86 billets passés du blog

saison 2013/2014

  • À bientôt • Coulisses




    Je vous le disais vendredi, quelqu’un a profité du déjeuner rassemblant les membres de l’équipe de l’Athénée à la fin de saison pour me montrer les quelques photos prises dans le Théâtre les semaines passées.

    Ce quelqu’un, c’est Marie-Noëlle dite Mano, régisseuse générale de l’Athénée. Comme l’identité de ce blog est évidemment liée à l’équipe du Théâtre, je lui cède volontiers la place pour ce dernier billet de la saison 2013-2014.

    Et avant de nous retrouver pour une septième année du blog en septembre, je vous souhaite un bel été en vous remerciant pour votre fidélité !

    Comme Le Tone l'a suggéré hier, je serais, moi aussi, ravie de recevoir des cartes postales de vous à l'Athénée :-)

     

    © Mano Bourcart
    Maxime, directeur musical du Balcon, dans les loges.

     


    © Mano Bourcart
    Le Tone, mon acolyte blogueur, et Mano elle-même.

     

    © Mano Bourcart
    Alexandra, chargée de relations publiques.

     


    © Mano Bourcart
    Jean-Noël dit Jano, régisseur général.

     


    © Mano Bourcart
    Julie Fuchs, chanteuse, remettant son strapontin d’or 2014 à Stéphane Vérité, metteur en scène



    Clémence Hérout


  • Transparant© mais pas invisible • Perspective




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  • La moule et la fouine • Coulisses




    Quelques phrases entendues, ou presque, lors du déjeuner rassemblant toute l’équipe de l’Athénée pour la fin de saison :


    “– Vous terminez le démontage de La Colombe et Le Pauvre Matelot ce soir, non ?
    – Non, tout est terminé, le plateau est vide maintenant.

    – Tiens, je te montre les photos que j’avais prises dans les loges pendant Le Balcon.
    – Ça se publie sur le blog ça, non ?

    – Tu viendras voir l’entretien du lustre de la grande salle la semaine prochaine?
    – Évidemment, on ne s’en lasse pas.

    –Tu passeras au Festival d’Avignon cette année ? Enfin, s’il n’est pas annulé...
    – Non, mais je comptais bien aller voir des spectacles au Festival Paris Quartier d’Été.
    – Oui, enfin, s’il n’est pas annulé.

    (NDLR : derniers rebondissements de “la crise des intermittents” : Manuel Valls s’est exprimé sur le sujet hier. Un résumé est à lire ici)

    – Tiens, voilà Florence et ses deux jumelles !
    – Elle a dû galérer dans le métro avec la double-poussette...
    – Non, je pense qu’elle a pris le taxi.
    – Tu crois que les taxis ont des sièges bébés ?
    – Ah non, elle a dû prendre le bus.
    – Bon, elle a galéré, quoi.

    – Alors, il paraît que tu pars à Strasbourg ?
    – Oui, c’est un remplacement de congé maternité, mais je suis vraiment content. À moi la choucroute !

    – T’en es à ta combientième coupe de fruits, là ?
    – Pas beaucoup... Quatre...

    – Elles sont super, tes chaussures ! Je peux les prendre en photo ? C’est pour faire écho au billet sur les chemises de Dominique...
    – Bien sûr ! Tu as vu celles de Claire aussi ? Collector !

    – Tu continues encore le blog l’année prochaine ?
    – Eh oui, pour la septième année ! Au début on m’appelait la fouine, désormais ça sera la moule.

    Bon week-end !

    Clémence Hérout


  • BIENTOT LA FIN • Coulisses




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  • Happy Strapontin • Coup de théâtre




    Comme Le Tone vous l’a annoncé mardi, la remise du strapontin d’or a eu lieu hier.

    Les plus vieux fidèles lecteurs connaissent déjà le principe de cette récompense instaurée par Denis, ancien directeur technique du théâtre : l’équipe de l’Athénée élit l’artiste ou le technicien de la saison « le plus » ou « la plus ». La plus quoi, c’est bien la question. Même si c’est en général la personne qu’on a trouvée la plus sympa.
    Par exemple, faire une campagne de lobbying actif pour fédérer des voix et ainsi gagner le précieux trophée est disqualifiant. Ne pas dire bonjour ou conspuer l’incompétence de l’équipe de la presse et de la communication qui n’a pas réussi à vous faire interviewer au 20h de Claire Chazal pour votre passage à l’Athénée, aussi (exemple un peu ancien, mais véridique).

    L’année dernière, c’est Julie Fuchs, chanteuse lyrique, qui avait gagné la récompense. Gentiment venue remettre le prix 2014 au nouveau récipiendaire, elle a souligné que le strapontin d’or était bien le seul trophée utile et qu’il avait changé la face de son salon, même si le sien avait besoin d’un petit service après-vente (il ne s’ouvre apparemment pas bien).

    Car oui, le gagnant du strapontin d’or remporte bien, outre la distinction ô combien honorifique, un vrai strapontin à mettre chez soi. C’est très pratique à remporter quand on est en métro.

    C’est Stéphane Vérité, metteur en scène de La Colombe et Le Pauvre Matelot et déjà passé à l’Athénée avec sa mise en scène des Enfants terribles, qui a été élu cette année.

    Voici un extrait du discours prononcé par Mano, régisseuse générale de l’Athénée et maîtresse de cérémonie :

    « Cher Stéphane, c’est avec une très grande joie que je te décerne au nom de tout le personnel du théâtre de l’Athénée le strapontin d’or 2014 […]. Ce strapontin d’or existe depuis 2007 et vient de la salle, où il a été démonté lors des travaux […] après avoir rendu […] de bons et loyaux services pour les fessiers des spectateurs enthousiastes.
    Je suis bien ennuyée, car comment complimenter quelqu’un qui n’aime ni les compliments ni être l’objet de l’attention générale ? J’aurais pu parler de ton amabilité, de ta courtoisie et de ta délicatesse.
    J’aurais pu aussi parler de tes spectacles […] qui font partie des plus beaux spectacles que le théâtre a accueilli.
    J’aurais pu faire des blagounettes avec ton nom, comme "en vérité Stéphane il est vrai que, sans te mentir, tu es vraiment "le plus" !"
    J’aurais pu enfin de chanter une chanson comme je l’ai fait pour Julie Fuchs l’année dernière, mais tout cela t’aurait sans doute fort gêné !
    J’arrête donc là pour laisser le soin à Julie de te remettre le strapontin d’or 2014. »

    En bon timide, Stéphane Vérité avait préparé un discours de remerciements, dont je vous livre deux extraits :

    « Oui c’est extraordinaire, c’est extraordinaire d’avoir pour récompense, le siège supplémentaire, celui qu’on déplie quand on ne peut pas faire autrement, qu’il n’y a plus d’autre solution, le siège en plus, le siège du plus !

    Chers votants du théâtre de l’Athénée la distinction m’érafle le cœur, je dis : érafle parce qu’il est difficile de l’accrocher à son revers sans y percer un petit trou.
    Moi qui ai évité la Légion d’honneur, fui les palmes, me suis soustrait à tous les ordres existants, voilà-t-y pas qu’on me propose un siège…pliable…décroché de son sol, un strapontin d’or. […]

    Alors, je pourrais m’asseoir là, face au vide et convoquer les moments inoubliés de l’Athénée.
    Le siège de la méditation…
    Parce que les maîtres nous remettent à notre place,
    Je la trouve adéquate la place du strapontin.

    Alors, merci ! »

     
    Les intermittents et précaires eux, continuent à être en colère. Peut-être qu’un lancer de strapontins devant le siège du MEDEF et le Ministère du Travail aurait de la gueule (je cherche des modes d’action créatifs).

    Bon mercredi


    Clémence Hérout


  • LA CRISE • Perspective




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  • Debout ! • Perspective




    On l’entend assez depuis des mois (que dis-je, des années), la crise, c’est moche.

    Situation de trouble profond, phénomènes pathologiques se manifestant de façon brusque ou moment critique, la crise est majoritairement connotée de manière négative. Le mot est si souvent employé aujourd’hui qu’il ne nécessite même plus de qualificatif : “c’est la crise”, donc.

    Parfois, le mot “crise” se retrouve quand même précisé : on parle de crise cardiaque, mais aussi de crise en Irak, de crise au Soudan, de crise écologique, de crise à la SNCF ou de crise des intermittents.

    Parlant de la crise des intermittents (qui a dit “crise du MEDEF” ?), l’Athénée n’a pas fait exception à la vague d’annulations de ces dernières semaines. Avant-hier, la représentation de La Colombe et Le Pauvre Matelot a été annulée en raison d’une grève visant à défendre le régime de l’intermittence.

    Athénée grève intermittents spectacles

    Sans intermittents, pas de spectacle, mais aussi pas de radio, ni de cinéma, ni de télévision.  J’avais écrit un article sur le blog pour donner quelques clés de compréhension sur la réforme proposée par le MEDEF, à (re)lire ici. Je rappelle que des propositions alternatives avaient été formulées par un comité de suivi composé de parlementaires, de représentants syndicaux et d'experts, qu'elles pourraient permettre de réaliser des économies sans pénaliser les plus précaires, et qu'elles n'ont même pas été étudiées.

    Vous trouverez sur cette photo une grande partie du personnel de l’Athénée et du spectacle La Colombe et Le Pauvre Matelot, à commencer par Patrice Martinet (directeur du Théâtre) et Stéphane Vérité (metteur en scène du spectacle), mais aussi des techniciens, artistes, personnel administratif et agents d’accueil présents pour informer et discuter avec les spectateurs qui n’avaient pu être prévenus à temps de l’annulation.

    Athénée grève intermittents

    Photo prise par Mano Bourcart

    Mais “crise” vient d’abord du grec “krisis”, qui signifie “décision” ou “jugement” : c’est le moment qui mène à une évolution décisive ou à un dénouement. Le changement dans la douleur, en quelque sorte.
    La crise est nécessairement un moment transitoire : elle ne peut durer éternellement. C’est donc aussi une opportunité, une possibilité de transformation, un “c’est maintenant ou jamais”.

    Si vous ne venez pas, on fera une crise”, scandent les affiches de l’Athénée actuellement placardées dans les rues et le métro de Paris : c’est en continuant à venir au Théâtre que vous soutiendrez la culture et aiderez, on l’espère, au dénouement heureux :-) La saison 2014-2015 de l’Athénée est à découvrir ici.

    Bon début de semaine.


    Clémence Hérout



  • La Colombe à Paris • Pleins feux




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  • Couroucoucou • Pleins feux




    Lorsque je suis arrivée hier soir à l’Athénée, l’équipe technique était en pause avant la première des deux opéras La Colombe et Le pauvre Matelot.

    Athénée Colombe Matelot Clémence Hérout

    Du coup, il n’y avait personne sur scène, à part bien sûr le décor (j’ai testé le canapé, il est dur en fait !) sous l’oeil de Richard, perché dans la régie en haut de la salle.

    Athénée Colombe Matelot Clémence Hérout


    Le plus mignon m’attendait en loge numéro 7 :

    Athénée Colombe Matelot Clémence Hérout


    Oui, elle est bien vivante, au point que j’ai eu toutes les peines du monde à vous montrer une photo nette : Madame n’avait pas très envie de prendre la pose.


    Pour information ou rappel, la plupart des personnes présentes sur scène et dans les coulisses de ces deux opéras sont intermittentes du spectacle (sauf la colombe, qui s’en fout sans doute du moment qu’on lui donne à manger).
    Si vous voulez comprendre le mouvement actuel, je vous conseille cet article très clair sur le site du Monde.

    La Colombe et Le pauvre Matelot dirigés par Claude Schnitzler et mis en scène par Stéphane Vérité se jouent à l’Athénée jusqu’à dimanche !

    Clémence Hérout


  • Le matelot n'était pas si pauvre • Pleins feux




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  • Question pour un champion (8) • Pleins feux




    Humérale, lophote ou poignardée, je figure sur les mosaïques de Pompéi et sur le premier timbre postal du canton suisse de Bâle. Représentée par Picasso, Matisse, Braque ou Apollinaire, j’ai également été célébrée par Céline Dion face à Jean-Paul II.

