Vania-Day-2.jpg 


  • Forcément, avec la théière, c’est plus facile. • La corde verte du lapin qui siffle




     

    Samovar

    Si vous ne voyez pas l'image, allez sur le blog

     

    Mes parents en ont un dans leur salle à manger : si je sais depuis longtemps que cela s’appelle un samovar et que cela a un rapport avec le thé, je n’ai jamais réellement compris comment cela fonctionnait.

    En photographiant celui qui se trouve dans les coulisses de La Mouette et Oncle Vania, j’ai compris un détail important : on met une théière dessus.
    Ce que je prenais pour un système complexe de fabrication du thé est en fait plus proche de la bouilloire.

    Apparu au 18e siècle, il est utilisé en Russie, en Iran, en Turquie ou en Arménie. On trouve à l’intérieur un foyer qui reçoit un combustible –du bois ou du charbon, par exemple. Ce foyer est une sorte de cheminée au centre du samovar : l’eau, que l’on verse par le haut (là où se trouve la théière sur la photo), circule dans un réservoir séparé entourant ce réchaud.

     


    Oui, c’est du russe. Non, je ne parle pas russe.

    Le combustible fait évidemment chauffer l’eau : lorsqu’elle entre en ébullition, on place la théière sur le haut du samovar. La théière bouche l’arrivée d’air, ce qui permet de ralentir l’ébullition, de conserver l’eau à la bonne température et de tenir la théière au chaud.

    La théière contient elle-même déjà du thé très concentré que l’on appelle zavarka. On se sert une très petite quantité de ce thé dans une tasse avant de le rallonger avec l’eau chaude contenue dans le samovar qui sort par le robinet que l’on devine en bas.

    Pour voir le samovar sur scène, c’est dans Oncle Vania de Tchekhov mis en scène par Christian Benedetti, à partir du 28 septembre en alternance avec La Mouette.


  • La mouette rieuse est un oiseau très social • Coup de théâtre




    Bonjour à tous,

    C'est avec un certain trac que je démarre cette rubrique qui m'intéresse au plus haut point. Je me rappelle il y a un an, lorsque je découvrais avec plaisir ce théâtre et ses coulisses, durant les répétitions de Divine (de Gloria Paris et Daniel Larrieu, pièce dans laquelle j'étais conseiller musical). C'est pendant cette période que, me perdant à droite et à gauche, en haut et en bas, sur scène ou en-dessous, avait germé l'idée du film de présentation du programme de l'année (ICI). Quoi de plus logique alors, que de se retrouver devant l'entrée, accompagné de la mouette, et chérissant cette phrase de Tchekhov, qui m'encouragera j'espère, à découvrir les compagnies et les acteurs de manière libre et spontanée. En effet, si l'artiste n'ignore pas le public, c'est dans la force de ses convictions qu'il doit croire. Quand on connaît l'histoire de la première de "la Mouette" et son histoire ensuite...

    Debut de la Mouette le 27 Septembre.

     

    La mouette athenee

     

    Le TONE


  • Bons Baisers de l'Athénée • Coup de théâtre




    Si vous ne voyez pas l'image, allez sur le blog

     

    Chère lectrice, cher lecteur,

    J’espère que tu vas bien, que tu as passé un bon été et que la rentrée n’est pas trop difficile.
    De mon côté, après un passage par le Festival d’Avignon où je tenais un autre genre de blog suivi de vacances en août (mais je ne te dirai pas où), je suis revenue à l’Athénée la semaine dernière.

    Les comédiens de La Mouette et Oncle Vania venaient de terminer leur répétition en laissant le plateau vide.
    J’ai pris quelques photos des coulisses où s’entassaient des accessoires et costumes, avec un intérêt tout particulier pour un objet qui m’aura valu la réflexion suivante : “mais pourquoi vous avez choisi l’accessoire le plus moche ?”. Je ne le trouve pas moche moi, ce grand machin argenté et cabossé. D’ailleurs, je t’en reparlerai dès mon prochain billet.

    Justement : mon prochain billet n’est pas demain, mais après-demain. Je ne sais pas si tu t’en souviens, mais cette année, le blog de l’Athénée sera en alternance : pour la cinquième saison, j’ai voulu passer la main –enfin seulement à moitié, qu’est-ce que tu crois.
    C’est donc Le Tone qui publiera un jour sur deux : tu le verras rapidement, son truc, c’est plutôt le dessin. Et ça tombe bien, parce que moi pas du tout.

    À mercredi, en te remerciant d’être encore là pour cette cinquième année du blog de l’Athénée.  La Mouette commence le 27 septembre et  Oncle Vania le 28.

    Bien à toi,

    Clémence