    Si je peux désigner un vase où conserver les hosties consacrées, les partisans d’une politique de paix lors de la guerre de Viêt-Nam, voire une grosse poutre, je symbolise surtout le Saint-Esprit pour les Chrétiens, mais aussi l’amour fidèle et la paix.

    En fait, mon nom ne veut pas dire grand-chose, car je suis en fait une sorte de pigeon. Ou une tourterelle. Ou une phasianelle. Plus techniquement, je désigne certains individus classés dans la sous-famille des Colombinés.

    Je serai mise à l’honneur à l’Athénée à partir de demain dans un opéra de Gounod qui porte mon nom.

    Je suis ? Je suis ? Donnez votre réponse sur le blog ici.

    Clémence Hérout


  • Poulet Roti • Pleins feux




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  • Ma fille est un personnage de cinéma • Pleins feux




    La semaine prochaine, vous pourrez voir deux courts opéras à l’Athénée : La Colombe de Gounod et Le pauvre Matelot de Milhaud.

    Le pauvre Matelot a été composé sur un livret de Jean Cocteau, l’auteur des Enfants terribles, de La Voix humaine ou de La Machine infernale.
    Il raconte l’histoire d’une femme attendant son mari, parti en mer quinze ans auparavant. Lorsque le mari revient, il se fait passer pour l’un de ses amis (je ne vous dis pas comment cela se termine).

    Voici un extrait du début du livret :


    « Sa femme
    Mon mari reviendra un jour
    Avec un singe sur l’épaule
    Et si riche, si riche,
    Que nous pourrons acheter le Café du Commerce

    Son ami
    Je vous admire

    Son beau-père
    Il y a de quoi
    Nous n’avons plus le sous, le bar
    tombe en ruines.
    Il vaudrait mieux
    tourner ses pouces.

    Son ami
    Et s’il revenait, les poches
    vides ?

    Sa femme
    Alors, alors,
    il n’y aurait pas de crime
    devant lequel je recule
    pour le couvrir d’or.

    Son beau-père
    Ma fille est un personnage
    de cinéma.

    Son ami
    Je souhaite
    à tous les maris d’avoir
    épouse pareille.
    Bonsoir. Je rentre.

    [...]
    Il sort de la cave, traverse la plate-forme, entre chez lui à droite et disparaît après avoir rangé un peu.

    Sa femme
    Quel brave garçon !

    Son beau-père
    Il t’aime !
    Tu devrais l’épouser.

    Sa femme
    Père, père, d’abord il faut
    que je devienne veuve.
    Tout doux, mon père, il faut d’abord
    que je devienne veuve.

    Son beau-père
    Quel entêtement ridicule
    Après quinze ans de silence
    Quinze ans ! Tu avais vingt-cinq ans.
    Tu en as quarante. Quarante !
    Tu ne les parais pas c’est entendu
    mais c’est un âge qui compte
    pour une femme.

    Sa femme
    Il reviendra.

    Pendant ce qui suit, la tête du marin apparaît au fond, il monte l’escalier. On le voit apparaître tout entier. Il s’avance dans la rue.

    Il aura quarante-cinq ans.
    Il se moque de mon âge,
    il m’aime, il ouvrira la porte
    en criant : me voilà ! me voilà !

    Le Matelot s’arrête devant la porte, il hésite, se retourne et va devant la porte en face.

    Son beau-père
    Il n’y a rien à dire avec les femmes ! »


    La Colombe et Le pauvre Matelot mis en scène par Stéphane Vérité et dirigés par Claude Schnitzler seront à l’Athénée la semaine prochaine !

    Clémence Hérout


  • PREMIERE le 11 JUIN • Pleins feux




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  • Cul et chemise • Coup de théâtre




    L’autre jour, je vous parlais des chemises collector de Dominique, directeur technique de l’Athénée.

    Il faudrait également rendre hommage à ce tee-shirt de Jano, régisseur général au goût prononcé pour les calembours :

    Louis Ferdinand Céline Dion tee-shirt

    Il y a aussi Gilles et Matthieu, deux lecteurs du blog qui se sont manifestés à la lecture de l’article sur Dominique, à qui ils espèrent bien faire concurrence. Voici donc les photos que Matthieu et Gilles ont prises de leurs chemises :
    Matthieu :

    Chemise Coton Doux

    Chemise Coton doux

    Chemise Coton doux

    Chemise liberty

    Chemise coton doux
    Gilles :


    Si vous aussi vous avez des chemises à nous faire partager, n’hésitez pas à m’écrire...

    L’Athénée est en pause pendant une dizaine de jours, avant les deux opéras La Colombe et Le pauvre Matelot qui se joueront à partir du 11 juin !

    Clémence Hérout


  • La présentation • Coulisses




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  • Le Balcon, c'est fait pour observer ce qu'il se passe en dessous • Pleins feux




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  • Elles vous attendent • Pleins feux




    Athénée Balcon mannequins Clémence Hérout

     

    Tapies dans l’ombre, les drôles de femmes en plastique se tiennent prêtes pour la première de l’opéra Le Balcon ce soir.

    Vous les verrez aux côtés de Madame Irma, Carmen, la voleuse, la Reine, Chantal, le chef de la police, Roger, l’évêque, le juge, le général, le bourreau ou encore Arthur : je ne tenterai pas de résumer l’histoire, à part pour vous dire qu’elle se passe dans un bordel alors qu’une révolte gronde au-dehors, et que le dit bordel risque de déborder de la scène.

    À ce soir ! Le Balcon dirigé par Maxime Pascal et mis en scène par Damien Bigourdan se joue jusqu’à samedi.

    Clémence Hérout


  • La Fosse • Coulisses




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  • L'homme-tronc • Coulisses




    Hier, quand je suis passée à l’Athénée, Le Balcon (l’ensemble) était en pleine répétition du Balcon (l’opéra). Tout avait l’air normal.

    À part les personnes que j’ai croisées dans le couloir en combinaison de latex noir. Et une régie installée dans la salle de réunion, côté bureaux. Et la mobylette dans le monte-charge. Et les percussionnistes sous la scène.

    On en a déjà parlé, la fosse de l’Athénée est un peu petite pour accueillir tous les musiciens que l’on souhaiterait. Pour Ariane à Naxos, Le Balcon (l’ensemble) les avait donc mis carrément sur la scène.
    Pour le Balcon (l’opéra), deux percussionnistes et leurs instruments se retrouvent très exactement sous la scène, avec une petite porte ouverte vers la fosse et quelques écrans pour suivre le chef.

    Cela ressemble à ça (vous apercevez l’un des musiciens, FX) :

    Le Balcon répétition fosse percussionniste Clémence Hérout



    Quand FX joue face à la porte menant à la fosse, il a ce champ de vision-là (mais siii, on aperçoit le chef tout au fond):
     Athénée Balcon répétition coulisse instrumentiste Clémence Hérout


    Et si FX voulait suivre directement le chef, Maxime Pascal, sans regarder les écrans de retour, il verrait surtout un homme-tronc :

    Athénée Balcon Balcon MAxime Pascal Clémence Hérout



    (pour vous, spectateurs qui serez assis derrière, l’homme-tronc se résumera à des cheveux et des mains dépassant de la fosse)

    À mardi pour voir la première du Balcon par le Balcon, dirigé par Maxime Pascal et mis en scène par Damien Bigourdan !

    Clémence Hérout


  • Boum Crash Bing ( Partie 2) • Coulisses




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  • Le public de l’Athénée est un public assez bourgeois • Perspective




    L’Athénée accueille en ce moment les répétitions du Balcon, un opéra composé à partir de la pièce du même nom de Jean Genet.

    En parcourant la Pléiade consacrée à Jean Genet, je suis tombée sur un entretien avec Bernard Dort, qui était un universitaire spécialisé dans le théâtre. Il y parle justement de l’Athénée et de son public en des termes peu flatteurs qui paraissent bien décalés quand on connaît les spectateurs actuels, mais qui étaient sans doute vrais à l’époque...

    Je vous recopie donc l’extrait en vous invitant à une certaine indulgence : l’expérience a été vécue en 1947 et de surcroît sur une représentation de dimanche après-midi, qui sont connues pour être les plus mortelles.


    «J’ai un souvenir qui n’a rien à voir avec la personne de Genet mais avec son oeuvre, un souvenir très très vif de la première fois que j’ai vu une pièce de Genet. C’est la première pièce de Genet que l’on jouait d’ailleurs, c’étaient Les Bonnes, montées par Jouvet.

    J’y étais allé un dimanche après-midi, si je ne me trompe, d’ailleurs, et il n’y avait pas beaucoup de monde. Ce n’était pas du tout une première, c’était une représentation normale. Il y avait peu de monde.

    Le public de l’Athénée est un public assez bourgeois, de dames en fourrure, etc. Et Les Bonnes se sont passées dans –pour reprendre un mot de Genet – une espèce de “réprobation générale”. J’avais l’impression que le public de l’Athénée était offusqué absolument par Les Bonnes mais qu’il n’osait même pas protester.

    Et il s’est passé une chose que je n’ai jamais vue depuis au théâtre : le rideau est tombé et il n’y a pour ainsi dire pas eu d’applaudissements, mais de sifflets non plus, pas de protestations, il y a eu une espèce de silence de réprobation. J’applaudissais, mais j’étais un des rares qui applaudissaient.

    En revanche, après Les Bonnes, il y avait une pièce de Giraudoux –dans laquelle jouait Jouvet d’ailleurs–, c’était L’Apollon de Marsac ou de Bellac, enfin je crois que c’est la même chose d’ailleurs... À ce moment-là, le public –peu nombreux d’ailleurs– de l’Athénée s’est défoulé, a ri à gorge déployée. On avait l’impression qu’ils avaient subi Les Bonnes comme une chose presque insupportable


    J’espère que vous ferez mentir votre réputation lors de la première du Balcon le 20 mai !

    Clémence Hérout


  • Boum Crash Bing ( Partie 1) • Coulisses




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  • Droit de réponse • Coup de théâtre




    Suite aux révélations sur la vie secrète des lustres (à relire ici mais aussi sur le bien-nommé site du Lampadaire où il a été repris), le lustre de la grande salle nous a demandé de bien vouloir publier le droit de réponse suivant, conformément à l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la Presse.

    Le voici :


    "Madame Clémence-Hérout-du-blog-de-l’Athénée,

    Faisant suite à votre article “Michel et moi” paru le 24 février dernier sur ce que j’ose à peine qualifier de journal en ligne, je vous fais savoir que je souhaite exercer mon droit de réponse. En effet, j'estime que les propos tenus à mon encontre par le lustre anonyme portent atteinte à mon honneur et comportent de nombreuses contre-vérités.

    Je tiens tout d’abord à dénoncer ces méthodes dignes de l’Inquisition qui consistent à dissimuler l’anonymat de vos sources en orchestrant une campagne agressive et haineuse contre ma personne, fondée sur des rumeurs et insinuations.

    Profondément choqué par les insultes que vous relayez sans y confronter d’autres sources, je regrette que vous préfériez la diffamation au correct exercice de votre métier de soi-disant journaliste.

    On lit ainsi dans votre tissu de mensonges que je serais surnommé “Papi”, “Patron”, voire “Jabba-le-Hutt-dans-Star-Wars”. Si vous aviez pris la peine de m’interroger, vous sauriez pourtant que j’ai demandé à ce que tous mes sujets, les petits lustres de l’entrée, m’appellent “Excellence”. Mes charmantes assistantes, les cariatides aux seins nus de la grande salle, ne s’adressent à moi que sous le nom de “Maître”.

    Honteusement qualifié de “pédant” et “gros” dans votre article médiocre qui prend ses lecteurs en otage et sort les propos de leur contexte, je m’étonne que vous n’ayez pas souligné au contraire l’harmonie de mes formes généreuses et surtout mes intrinsèques qualités lumineuses : sans ma fidèle présence depuis plus d’un siècle, l’Athénée serait bien en peine d’éclairer ses spectateurs.

    Votre texte abject faisant déjà suite à une première vidéo obscène (à revoir ici, NDLR) où j’apparaissais dans mon plus simple appareil sans que vous ayez pris la peine d’obtenir mon consentement et où l’on assimilait le bruit de mes pampilles à celui des cloches des vaches des alpages, je vous prie instamment de cesser vos attaques indignes et misérables à mon endroit.

    Dans le cas où vous refuseriez d’inverser la courbe de vos articles et où vous franchiriez encore une fois la ligne rouge en faisant le jeu du populisme, je me verrai contraint de vous attaquer en diffamation au nom de la vérité que nous devons à la France, aux Françaises et aux Français”.

    Pour admirer son Excellence, rendez-vous à partir du 20 mai pour l’opéra Le Balcon à l’Athénée !

    Clémence Hérout


  • On se promène (toujours) dans le théâtre • Coulisses




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  • Le Balcon était mal joué • Pleins feux




    Dans environ un mois, l’Athénée accueillera Le Balcon dans Le Balcon. C’est-à-dire l’ensemble musical qui s’appelle Le Balcon, qui jouera l’opéra Le Balcon. Le Balcon (l’opéra, pas l’ensemble) est tiré d’une pièce du même nom de Jean Genet, l’auteur des Bonnes (et du Balcon).

    Ulcéré par la création du Balcon, qui eut lieu en 1957 à Londres dans une mise en scène de Peter Zadek, mais également par sa création française dans une mise en scène de Peter Brook, Jean Genet fit précéder la nouvelle publication de la pièce, en 1962, d’un texte intitulé “Comment jouer Le Balcon. ?Voici quelques extraits de ses recommandations, qui attaquent frontalement les précédents metteurs en scène de la pièce :


    “À Londres, [...] Le Balcon était mal joué. Il l’a été aussi mal à New York, à Berlin et à Paris –on me l’a dit.”

    “L’auteur de la pièce [...] aimerait assez qu’on ne coupe, qu’on n’abrège aucune explication sous le prétexte d’aller vite, d’être plus clair, ou que tout a déjà été dit plus haut, ou que le public a compris, ou qu’il s’ennuie

    “Les actrices ne doivent pas remplacer les mots comme boxon, bouic, foutoir, chibre, etc. par des mots de bonne compagnie. Elles peuvent refuser de jouer dans ma pièce –on y mettra des hommes. Sinon elles obéissent à ma phrase. Je supporterai qu’elles disent des mots à l’envers. Par exemple : xonbo, trefou, couib, brechi, etc.”

    “J’ai eu l’idée de faire grimper les trois Figures fondamentales sur des hauts patins. Comment les acteurs pourront-ils marcher avec ça sans se casser la gueule, sans se rendre les pattes dans les traînes et les dentelles de leurs jupes ? Qu’ils apprennent”

    “Entre Irma et le Chef de la police, les brefs instants de solitude doivent révéler une vieille tendresse. Je ne sais pas pourquoi.”

    Tout ce que je viens d’écrire ne s’adresse pas, bien sûr, à un metteur en scène intelligent. Il sait ce qu’il a à faire. Mais les autres ?

    On espère alors pour Damien Bigourdan qu’il sera un "metteur en scène intelligent" du Balcon dans sa version lyrique, composé par le hongrois Peter Eötvös (Le Monde en parlait récemment ici).

    Quant au blog, il part en vacances après le billet de demain ! Je vous donne donc rendez-vous le 12 mai.

    Clémence Hérout


  • A votre régie mon général • Coulisses




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  • Not’ beau sapiiiiin, roi des forêêêêêêêêts • Coup de théâtre




    Côté Noël, je suis du genre à me précipiter chez le fleuriste dès le 1er décembre pour acheter un sapin, à mettre des guirlandes qui clignotent à toutes mes fenêtres et à préparer les cadeaux dès la Toussaint.

    À ma venue à l’Athénée il y a quelques jours, j’ai vite senti que mes benêts penchants allaient encore être honteusement encouragés. En effet, dans l’un des escaliers menant au foyer, un indice de taille se collait à mes chaussures et à mon pantalon trop long :

    Athénée Sapin Clémence Hérout



    Au foyer-bar, un sapin de plus de trois mètres décoré par Aline vous attend pour accompagner vos passages au bar.

     

    Athénée Sapin Clémence Hérout




    Un midi de cette semaine, toute l’équipe de l’Athénée sera d’ailleurs réunie à ses côtés pour fêter le Noël du personnel (dont mon camarade Le Tone vous avait parlé ici l’année dernière, et moi )

    Côté salle, l’Athénée accueille La Grande-Duchesse d’après Offenbach par la compagnie des Brigands jusqu’au 5 janvier 2014 !

    Bonne journée



    Clémence Hérout



  • La grande Duchesse - Après la première, la deuxième. • Coulisses




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  • Ma vie, c'est d'être fan • Coup de théâtre




    Je ne me suis jamais fait prendre en photo avec un artiste à la sortie d’un spectacle ou d’un concert : je ne vois pas l’intérêt de prendre une photo moche et floue de moi, qui peux me voir tous les jours en meilleure définition, et d’une personne qui a sans doute davantage envie d’aller se coucher que de sourire avec une inconnue face à un Iphone.

    Mais hier, j’ai fait une exception après la première de La grande Duchesse, où j’ai particulièrement ri à l’entrée d’un personnage sur le plateau : de la veste aux chaussures, la façon dont j’étais habillée ressemblait en effet étrangement au costume de scène d’Emmanuelle Goizé, qui joue le baron Grog.

     



    Les costumes créés par Élisabeth de Sauverzac étant toujours très inventifs et travaillés, c’est sans doute la seule fois que ce genre de coïncidence pourra arriver à un spectateur sortant d’un opéra des Brigands (ou alors, vous aimez beaucoup les défis).

    Pour mémoire, en bonne admiratrice du travail d’Élisabeth de Sauverzac, je l’avais photographiée en train de travailler sur ce billet du 29 décembre 2009. Je l’avais également interviewée dans ce billet du 23 décembre 2008 pour La Cour du roi Pétaud.


    C’est la dernière fois que vous verrez sur ce blog 1. une photo de moi 2. une photo prise avec un smartphone, donc a fortiori 3.une photo de moi prise avec un smartphone 4. un titre emprunté à une chanson de Pascal Obispo. Soyez indulgents, c’est bientôt Noël.

    La grande Duchesse d’après Offenbach par la compagnie des Brigands se jouera jusqu’au 5 janvier.

    Bon week-end !


    Clémence Hérout


    PS : en vrai, la seule personne dont j’ai été fan, c’est Michaël Jackson. À l’époque où il était vivant et noir.


  • La Grande Duchesse : Première • Coup de théâtre




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  • Le contre-barrage du grand secours • La corde verte du lapin qui siffle




    Mano est régisseuse générale à l’Athénée. En allant la voir dans son bureau, on découvre qu’elle y a conservé quelques panneaux qui peuplaient autrefois le Théâtre.

    Petit lexique :
    Grand secours” est le nom donné au système anti-incendie situé au dessus du gril, prévu pour inonder la scène en cas de départ de feu.
    La “cheminée d’appel” permet l’évacuation des fumées toxiques en cas d’incendie.

     

    Athénée panneaux cheminée d'appel Clémence Hérout

    (cherchez l'erreur)

     

    Athénée panneau contre-barrage grand secours Clémence Hérout

    Athénée Panneau grand secours Clémence Hérout

    Athénée panneau compteur grands secours Clémence Hérout

     

    Athénée panneaux loge neutralisée Direction Clémence Hérout

    Athénée panneau vestiaire Clémence Hérout

    Aujourd'hui, le vestiaire de l'Athénée est gratuit.

     

     

    Actuellement, le service technique se prépare à accueillir La grande Duchesse d’après Offenbach montée par les Brigands, qui commence demain !



    Clémence Hérout


  • La grande, tout simplement • Pleins feux




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  • Un sur trente • Pleins feux




    Pantin Pantine s’est terminé hier. Le spectacle ne s’était en effet installé à l’Athénée que pour trois jours : il faut dire que les trente enfants présents sur scène étaient sans doute un peu à l’étroit dans les loges du théâtre...

    Si vous l’avez manqué, voici une photo du spectacle en consolation :

     

    Athénée Pantin Pantine Clémence Hérout

     

     


    La grande Duchesse d’après Offenbach par la compagnie Les Brigands commence jeudi !

    Bon début de semaine.



    Clémence Hérout


  • Pantin Première ce soir • La corde verte du lapin qui siffle




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  • Tchao Pantin • Pleins feux




    Ce week-end, l’année accueillera Pantin Pantine pour trois représentations.

    Pantin, c’est en fait le nom du héros : drôle de prénom pour un petit garçon !

    Je suis allée voir “pantin” dans le dictionnaire : étymologiquement, c’est un dérivé de “pantine”, qui désigne un écheveau de soie destiné à être envoyé à la peinture.

    Au 18e siècle, le mot “pantin” est employé pour une figurine plate dont les membres articulés sont actionnés au moyen d’un fil : c’est de cet usage que l’on tire les expressions “marcher comme un pantin” ou “pantin désarticulé”.

    Par extension, “pantin” est devenu synonyme de poupée ou de marionnette.

    Et par analogie, le mot a fini par désigner un personnage inutile que l’on ne peut pas prendre au sérieux.
    Plus précisément, “pantin” est souvent utilisé dans le monde politique ou professionnel pour parler d’une personne qui n’a pas de volonté et se laisse mener par les autres ou les circonstances : dans cette acception, le synonyme serait “girouette” ou, encore une fois, “marionnette”.

    La dernière définition, qui s’applique généralement aux œuvres d’art, est sans doute celle qui éclaire le mieux Pantin Pantine : selon elle, un pantin qualifie un personnage qui n’a pas la consistance d’un être réel.

    Justement, Pantin meurt au tout début de l’histoire : quelle idée aussi, d’aller si vite à vélo... Seulement, grâce à l’aide du passeur qui doit l’emmener dans l’au-delà, il pourra rester un peu sur terre et assister à sa postérité, invisible aux yeux des autres, mais pourtant bien présent dans leurs souvenirs.

    Pantin Pantine mis en scène par Jean Manifacier et avec l’orchestre Lamoureux se joue à l’Athénée vendredi, samedi et dimanche !

    Bon jeudi.



    Clémence Hérout


  • Construction : Suite • La corde verte du lapin qui siffle




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  • Il est mort le divin enfant • Pleins feux




    Pantin Pantine se joue à l’Athénée vendredi, samedi et dimanche (et sa durée de 45 minutes vous permet d’aller continuer votre soirée après).

    Il s’agit d’un conte musical, qui a été, entre autres, enregistré avec Jean-Louis Trintignant en narrateur. Comme le racontait Le Tone hier, c’est l’histoire de Pantin, petit garçon qui trouve la mort à vélo. Que va-t-il rester de lui parmi les vivants ? Quel souvenir laissera-t-il à ses petits copains ?

    La musique a été écrite par Romain Didier, qui a composé des chansons pour Annie Cordy, Jean Guidoni ou Enzo Enzo. Le texte est d’Allain Leprest, chanteur et parolier récemment disparu.

    On voit justement dans cette vidéo Allain Leprest expliquant à une classe d’école primaire comment le projet est né et évoquant joliment la mort avec eux : quand il était petit, alors que l’un de ses camarades était décédé, on lui avait fait croire qu’il était simplement parti en voyage...





    Si la vidéo ne s’affiche pas chez vous, vous la trouverez ici sur YouTube.



    Pour découvrir l’oeuvre, vous pouvez également écouter cette vidéo, qui combine des extraits de deux chansons de Pantin Pantine, Il est mort le divin enfant et Les petits vélos.



    Idem, la vidéo est ici sur YouTube.


    Au plaisir de vous voir ce week-end !

    Clémence Hérout


  • Un petit théâtre à construire - Pantin Pantine • La corde verte du lapin qui siffle




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  • Petit papillon • Pleins feux




    Marc Papillon de Lasphrise : je n’avais jamais entendu ce nom charmant avant qu’il ne soit prononcé dans le spectacle C’est la faute à Rabelais (Le Tone en parlait ici)

    Poète et capitaine, Marc Papillon de Lasphrise a vécu au 16e siècle. Né près de Tours dans une famille de petite noblesse de robe, il perdit son père très jeune. Bien qu’issue de la noblesse, sa famille connut régulièrement des difficultés financières, et la mère de Marc Papillon de Lasphrise eut à subir créanciers, huissiers et saisies de biens.

    Comme c’était souvent le cas pour les cadets de famille nobles, il abandonna rapidement ses études pour prendre les armes : son engagement sur terre et en mer dans l’armée catholique, qui se battait contre les protestants, est d’ailleurs très présent dans ses œuvres.

    Militaire, Marc Papillon de Lasphrise fréquentait également l’entourage royal : ainsi la cour de Henri III, où il fit sans doute plusieurs séjours étalés sur environ cinq ans, exerça-t-elle sur le poète à la fois fascination et répulsion, que l’on retrouve dans ses Sonnets courtisans.

    Fatigué, désabusé, réclamant en vain la pension à laquelle il avait droit pour ses années de service, Marc Papillon de Lasphrise se retira finalement de la vie militaire et mondaine : il passa la fin de sa vie dans sa région natale, pauvre et malade, mais persuadé que sa poésie lui survivrait.

    “Grand bonhomme de guerre et grand caresseur de filles” d’après le poète belge du 20e siècle Norge, Marc Papillon de Lasphrise nous laisse des poèmes satiriques et érotiques à la langue opulente et malicieuse, mais également des textes plus sombres où la mort est bien présente.

    Vous pouvez en découvrir pendant le spectacle C’est la faute à Rabelais, mais également sur ce site ou dans le très beau livre Les Énigmes licencieuses de Marc Papillon de Lasphrise paru aux éditions Finitude.

    C’est la faute à Rabelais et Pantagruel se jouent jusqu’à dimanche !

    À la semaine prochaine.


    Clémence Hérout


    Source :
    Un poète du XVIe siècle : Marc Papillon de Lasphrise de Nerina Clerici Balmas, Éd. Nizet, 1983.


  • La question à 1000 Ecus • Pleins feux




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  • La tête et le cul - entretien avec Benjamin Lazar • Entretien




    Mercredi dernier, je suis retournée voir Pantagruel (si vous avez bien suivi, vous savez que je ne l'avais vu que depuis la régie lumière, c'est-à-dire de très loin). Comme Le Tone l’a raconté dans son dessin de vendredi, le spectacle était filmé.

    À la fin de la représentation, le metteur en scène Benjamin Lazar est venu sur scène pour expliquer aux 400 spectateurs présents que pour les besoins d’Aline, l’ingénieure du son, il fallait enregistrer une minute de silence. Mais une minute de silence avec le public, car ce n’est pas pareil qu’une minute de silence dans la salle vide. C’est ainsi qu’on s’est tous tus, tous les 400, en se regardant. J’aurais adoré filmer ce moment, qui était à la fois drôle et émouvant.

    Après que Benjamin Lazar a réglé tous les détails avec les personnes responsables de la captation, nous nous sommes retrouvés au bar du Théâtre pour un entretien :


    « – Dans tes derniers spectacles, tu avais travaillé sur la restitution d’une prononciation de l’ancien français. Pourquoi avoir donné ce Pantagruel avec la prononciation actuelle ?

    Je travaille sur la prononciation du 17e siècle depuis de très nombreuses années –depuis que j’ai commencé à collaborer avec Eugène Green à douze ans, en fait. Réaliser le même processus sur la prononciation du 16e siècle demanderait encore beaucoup de temps.
    C’était aussi l’occasion de renouveler ma démarche en menant un autre travail sur un texte ancien, notamment autour de la musique contemporaine, de l’éclairage ou de matériaux qu’il n’aurait pas été possible d’utiliser dans un spectacle éclairé à la bougie et avec une prononciation restituée. Il s’agissait enfin d’être à l’écoute d’un acteur : le spectacle est né et s’est forgé avec Olivier Martin-Salvan, qui joue Pantagruel.
     
     
    – C’est vrai qu’il y a des éléments nouveaux par rapport à tes précédents spectacles : des torches électriques, des néons, des matières modernes, de la musique contemporaine...

    – Concernant la lumière, j’ai tout de même conservé l’esprit avec lequel je travaille d’habitude où la lumière ne donne pas tout afin de laisser l’imagination du spectateur s’engouffrer dans le noir. Le spectacle commence ainsi dans une quasi-obscurité où l’on a l’impression qu’Olivier Martin-Salvan porte un masque de lumière qui ressemble aux masques de nô ou de kyogen [théâtres japonais].
    Quant au contraste produit par l’utilisation de la paille, du jean ou des chaussures de montagne, il est né de l’observation concrète de costumes de carnaval d’hommes sauvages qui existent encore dans les traditions d’Europe de l’Est : les photos de Charles Fréger nous ont beaucoup inspirés.

     

    Wilder Mann Charles Fréger http://www.charlesfreger.com/

    Wilder Mann (c) Charles Fréger


    Cette dissonance renvoie à la langue de Rabelais qui, bien qu’ancienne, devient contemporaine par son étrangeté. Elle a gardé sa puissance, comme des mots gelés qui dégèleraient aujourd’hui pour nous faire entendre le souffle moderne de Rabelais et son inventivité par rapport au français qui est en train de devenir, à son époque, une langue d’expression artistique.
    Nous avons également utilisé des éléments brillants en suivant notre envie d’offrir un contraste, comme en cuisine où l’on allie différentes saveurs : il y a ainsi une confrontation entre la puissance corporelle d’Olivier Martin-Salvan et des éléments plus légers, presque immatériels. Le modèle ici serait le tableau Le Colosse de Goya, où le corps d’un géant se perd dans les nuages.

     

    Le Colosse Goya

    Le Colosse de Goya

     



    – Le spectacle s’est-il construit dès le début avec la musique ou bien la musique s’est-elle imposée par la suite ?

    La musique était présente dès le début, mais le spectacle a pris une tournure née du travail collectif. C’est un rêve abouti en commun que personne n’aurait pu rêver individuellement : Olivier, Mathilde, Amélie, Adeline, David, Sylvie, Pierre, Julia, Margaux , Fabrice, François-Xavier, Miguel, Benjamin et moi avons tous rêvé autour de Rabelais.
    Pour moi, la musique est une voie d’entrée pour montrer que Rabelais est un poète, même s’il écrit en prose. Contrairement aux clichés qu’on peut en avoir, Rabelais n’est pas que de la tripaille, c’est une écriture où le corps existe dans tous ses développements et manifestations, où il n’y a pas de frontière entre la tête et le cul : le bas et haut, le corps et l’esprit, le corps et le contenu s’inversent ; le livre devient bibliothèque, et le héros créé par le narrateur avale même ce dernier…
     

    – L’œuvre de Rabelais est immense : comment as-tu coupé le texte ? Et, comme le laisse entendre le spectacle, y aura-t-il une suite ?

    – Nous avons d’abord fait le choix de Pantagruel en opérant une première sélection centrée sur lui (et non sur Panurge, par exemple). C’est ensuite l’épreuve du plateau qui a contribué à réduire encore : en répétant, des passages se sont effacés.
    Cette sélection est comme une piqûre injectant aux spectateurs une dose de la langue de Rabelais, en espérant leur donner envie d’en connaître plus : de la même manière, le narrateur congédie les spectateurs à la fin en leur disant qu’une suite sera donnée plus tard. L’éventuelle suite est laissée en question : on est d’abord très curieux de tourner ce spectacle le plus possible pour voir ce qu’il deviendra ces prochains mois... Et ces prochaines saisons ! Si l’on monte une suite, cela ne sera donc pas avant quelques années.»


    Vite ! Pour voir Pantagruel mis en scène par Benjamin Lazar, c’est jusqu’à dimanche. En même temps, se joue dans la salle Christian-Bérard C’est la faute à Rabelais mis en scène par Jean-Louis Hourdin.

     

    Clémence Hérout


  • Plan des environs proches • Coulisses




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  • J'ai les genoux bien trop mous • Pleins feux




    Le spectacle C’est la faute à Rabelais s’est installé dans la salle Christian-Bérard de l’Athénée jusqu’à la fin de la semaine.

    Rarement ouverte, située tout en haut du Théâtre, la salle Christian-Bérard est très intime (ça veut dire qu’elle est toute petite).
    Le musicien Pierre-Jules Billon a pourtant réussi à y caser une vingtaine d’instruments qu’il utilise pendant le spectacle où s’entremêlent par exemple des textes de Rabelais, Eugène Durif ou Allais et des chansons de Gaston Ouvrard (la rate qui se dilate, ça ne vous dit rien ?).

    Voici un petit aperçu de ces instruments (mais oui, le coton en est un, à sa façon), sachant que je vous laisserai découvrir en vrai le plus impressionnant, une réplique d’une vielle à roue du 12e siècle :



    Athénée Faute à Rabelais Clémence Hérout

    Athénée Faute à Rabelais Clémence Hérout

    Athénée Faute à Rabelais Clémence Hérout

    Athénée Faute à Rabelais Clémence Hérout

    Athénée Faute à Rabelais Clémence Hérout

    Athénée Faute à Rabelais Clémence Hérout

    Athénée Faute à Rabelais Clémence Hérout



    C’est la faute à Rabelais se joue dans la salle Christian-Bérard en même temps que Pantagruel dans la grande salle jusqu’à dimanche !

     

    Clémence Hérout


  • Pantagruel enfin • Pleins feux




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  • Avec Richard et Fabrice • La corde verte du lapin qui siffle




    Lorsqu’une compagnie joue son spectacle dans plusieurs théâtres, c’est normalement la même équipe technique qui assure toute la tournée : les personnes responsables de la régie générale, de la régie plateau, de la régie son, de la régie lumière, des costumes ou encore des maquillages connaissent en effet très bien le spectacle et sont les mieux à même de l’adapter à chaque nouveau théâtre.

    La bonne collaboration entre les équipes des spectacles et les équipes des théâtres est donc essentielle, l’enjeu étant de parvenir à ne plus former qu’une seule équipe le temps des représentations pour assurer la bonne marche de la pièce.
    Les équipes du théâtre de l’Athénée sont ainsi amenées à s’approprier pleinement le spectacle pour réussir à prendre le relais : certains techniciens du spectacle, après avoir géré le montage et la passation, quittent en effet l’Athénée après deux ou trois représentations.

    Richard est régisseur lumières à l’Athénée. Fabrice est le régisseur du spectacle Pantagruel : ce sont eux que vous avez vus côte à côte sur cette photo il y a quelques jours.
    Le jour de la première, Richard et Fabrice étaient tous deux tassés dans la régie lumière située tout en haut de la salle : c’était Fabrice qui était chargé de faire les lumières pendant que Richard l’observait en prenant des notes dans la perspective de devoir assurer seul quelques jours plus tard.

    Il y a très peu de place dans cette régie, mais il y a des bonbons : c’est ainsi que Richard et Fabrice ont accepté que je m’incruste avec eux pendant toute la première de Pantagruel pour que je regarde comment ils travaillent.

    Les jours qui ont précédé la première, chaque état lumineux du spectacle a été préenregistré dans la console lumière sous un numéro : c’est ce qu’on appelle la conduite.  Par exemple, à l’état lumineux n°4, il y a tels et tels projecteurs allumés avec telle ou telle intensité lumineuse.
    Les transitions elles-mêmes entre les états lumineux sont également déjà réglées : le passage de l’un à l’autre peut se faire de manière imperceptible en plusieurs minutes, ou bien en “cut”, c’est-à-dire en moins d’un quart de seconde.

    Je vous laisse donc imaginer le travail réalisé en amont pour mettre chaque projecteur à sa place et incliné exactement dans la bonne direction (c’est au centimètre près), régler la durée des transitions, mais aussi faire en sorte que les artistes et éléments présents sur scène soient également placés très précisément ; c’est la raison pour laquelle vous apercevrez des bouts de scotch de couleur sur la scène : ils servent de repères pour placer des décors, ou pour que les acteurs sachent exactement où se mettre à chaque déplacement.

    On peut donc avoir l’impression que l’essentiel est fait avant la représentation : les projecteurs étant en place et les effets préenregistrés, il ne resterait donc plus au régisseur lumière qu’à appuyer sur une touche pour enchaîner ces effets pendant le spectacle.

    “Plus qu’à”, ah ah : parce qu’évidemment, ce n’est pas aussi simple que cela. En effet, il faut à la fois suivre le texte mais aussi la machinerie ou les artistes pour déclencher chaque effet. Ainsi l’état lumineux n°22 sera-t-il déclenché sur un mot du texte, mais le n°12  à un geste discret de la main par le comédien ou le n°4 quand il tape du pied –ce qui implique que le régisseur soit extrêmement réactif, car ce genre d’effet où toutes les lumières s’éteignent quand le comédien claque des doigts est particulièrement raté s’il y a une seconde de retard.

    On imagine ainsi la difficulté à repérer et surtout anticiper tel ou tel geste du comédien ou à assurer les changements de lumière si ce dernier se trompe dans le texte, mais également à manipuler la console tout en regardant le spectacle tout en écoutant les comédiens tout en lisant le texte.
    Surtout lorsqu’on ajoute que le régisseur lumière, qui est en général le seul à voir le spectacle de face, donne aussi des “tops” au reste de l’équipe technique (pour le lancement de machineries par exemple).

    En plus, tous les effets ne sont pas préenregistrés : une tempête dans Pantagruel oblige ainsi le régisseur lumière à passer en mode manuel. J’ai filmé les mains de Fabrice sur la console lumière à ce moment-là : vous verrez, on dirait qu’il joue du piano.

    (la vidéo dure moins de 30 secondes. La bande-son que j’ai ajoutée ne provient pas du spectacle, que je ne voulais pas dévoiler. Je m’excuse d’ailleurs de la relative qualité de cette vidéo filmée à l’Iphone, mais je n’avais pas la place d’amener plus gros).

     

    La vidéo est ici sur YouTube

    Dans un spectacle, la lumière a ceci d’ingrat que les spectateurs la remarquent surtout lorsqu’elle est ratée. Alors, si jamais vous êtes placés en galerie, tout en haut de l’Athénée, n’hésitez pas à dire bonjour aux régisseurs derrière leur vitre.
    Sachez d’ailleurs que ce sont eux que les comédiens saluent lorsque, pendant les applaudissements, ils font un grand geste de la main se dirigeant vers le fond de la salle, derrière vous.

    Pantagruel mis en scène par Benjamin Lazar, avec des lumières conçues par Pierre Peyronnet et mises en œuvre par Fabrice Guilbert et Richard Fischler, se joue jusqu’au 30 novembre.

    Clémence Hérout


  • Vite au théâtre (Part. 2) • Coulisses




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  • Ceci n'est pas un zombie • Coulisses




    On voit des choses étranges sur Pantagruel mis en scène par Benjamin Lazar :

    Athénée Pantagruel Clémence Hérout Benjamin Lazar

    la lune qui transperce les feuillages joue-t-elle un rôle dans

    Athénée Pantagruel Clémence Hérout Benjamin Lazar

    l’apparition de ce drôle de cheval de paille,

    Athénée Pantagruel Clémence Hérout Benjamin Lazar

    et à qui appartient cette main sortie d’un drap blanc à la texture inhabituelle ?


    Pour répondre à ces questions et découvrir d’autres surprises, rendez-vous à l’Athénée pour ce Pantagruel de Rabelais : c’est jusqu’à la fin de la semaine prochaine !

    Bon mardi


    Clémence Hérout


  • Vite au théâtre • Coulisses




    le tone

    le tone

     


  • Que je cherchasse un titre • Pleins feux




    Moi, que j’oubliasse l’imparfait du subjonctif bien qu’il eût fallu que cela restât un temps si doux ? Il fut fort heureux qu’Eugène Durif et Pierre-Jules Billon du spectacle C’est la faute à Rabelais, qui commença hier à l’Athénée, nous le rappelassent.

    Fallut-il que nous passassions à côté de ce grammatical poème attribué à Alphonse Allais et qu'il ne fût pas déclamé pendant le spectacle ? Fichtre non ! Je vous le livrai donc, à condition que vous le lussiez jusqu’au bout :


    Épître amoureuse d’un puriste

    Oui, dès l’instant où je vous vis,
    Beauté farouche, vous me plûtes;
    De l’amour qu’en vos yeux je pris,
    Sur-le-champ, vous aperçûtes.
    Mais de quel air froid vous reçûtes,
    Tous les soins que je vous offris!
    Combien de soupirs je rendis?
    De quelle cruauté vous fûtes?
    Et quel profond dédain vous eûtes
    Des gros tourments que je souffris!
    En vain je priai, je gémis.
    Dans votre dureté vous sûtes,
    Mépriser tout ce que je fis;
    Mais un jour je vous écrivis
    Un billet tendre que vous lûtes
    Et je ne sais comment vous pûtes
    De sang-froid voir ce que j’y mis.
    Ah fallait-il que je vous visse,
    Fallait-il que vous me plussiez
    Qu’ingénument je vous le dise,
    Qu’avec orgueil vous vous tussiez;
    Fallait-il que je vous aimasse,
    Que vous me désespérassiez
    Et qu’en vain je m’opiniâtrasse,
    Qu’à vos pieds je me prosternasse
    Pour que vous m’assassinassiez !


    Il n’aurait pas fallu que vous manquassiez ce spectacle, qui se jouera jusqu’au 30 novembre dans la salle Christian-Bérard de l’Athénée, qui accueille en même temps dans la grande salle Pantagruel de Rabelais mis en scène par Benjamin Lazar.

    Je souhaitais que vous passassiez une bonne journée et un bon week-end.

    Clémence Hérout

    PS: Et encore, je vous ai épargné le plus-que-parfait du subjonctif


  • le QUIZZ à RABELAIS • Coulisses




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  • Vous n'oubliez rien ? • La corde verte du lapin qui siffle




    Pantagruel mis en scène par Benjamin Lazar, c’est un comédien et deux musiciens sur scène. Cela n’empêche pas la liste des accessoires et costumes de compter trois pages à faire pâlir les spectacles à grande distribution et qui demandent un certain travail aux membres de l’équipe technique.

    C’est ainsi que le pense-bête réalisé par Fabrice, régisseur, et Marie, costumière au TNP, compte les éléments suivants :

    1 manteau raphia et fourrure + doublure verte avec bouts de tissus doré
    1 gilet raphia tressé + doublure tissu marron et beige
    1 jean bleu + 1 ceinture coton et raphia tressée à installer boucle à gauche
    1 rectangle de tissu rouge (coincé dans la ceinture du jean)
    1 débardeur coton gris
    1 paire de guêtres en raphia tressé
    1 paire de chaussures de montagne marron pointure 43
    1 paire de longues chaussettes noires
    1 caleçon noir
    1 serviette noire + 1 serviette grise
    1 coiffe avec base raphia tressée et grands joncs
    1 bandeau yeux en raphia tressé
    1 couronne en raphia enroulé
    1 manteau de Panurge (ceinture de cuir marron et franges de tissus colorés)
    1 pochette en raphia tressé
    2 combinaisons de ski bleues
    2 sous-pull noir
    1 cagoule avec trous yeux+bouche+nez
    1 cagoule avec trous yeux
    1 gilet de raphia avec longue tresse
    1 gilet de raphia tressé avec “côtes”
    1 paire de chaussettes noire et jaune
    1 paire de chaussettes noire
    2 paires de chaussures de montagne
    1 coiffe “oreilles” en raphia tressé
    1 coiffe avec longue queue et pompon
    1 étui de flûte en coton brun et beige
    1 ceinture de cuir marron
    1 lampe frontale noire
    1 grosse lampe jaune
    1 coussin raphia


    La liste est suivie des emplacements de chaque élément (certains sont à mettre dans les loges personnelles des artistes, d’autres sur le plateau, d’autres dans la loge de changement rapide), mais également des consignes à suivre à leur sujet (par exemple : “30 min avant le début du spectacle, aider Olivier à mettre ses guêtres. Juste après le spectacle, aider Olivier à enlever son manteau + enlever la doublure”), et enfin des conseils d’entretien (par exemple : “laver à la machine à froid la doublure du manteau et la doublure du gilet”).

    Si les costumiers, habilleurs, maquilleurs, coiffeurs, machinistes, régisseurs ou techniciens sont voués à rester dans l’ombre, j’espère que vous aurez une petite pensée pour eux en allant voir Pantagruel de Rabelais mis en scène par Benjamin Lazar : c’est à l’Athénée jusqu’au 30 novembre.

    En parallèle, C’est la faute à Rabelais mis en scène par Jean-Louis Hourdin commencera demain dans la petite salle !


  • PANTAGRUEL, l'appetit cruel • Coulisses




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  • Cachés • Coulisses




    Hier soir, c’était la première de Pantagruel de Rabelais mis en scène par Benjamin Lazar. Quelques heures avant de jouer, l’équipe technique et artistique se consacrait aux derniers réglages, disséminée dans la salle.

    À la lumière de leurs écrans ou lampes de travail, les visages de Richard, Fabrice, Mathilde, FX, David, Pierre, Cyril ou Colomba émergent de la salle noire entre les ordinateurs, consoles et plans de feux :



    Pantagruel technique Athénée Clémence Hérout

    Athénée Pantagruel technique Clémence Hérout

    Athénée Pantagruel technique Clémence Hérout

     


    Aujourd’hui, les tables de régie ne sont plus là : les fauteuils sont pour vous, car Pantagruel a commencé hier et se joue jusqu’au 30 novembre !


  • Le nouveau MONSTRE • Pleins feux




    le tone 1

    le tone 2le tone 3


  • C'est gargantuesque • Pleins feux




    Il arrive de temps en temps que des inventions littéraires passent dans le langage courant, au point de faire oublier leur origine : on peut ainsi parler d’un pygmalion (Ovide), d’un tartuffe (Molière), de bovarysme (Flaubert), d’un amphitryon (Molière toujours) ou encore d’un mentor (Homère).

    Ce phénomène a d’ailleurs un nom : l’antonomase (qui désigne également les noms de marques rentrant finalement dans la langue, comme kleenex, scotch, solex ou velux).

    Chez l’écrivain François Rabelais, l’antonomase atteint des sommets, avec “pantagruélique”, “rabelaisien”, “gargantuesque” et “moutons de Panurge” entrés dans le dictionnaire français.


    Pantagruélique, d’après le dictionnaire, rappelle le personnage de Pantagruel inventé par Rabelais, soit par son énorme appétit, soit par sa façon de mener joyeuse vie avec une insouciance de bon vivant.
    Cela peut aussi désigner une chose énorme ou gigantesque, ou enfin s’employer comme adverbe (pantagruéliquement, que mon dictionnaire qualifie toutefois de “rare”)


    En cherchant “pantagruélique” dans un dictionnaire de synonymes, on tombe sur :

    Gargantua et gargantuesque : Gargantua est le père de Pantagruel, qui avait manifestement de qui tenir, puisque “un gargantua” désigne un gros mangeur.  
    “Gargantuesque” définit ce qui est digne de Gargantua –soit, j’imagine, un repas qui lui aurait plu.


    D’apparence plus banale, “rabelaisien” se rapporte d’abord à Rabelais, son œuvre, son style ou ses personnages, et bien sûr aux personnes qui l’étudient.

    Un peu fourre-tout, l’adjectif peut cependant désigner aussi (au choix)
    - ce qui est gigantesque
    - une personne aimant bien manger et bien boire
    - une personne grosse et bonne vivante
    - ce qui est gai, licencieux, grivois, voire grossier et/ou cynique (tout cela, oui)

    Enfin, l’expression “rire rabelaisien” définit un rire épanoui et moqueur.



    Et les moutons de Panurge, dans tout cela ? J’avoue que j’étais persuadée que l’expression renvoyait à un épisode de la mythologie grecque, et que j’ai été surprise de  constater qu’il trouvait son origine chez Rabelais.

    Ami de Pantagruel, Panurge prend toute sa place dans les chapitres 5, 6 et 7 du Quart livre de Rabelais : souhaitant se venger d’un marchand de moutons qui se trouve avec lui sur un bateau, il lui en achète un avant de le jeter à la mer. Tout le troupeau part à la suite du noyé, tout comme leur propriétaire qui s’était accroché au bélier.
    C’est ainsi qu’un mouton de Panurge désigne une personne influençable qui se laisse mener avec les autres sans réfléchir.



    Pantagruel de François Rabelais mis en scène par Benjamin Lazar commence demain soir à l’Athénée ! Il est couplé avec C'est la faute à Rabelais d'Eugène Durif à partir du 14 novembre.

    Bon mercredi



    Clémence Hérout


  • François François • Pleins feux




    francois


  • En vélo Simone • D'hier à aujourd'hui




    Si vous vous souvenez de cet article que j’avais écrit en 2008, vous savez que l’Athénée actuel n’est qu’une partie d’un plus grand théâtre, qui s’appelait l’Eden Théâtre.

    Construit en 1883, l’Eden était plus grand que l’Opéra Garnier et englobait l’actuel Athénée, la rue piétonne qui le borde (le square de l’Opéra, pas encore percé à l’époque) et l’immeuble d’en face. L’Athénée, appelé à l’époque “La Comédie parisienne” était une salle annexe construite plus tardivement.

    Véritable complexe de loisirs, l’Eden abritait plusieurs salles de spectacle, un jardin d’hiver, des galeries de promenade et un vélodrome. Si l’Eden a été majoritairement détruit en 1895, la salle de l’Athénée est évidemment toujours là, tout comme... le vélodrome.

    En face de l’Athénée, vous trouverez le magasin de meubles Maple. Si l’on entre et que l’on descend deux étages, on trouve le vélodrome situé exactement sous la place où trône le Pégase.

    Athénée Maple Square de l'Opéra

    Le Square de l'Opéra Louis-Jouvet. Maple est à gauche et l'Athénée à droite, quasiment hors champ.

     

    Pour les journées du Patrimoine qui ont eu lieu les 14 et 15 septembre derniers, le magasin Maple avait organisé une exposition dans ce vélodrome. On y trouvait aussi bien des éléments sur l’histoire de ce dernier que des objets ou documents retraçant la vie du magasin Maple, qui a eu des clients célèbres (Impératrice Eugénie, Sarah Bernhardt...), a aidé des hôpitaux pendant la deuxième guerre mondiale ou a inspiré Le Corbusier.

     

    Athénée Maple Journées Patrimoine Citroën

    Athénée Maple Journées Patrimoine Sarah Bernhardt


    C’est Yves Gourhand, directeur commercial de Maple, qui a réalisé cette exposition et qui en assurait la visite guidée. Passionné d’histoire, Yves consacre son temps libre à l’étude des archives de l’entreprise : il a ainsi fait des recherches sur le vélodrome, mais également découvert de nombreux éléments de l’histoire de Maple, “le plus grand magasin de l’univers pour ameublement et décoration” et de ses anciens clients.

     

    Athénée Maple Journées patrimoine

     

    Dans la mesure où le vélodrome faisait partie intégrante de l’Eden théâtre (l’ancêtre de l’Athénée), c’est surtout lui qui nous intéresse aujourd’hui.
    Le 13 janvier 1894, le journal Le Matin révèle sa prochaine ouverture : “on annonce une nouvelle transformation de l’Eden Théâtre où s’installerait prochainement un vélodrome”.

     

    Athénée Maple Journées du patrimoine vélodrome


    Effectivement aménagé dans le théâtre de l’Eden cette année-là, soit onze ans après l’ouverture du théâtre, il sera fermé l’année suivante en même temps que la destruction de l’Eden, en 1895. À l’ouverture du magasin Maple le 1er octobre 1896, le vélodrome est mentionné dans le bail de location, mais a été modifié pour agrandir la surface commerciale.

     

    Athénée Maple Journées patrimoine vélodrome


    Destiné à la bourgeoisie parisienne (l’aristocratie préférait le cheval), le vélodrome servait à apprendre à faire du vélo. Il était constitué de deux étages dont le supérieur était une piste de vrai bois. Toujours existante, la salle basse était recouverte du parquet de Hongrie actuel et disposait d’un vestiaire et d’une salle de douche. Nous ne savons pas combien coûtaient les cours, mais un autre vélodrome (le manège Tivoli situé rue de la Douane) proposait des leçons à 20 francs pour les femmes et 15 pour les hommes (forfait vélo + professeur)

    Contrairement à ce qui a souvent été dit en effet, ce vélodrome n’était pas réservé aux femmes (qui avaient en plus le privilège de payer plus cher) : il faut d’ailleurs préciser qu’à cette époque, le sport était aussi un moyen de se rencontrer.

     

    Athénée Maple Journées patrimoine vélodrome

     

    J’appris aussi au cours de l’exposition que le mot “pédard” désigne des cyclistes maladroits ou allant trop vite : Yves a d’ailleurs lu qu’il y avait un lien avec l’insulte homophobe “pédale” (pédard, du mot pédalier : rouler à FOLLE allure. Folle allure deviendrait ainsi pédale dans le langage usuel). Nous ne savons cependant pas s’il faut le prendre pour acquis.

     

    Athénée Maple Journées Patrimoine vélodrome



    Si l’exposition en soi n’était ouverte que pour les journées du patrimoine, le vélodrome est toujours visible au sous-sol du magasin Maple : demandez à y faire un tour lors de votre prochaine venue à l’Athénée !

    De même, si l’histoire vous intéresse et que avez envie d’aider Yves dans ses recherches, n’hésitez pas à le contacter à l’adresse y.gourhand(at)maple.fr : toutes les archives n’étant pas encore ouvertes, il est fort possible qu’on y trouve des informations sur les clients de Maple, son rôle dans la vie mouvementée de Paris ou sur l’histoire du meuble –j’ai par exemple appris dans l’exposition que le fameux canapé club était en fait d’abord une invention française : nommé “canapé confortable”, il n’a pas du tout marché en France avant de connaître le succès en Grande-Bretagne dans les gentlemen’s club qui lui ont donné son nom.

    Athénée Maple Journées Patrimoine



    À bientôt chez Maple ou à l’Athénée, et n’hésitez pas à écrire à Yves qui serait sans doute ravi d’avoir des encouragements et un peu d’aide.

     

    Clémence Hérout


  • Gustave Doré à l'or fin • Coulisses




    dore dore


  • Tout le monde aime les culottes • Perspective




    "madame porte la culotte
    quoi ?
    madame porte la culotte
    non, non, non
    je n’aime pas les culottes
    les culottes ça ne me va pas
    comment tu peux dire ça
    je le dis, c’est tout
    je n’aime pas les culottes
    tout le monde aime les culottes

    C’est un extrait du texte Toute ma vie j’ai été une femme de l’écrivaine Leslie Kaplan, dont on a entendu parler à l’Athénée hier.

    Hier soir en effet, l’Athénée accueillait le lancement de la saison 1 Égalité en Île-de-France promue par le mouvement H/F. Si vous vous souvenez de cette interview parue en juin 2012 sur le blog, vous savez peut-être déjà de quoi on parle.

    H/F est une fédération d’associations luttant contre les inégalités entre hommes et femmes dans le spectacle vivant. On pourrait en effet imaginer que la culture fait partie des secteurs progressistes, mais les chiffres sont cruels et les mentalités souvent bloquées : entre autres exemples parlants, on peut rappeler que 96% des opéras en France sont dirigés par des hommes ou citer cet entretien improbable où le directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris explique qu’il est particulièrement difficile pour une femme d’être cheffe d’orchestre (parce qu’il faut d’abord qu’elle s’occupe de ses enfants et que c’est compliqué de prendre l’avion).

    Pourquoi si peu de femmes accèdent aux postes à responsabilité en général et dans l’art en particulier ? Les raisons tiennent autant à l’auto-censure des femmes elles-mêmes, à la reproduction sociale, aux idées reçues sur le travail et les compétences des femmes, aux clichés qui pèsent autant sur les filles que les garçons ou encore au système de cooptation à l’œuvre dans ces milieux (pour plus de détails, je vous renvoie à l’interview de Blandine, cofondatrice d’H/F Île-de-France, parue sur le blog de l’Athénée).

    H/F vise à sensibiliser les acteurs du spectacle vivant à cette question, mais surtout à les pousser à agir. La saison Égalité regroupe donc des structures s’engageant à promouvoir davantage les femmes dans leur programmation ou leur gouvernance. En Île-de-France, vingt-cinq théâtres sont partenaires, dont l’Athénée.
    C’est ainsi que, si vous regardez bien la programmation de l’Athénée cette année, six spectacles sur treize sont mis en scène ou dirigés par des femmes : c’était dernièrement le cas de Lucrèce Borgia de Victor Hugo mis en scène par Lucie Berelowitsch.

    Pour le lancement de cette saison Égalité partagée par vingt-cinq théâtres, l’Athénée a donc accueilli des penseurs, artistes et acteurs du milieu culturel pour une soirée alliant discours, extraits de spectacles et interventions sur le matrimoine ou le sexisme ordinaire.

    C’est ainsi que l’on a pu entendre Patrice Martinet, directeur de l’Athénée, expliquer comment il avait pris conscience du manque de femmes dans sa programmation ou Véronique Chatenay-Dolto, directrice de la DRAC Île-de-France, rappeler qu’il s’agissait d’un combat clairement politique.

    J’ai également beaucoup ri avec les extraits de spectacles présentés, et plus particulièrement avec la lecture d’une véritable enquête parue en 1924 dans le journal Le Cri de Paris, intitulée “pourquoi y a t-il si peu de femmes auteurs dramatiques ?”.
    On y découvre qu’Émile Fabre, alors administrateur de la Comédie-Française, estimait que les femmes manquaient trop de sens logique pour écrire des pièces, que Robert Trébor (écrivain) jugeait que le cerveau féminin n’était pas adapté au théâtre, ou encore qu’un journaliste considérait que les femmes réussissaient bien mieux les scènes de ménage en ville que sur un plateau...

    Vous pouvez retrouver le programme complet de la soirée ici, sachant que d’autres régions (Rhône-Alpes, Normandie, Nord-Pas-de-Calais) se sont engagées dans l’égalité homme/femme dans le spectacle vivant.

    Après le dessin publié par Le Tone demain, le blog de l’Athénée prendra quelques jours de vacances pour revenir le lundi 4 novembre. À bientôt !



    Clémence Hérout


  • Rabelais Volume 2 • Coulisses




    rabelais


  • Écrits de spectateurs (7) Nicolas et Marion • Coup de théâtre




    Avant-hier, suite à l’article où je racontais mon Lucrèce Borgia côté pile, j’ai reçu ce mail d’un lecteur, Nicolas, qui m’a également raconté le sien.

    Nicolas ayant bien voulu que je partage son texte avec vous, le voici :

    “Bonjour Clémence,
     
    Dimanche j’ai vécu un moment de grâce ; l’interprétation de Mlle Hands était formidable ;
     
    Je me suis permis de l’attendre ; oh la la j’avais froid j’étais tout intimidé elle a mis longtemps à arriver, et tout rouge j’ai balbutié merci professionnel formidable empathie bonté générosité espièglerie et même tendresse envers ses partenaires et le public ; je l’ai ressenti très fort, comme et encore plus que dans Le Partage de Midi (1). Elle a eu la gentillesse de m’écouter, alors que bon, quand même, ses copains l’attendaient pour aller au bistrot.
     
    Ce que je voulais dire, j’ai un peu compris comment jouer ; moi qui ânonne depuis quelque temps en amateur, répétant en boucle comme un mantra d’où je viens ? Où je suis ? Qui je suis ? À qui je parle ? Quel est mon objectif ? Quels sont les enjeux de la scène ? Suis-je Mac ou PC ? Ma grand-mère est-elle dans la salle ? En essayant de projeter loin devant en poussant l’air avec le ventre, et en oubliant de respirer une fois sur 2  ; et bien même si je savais bien faire tout cela, je ne serais jamais qu’en représentation, quémandant l’approbation du spectateur ;
     
    Non pour être un vrai acteur, il faut cette touche de grâce et d’amour, qui enveloppe la salle, réconforte et apaise, cette luminosité, cette légèreté, cette tendresse, que l’on ressent en présence d’extra-terrestre comme Mlle Hands.
     
    Bien à vous
     
    Nicolas”


    Détail amusant, j’ai reçu le même jour ce sms de mon amie Marion, qui sortait juste de l’Athénée :

    “Je sors de Lucrèce Borgia. J’ai adoré !!!!!! Marina Hands est splendide !!! J’ai adoré !!!! :-D”

    Puis, au cas où ce premier SMS nécessitait quelque éclaircissement, un deuxième a immédiatement suivi :
    “Ah non mais j’ai adoré !!! J’avais des frissons!!! Je suis trop contente !! Merci!


    Pour aller voir Lucrèce Borgia de Victor Hugo mis en scène par Lucie Berelowitsch avec Marina Hands, Dan Artus, Guillaume Bachelé, Antoine Ferron, Jonathan Genet, Julien Gosselin, Thibault Lacroix, Nino Rochet, Boris Sirdey et Élie Triffault, il vous reste encore ce soir et demain.

    Bon week-end !

     

    Clémence Hérout

     

    (1) Le Partage de Midi de Paul Claudel mis en scène par Yves Beaunesne à la Comédie Française, où jouait également Marina Hands.


  • Rabelais moi, s'il vous plait •




    rabelais moi

    silvouplé


  • Chocolat, vélo et karaoké • Coup de théâtre




    Hier soir, alors que je passais près de l’Athénée à vélo, je me suis dit que je pouvais tout aussi bien m’arrêter là. C’est ainsi que je suis arrivée au Théâtre une heure avant la représentation de Lucrèce Borgia. Sans mon appareil photo ni personne à interviewer. Ni rien de précis à faire, en fait.

    Après avoir traversé un groupe de comédiens prenant l’air dans la cour, j’ai croisé Dominique, directeur technique aux chemises inimitables, en bas de l’escalier qui dessert les bureaux et les loges. Pendant que nous échangions quelques mots, les ouvreurs commençaient à arriver, à l’instar de Félix et son vélo bleu.
    Puis c’est Mano, régisseuse générale à la bonne humeur toujours contagieuse, qui vint nous rejoindre au bas des marches.
    En montant l’escalier, je croisai une bonne dizaine de comédiens de Lucrèce Borgia allant et venant, déjà costumés et maquillés – ou en passe de l’être.

    Au bureau de la communication et des relations publiques, Isabelle et Alexandra étaient en plein travail, mais nous avons eu le temps d’échanger un peu sur la dernière exposition photo à la Maison Européenne de la photographie (qu’Alexandra et moi n’avons pas aimée), sur le film La Vie d’Adèle (qu’Alexandra a adoré) et sur l’exposition de la photographe Sarah Moon à la Grande Galerie de l’Évolution (qu’Isabelle allait voir ce soir).

    Un petit coucou à Julie, assistante de direction, avant d’arriver dans le hall où, une demi-heure avant la représentation, le public arrivait tranquillement sous l’œil attentif de Patrice, directeur du Théâtre.
    Clémentine se charge de distribuer les invitations et places déjà réglées en me proposant un biscuit au passage pendant qu’Aline guide le public, que Janie garde le vestiaire et que le reste de l’équipe d’accueil place les spectateurs.

    Tiens, je croise mon ami Thibault, qui vient voir le spectacle. Nous parlons de son anniversaire, qu’il pense fêter dans un bar à karaoké (je ne désespère pas de le faire changer d’avis d’ici là). Au fur et à mesure que nous discutons, le hall se remplit de plus en plus, et nous nous trouvons rapidement entourés d’une foule compacte.

    En montant au bar, je passe dire bonjour à Claude et Nicole, deux spectateurs charmants que j’avais rencontrés pour la première fois lors de la présentation de saison, avant l’été. Ce soir, ils sont accompagnés de la fille de Nicole et après la représentation, ils iront dîner au café Guitry, juste à côté de l’Athénée. Ils me proposent de les accompagner au restaurant mais je dois décliner, car mon article du lendemain n’est pas encore prêt. Nous parlons de choses et d’autres, mais rapidement, je dois les laisser rejoindre leurs places.

    Car la représentation va commencer : Jano, régisseur général, indique aux équipes que tous les spectateurs sont rentrés. Je suis sur un coin de la scène, dans le noir. À côté de moi, des comédiens sont dans les starting-blocks, prêts à entrer à tout moment (ceux qui ont vu le début, assez surprenant, de Lucrèce Borgia comprendront pourquoi).
    La tension qui règne dans ces quelques mètres carrés me contamine rapidement : j’écoute le public, je regarde Jano, je suis aussi tendue que les comédiens, j’ai le trac pour eux, je me dis que je vais les gêner à rester là, je m’apprête à partir, je me dis que je vais les gêner encore plus si je bouge maintenant, je reste là, je trouve que ça met une éternité à commencer, je me dis que c'est insupportable d'attendre, mais bientôt, Christelle, régisseuse du spectacle, donne le signal à tous les techniciens et aux comédiens : en cinq secondes, la salle est éteinte, le public s’est tu, les comédiens sont sur scène. Je reste encore cachée là quelques minutes, puis je m’éclipse par le foyer des comédiens où je croise ceux qui ne sont pas encore rentrés sur le plateau.

    Dans les bureaux de la technique, Mano et Richard, régisseur lumière, sont en train de travailler. Dans les retours son, on entend le spectacle qui se déroule pendant que nous riions à parler de choses et d’autres. Mano finit par rentrer chez elle et me laisse son bureau, où je m’installe pour écrire ce billet en admirant son merveilleux tapis de souris à l’effigie de cochon. ?Richard et moi restons à travailler dans le silence rythmé par le cliquetis des claviers d’ordinateurs, des voix des comédiens sur scène dans le son des retours et des pas des acteurs dans les loges.

    Il est 20h30, Richard me propose du chocolat (c’est fou, ça doit être marqué sur mon front que J’ADORE MANGER). J’entends que le spectacle est bientôt terminé. Je vais préparer la publication de cet article, éteindre mon ordinateur et m’éclipser par le petit escalier de service, accompagnée par les voix de Marina Hands et Nino Rocher jouant la dernière scène de Lucrèce Borgia. En détachant mon vélo laissé devant l’entrée du Théâtre, j’entendrai peut-être les applaudissements et verrai sans doute les premiers spectateurs sortir.

    En pédalant dans la rue Lafayette presque déserte, j’aurai une pensée pour les régisseurs et techniciens qui seront encore au Théâtre pour nettoyer le plateau et le préparer pour la représentation du lendemain, pour les équipes d’accueil qui restent jusqu’au départ du dernier spectateur, pour les employés du bar tenu par Mio Padre qui serviront sans doute de nombreuses verres de vin et du panettone, et pour les spectateurs discutant du spectacle ou d’autre chose, comme dans le dessin publié hier par Le Tone.

    À la publication de billet, grâce à la magie de la technique, je dormirai encore. J’espère qu’il vous trouvera contents d’entamer une nouvelle journée : et s’il vous a donné envie d’aller à l’Athénée, sachez que Lucrèce Borgia de Victor Hugo se joue jusqu’à la fin de cette semaine.


  • Le bar de Lucrèce • Coulisses




    tone


  • Il pleut des pardons ! Il grêle de la miséricorde ! • Pleins feux




    Je ne connaissais pas du tout le texte de la pièce Lucrèce Borgia de Victor Hugo avant de la découvrir à l’Athénée le 3 octobre dernier. Ce qui m’a frappée, c’est évidemment son style à la fois lyrique et implacable, romantique et trivial, mais aussi son sens du suspense et surtout les nombreuses touches d’humour, que je n’aurais pas imaginées au premier abord.

    Je vous livre des extraits de la première scène où Lucrèce Borgia (Dona Lucrezia) apparaît : incognito à Venise, elle s’entretient avec son serviteur Gubetta. On comprend que Gennaro, qui est endormi dans cette scène, est la raison de la venue de Lucrèce à Venise (mais on ne saura pourquoi que bien plus tard).



    LUCRÈCE BORGIA DE VICTOR HUGO

    ACTE 1, PARTIE 1, SCÈNE 2
    Personnages : Gubetta et Dona Lucrezia. Gennaro endormi.

    « Gubetta, seul. Oui, j’en sais plus long qu’eux ; ils se disaient cela tout bas. J’en sais plus qu’eux, mais dona Lucrezia en sait plus que moi, Monsieur De Valentinois en sait plus que dona Lucrezia, le diable en sait plus que Monsieur De Valentinois, et le pape Alexandre VI en sait plus que le diable.
    Regardant Gennaro. —comme cela dort, ces jeunes gens !

    Entre dona Lucrezia, masquée. Elle aperçoit Gennaro endormi, et va le contempler avec une sorte de ravissement et de respect.

    Dona Lucrezia, à part. Il dort ! -cette fête l’aura sans doute fatigué ! —qu’il est beau ! Se retournant. —Gubetta !

    Gubetta. Parlez moins haut, madame. -je ne m’appelle pas ici Gubetta, mais le comte de Belverana, gentilhomme castillan ; vous, vous êtes madame la marquise de Pontequadrato, dame napolitaine. Nous ne devons pas avoir l’air de nous connaître. Ne sont-ce pas là les ordres de votre altesse ? Vous n’êtes point ici chez vous ; vous êtes à Venise.

    Dona Lucrezia. C’est juste, Gubetta. Mais il n’y a personne sur cette terrasse, que ce jeune homme qui dort ; nous pouvons causer un instant.

    Gubetta. Comme il plaira à votre altesse. J’ai encore un conseil à vous donner ; c’est de ne point vous démasquer. On pourrait vous reconnaître.

    Dona Lucrezia. Et que m’importe ? S’ils ne savent pas qui je suis, je n’ai rien à craindre ; s’ils savent qui je suis, c’est à eux d’avoir peur.

    Gubetta. Nous sommes à Venise, madame ; vous avez bien des ennemis ici, et des ennemis libres. Sans doute la république de Venise ne souffrirait pas qu’on osât attenter à la personne de votre altesse ; mais on pourrait vous insulter.

    Dona Lucrezia. Ah ! Tu as raison ; mon nom fait horreur, en effet.

    Gubetta. Il n’y a pas ici que des vénitiens ; il y a des romains, des napolitains, des romagnols, des lombards, des italiens de toute l’Italie.

    Dona Lucrezia. Et toute l’Italie me hait ! Tu as raison ! Il faut pourtant que tout cela change. Je n’étais pas née pour faire le mal, je le sens à présent plus que jamais. C’est l’exemple de ma famille qui m’a entraînée.
    [...] Gubetta, écris en hâte au saint-père que je lui demande la grâce de Pierre Capra ! Gubetta, qu’on mette en liberté Accaioli ! En liberté Manfredi De Curzola ! En liberté Buondelmonte ! En liberté Spadacappa !

    Gubetta. Attendez ! Attendez, madame ! Laissez-moi respirer ! Quels ordres me donnez-vous là ! Ah ! Mon dieu ! Il pleut des pardons ! Il grêle de la miséricorde ! Je suis submergé dans la clémence ! Je ne me tirerai jamais de ce déluge effroyable de bonnes actions !

    Dona Lucrezia. Bonnes ou mauvaises, que t’importe, pourvu que je te les paie.

    Gubetta. Ah ! C’est qu’une bonne action est bien plus difficile à faire qu’une mauvaise. -hélas ! Pauvre Gubetta que je suis ! à présent que vous vous imaginez de devenir miséricordieuse, qu’est-ce que je vais devenir, moi ?

    Dona Lucrezia. Ecoute, Gubetta, tu es mon plus ancien et mon plus fidèle confident…

    Gubetta. Voilà quinze ans, en effet, que j’ai l’honneur d’être votre collaborateur.

    Dona Lucrezia. Hé bien ! Dis, Gubetta, mon vieil ami, mon vieux complice, est-ce que tu ne commences pas à sentir le besoin de changer de genre de vie ? Est-ce que tu n’as pas soif d’être béni, toi et moi, autant que nous avons été maudits ? Est-ce que tu n’en as pas assez du crime ?

    [...]
    Gubetta. Pas du tout. Quand je passe dans les rues de Spolette, j’entends bien quelquefois des manants qui fredonnent autour de moi : hum ! Ceci est Gubetta, Gubetta-poison, Gubetta-poignard, Gubetta-gibet ! Car ils ont mis à mon nom une flamboyante aigrette de sobriquets. On dit tout cela, et quand les voix ne le disent pas, ce sont les yeux qui le disent. Mais qu’est-ce que cela fait ? Je suis habitué à ma mauvaise réputation comme un soldat du pape à servir la messe.

    Dona Lucrezia. Mais ne sens-tu pas que tous les noms odieux dont on t’accable, et dont on m’accable aussi, peuvent aller éveiller le mépris et la haine dans un cœur où tu voudrais être aimé ? Tu n’aimes donc personne au monde, Gubetta ?

    Gubetta. Je voudrais bien savoir qui vous aimez, madame !

    Dona Lucrezia. Qu’en sais-tu ? Je suis franche avec toi ; je ne te parlerai ni de mon père, ni de mon frère, ni de mon mari, ni de mes amants.

    Gubetta. Mais c’est que je ne vois guère que cela qu’on puisse aimer.

    Dona Lucrezia. Il y a encore autre chose, Gubetta.

    Gubetta. Ah çà ! Est-ce que vous vous faites vertueuse pour l’amour de Dieu ?

    Dona Lucrezia. Gubetta ! Gubetta ! S’il y avait aujourd’hui en Italie, dans cette fatale et criminelle Italie, un coeur noble et pur, un cœur plein de hautes et de mâles vertus, un cœur d’ange sous une cuirasse de soldat ; s’il ne me restait, à moi, pauvre femme, haïe, méprisée, abhorrée, maudite des hommes, damnée du ciel, misérable toute-puissante que je suis ; s’il ne me restait dans l’état de détresse où mon âme agonise douloureusement qu’une idée, qu’une espérance, qu’une ressource, celle de mériter et d’obtenir avant ma mort une petite place, Gubetta, un peu de tendresse, un peu d’estime dans ce cœur si fier et si pur ; si je n’avais d’autre pensée que l’ambition de le sentir battre un jour joyeusement et librement sur le mien ; comprendrais-tu alors, dis, Gubetta, pourquoi j’ai hâte de racheter mon passé, de laver ma renommée, d’effacer les taches de toutes sortes que j’ai partout sur moi, et de changer en une idée de gloire, de pénitence et de vertu, l’idée infâme et sanglante que l’Italie attache à mon nom ?

    Gubetta. Mon dieu, madame ! Sur quel ermite avez-vous marché aujourd’hui ?

    [...]
    Dona Lucrezia, lui saisissant vivement le bras, et l’attirant près de Gennaro endormi. Vois-tu ce jeune homme ?

    Gubetta. Ce jeune homme n’est pas nouveau pour moi, et je sais bien que c’est après lui que vous courez sous votre masque depuis que vous êtes à Venise.

    Dona Lucrezia. Qu’est-ce que tu en dis ?

    Gubetta. Je dis que c’est un jeune homme qui dort couché sur un banc, et qui dormirait debout s’il avait été en tiers dans la conversation morale et édifiante que je viens d’avoir avec votre altesse.

    Dona Lucrezia. Est-ce que tu ne le trouves pas bien beau ?

    Gubetta. Il serait plus beau, s’il n’avait pas les yeux fermés. Un visage sans yeux, c’est un palais sans fenêtres.

    Dona Lucrezia. Si tu savais comme je l’aime !

    Gubetta. C’est l’affaire de don Alphonse, votre royal mari.

    [...] Dona Lucrezia, contemplant Gennaro. Quelle noble figure !

    Gubetta. Je trouve qu’il ressemble à quelqu’un…

    Dona Lucrezia. Ne me dis pas à qui tu trouves qu’il ressemble ! —laisse-moi.

    Gubetta sort.»


    Vite! Vite ! Lucrèce Borgia avec Marina Hands mise en scène par Lucie Berelowitsch se termine cette semaine. Bon lundi.


  • Correspondances de lignes • Coulisses




    SMS moi


  • Le lustre des flaques • Coulisses




    Les plus anciens abonnés au blog savent que ma grande passion dans la vie, c’est de photographier le grand lustre de l’Athénée (surtout quand il se reflète dans les éléments liquides ou plastiques du plateau) : ici, ou encore par exemple.

    Si le luxe de la société italienne dépeinte dans Lucrèce Borgia de Victor Hugo permet au lustre de l’Athénée de retrouver certains (petits homologues) sur scène,

    Athénée Lustre Lucrèce Borgia Clémence Hérout


    ce sont les flaques d’eau qui m’offrent le meilleur terrain de jeu photographique, spécialement lorsqu’elles sont brouillées par l’accessoire que vous avez aperçu manipulé par Christelle dans ce billet .

     

    Athénée Lucrèce Borgia Lustre Clémence Hérout

    Athénée Lucrèce Borgia Lustre Clémence Hérout



    Lucrèce Borgia de Victor Hugo monté par Lucie Berelowitsch avec Marina Hands dans le rôle-titre se joue jusqu’au 19 octobre !

    Bon jeudi.


    Clémence Hérout


  • Ce Dieu : Victor H. • Coulisses




    tone et victor

    le tone
     


  • George Sand écrit à Victor Hugo • D'hier à aujourd'hui




    Les écrivains Victor Hugo et George Sand ne se sont jamais rencontrés. Pourtant, lorsque la petite-fille de George Sand meurt en 1855, Victor Hugo, lui-même dévasté par la mort de sa fille Léopoldine, lui envoie une lettre de condoléances.

    Suivent alors des années d’une correspondance amicale (1) abordant autant leur vie personnelle que les arts, la politique et la littérature.

    En février 1870, alors que Victor Hugo est en exil à Guernesey (il a quitté la France suite au coup d’État de Napoléon III), sa pièce Lucrèce Borgia est reprise au Théâtre de la Porte Saint-Martin de Paris.

    George Sand y était : voici des extraits de la lettre qu’elle a écrite à Victor Hugo au sujet de cette représentation et de la création de la pièce à laquelle elle avait également assisté.
    Je vous livre à la suite des extraits de la réponse de Victor Hugo.

    GEORGE SAND À VICTOR HUGO

    « Mon grand ami, je sors de la représentation de Lucrèce Borgia, le coeur tout rempli d'émotion et de joie. J'ai encore dans la pensée toutes ces scènes poignantes, tous ces mots charmants ou terribles, [...] ; j'ai dans les oreilles les acclamations de cette foule qui criait : “Vive Victor Hugo !” et qui vous appelait, hélas ! comme si vous alliez venir, comme si vous pouviez l'entendre.
    On ne peut pas dire, quand on parle d'une oeuvre consacrée telle que Lucrèce Borgia : le drame a eu un immense succès ; mais je dirai : vous avez eu un magnifique triomphe. [...] Que cette lettre vous porte donc, cher absent, l'écho de cette belle soirée.
    Cette soirée m'en a rappelé une autre, non moins belle. Vous ne savez pas que j'assistais à la première représentation de Lucrèce Borgia – il y a aujourd'hui, me dit-on, trente-sept ans, jour pour jour.
    [...]
    J'ai revu aujourd'hui Lucrèce Borgia telle que je l'ai vue alors.
    Le drame n'a pas vieilli d'un jour ; il n'a pas un pli, pas une ride.
    Cette belle forme, aussi nette et aussi ferme que du marbre de Paros, est restée absolument intacte et pure.
    Et puis, vous avez touché là, vous avez exprimé là avec votre incomparable magie le sentiment qui nous prend le plus aux entrailles ; vous avez incarné et réalisé “la mère”. C'est éternel comme le coeur.

    Lucrèce Borgia est peut-être, dans tout votre théâtre, l'oeuvre la plus puissante et la plus haute. Si Ruy Blas est par excellence le drame heureux et brillant, l'idée de Lucrèce Borgia est plus pathétique, plus saisissante et plus profondément humaine. Ce que j'admire surtout, c'est la simplicité hardie qui sur les robustes assises de trois situations capitales a bâti ce grand drame. Le théâtre antique procédait avec cette largeur calme et forte.
    [...]
    Il est tout simple que cette oeuvre d'une seule venue soit solide, indestructible et à jamais durable, et qu'on l'ait applaudie hier comme on l'a applaudie il y a quarante ans, comme on l'applaudira dans quarante ans encore, comme on l'applaudira toujours. L'effet, très grand dès le premier acte, a grandi de scène en scène, et a eu au dernier acte toute son explosion.
    [...] On n'osait pas applaudir, on n'osait pas bouger, on retenait son souffle. Et puis toute la salle s'est levée pour [...] rappeler [Marie Laurent, qui jouait Lucrèce] et pour l'acclamer en même temps que vous.[...]
    Quelle ovation à votre nom et à votre oeuvre !

    J'étais toute heureuse et fière pour vous de cette juste et légitime ovation. Vous la méritez cent fois, cher grand ami. Je n'entends pas louer ici votre puissance et votre génie, mais on peut vous remercier d'être le bon ouvrier et l'infatigable travailleur que vous êtes. [...]  que d'oeuvres et que de chefs-d'oeuvre ! que d'idées remuées, que de formes inventées ! que de tentatives, d'audaces et de découvertes ! »



    VICTOR HUGO À GEORGE SAND

    « Hauteville-House, 8 février 1870.
    Grâce à vous, j'ai assisté à cette représentation. À travers votre admirable style, j'ai tout vu : ce théâtre, ce drame, l'éblouissement du spectacle, cette salle éclatante, ces puissants et pathétiques acteurs soulevant les frémissements de la foule, toutes ces têtes attentives, ce peuple ému, et vous, la gloire, applaudissant.

    [...] Je vous remercie. Votre lettre magnifique a été la bienvenue. Ma solitude est souvent fort insultée ; on dit de moi tout ce qu'on veut ; je suis un homme qui garde le silence. [...] ; mais, devant la sympathie, devant l'adhésion, devant l'amitié, devant la cordialité mâle et tendre du peuple, devant l'applaudissement d'une ville comme Paris, devant l'applaudissement d'une femme comme George Sand, moi vieux bonhomme pensif, je sens mon coeur se fondre. C'est donc vrai que je suis un peu aimé !
    [...]
    Votre admirable oeuvre tout entière est un combat ; et ce qui est combat dans le présent est victoire dans l'avenir. Qui est avec le progrès est avec la certitude. Ce qui attendrit lorsqu'on vous lit, c'est la sublimité de votre coeur. Vous le dépensez tout entier en pensée, en philosophie, en sagesse, en raison, en enthousiasme. Aussi quel puissant écrivain vous êtes ! Je vais bientôt avoir une joie, car vous allez avoir un succès. Je sais qu'on répète une pièce de vous.
    Je suis heureux toutes les fois que j'échange une parole avec vous ; ma rêverie a besoin de ces éclats de lumière que vous m'envoyez, et je vous rends grâce de vous tourner de temps en temps vers moi du haut de cette cime où vous êtes, grand esprit.
    Mon illustre amie, je suis à vos pieds.»


    Pour découvrir Lucrèce Borgia mise en scène par Lucie Berelowitsch avec Marina Hands, c’est à l’Athénée jusqu’à la fin de la semaine prochaine !

    Bon mardi !



    Clémence Hérout

    (1) parue en intégrale aux Éditions HB


  • Lucrèce, première • Pleins feux




    le tone

    le tone


  • Une heure avant la première • La corde verte du lapin qui siffle




    La première de Lucrèce Borgia de Victor Hugo a eu lieu hier soir. Une heure avant la représentation, le plateau grouillait encore de technicien(ne)s occupé(e)s aux derniers réglages.

    Dans ces moments-là, je suis toujours impressionnée de l’incroyable coordination qui est à l’œuvre en dépit de la désorganisation que l’on pourrait s’imaginer au premier abord (chacun est affecté à des tâches précises) et du calme concentré qui se dégage alors que le public va entrer dans une demi-heure et que moi, j’ai envie de courir au hasard sur le plateau en criant que “aaaaah on est en retaaaaard”.

    Quelques images prises au vol :

     


    Jano protégeant les attaches des sièges pour éviter que vous ne vous fassiez mal en vous asseyant (certains fauteuils ont en effet été retirés)

     


    Sébastien réglant une chaîne, dont je ne dévoile pas l’utilisation faite au début du spectacle

     

     

    Julia apportant de l’eau sur le plateau

     


    Dimitri utilisant les seaux apportés par Julia

     


    Christelle préparant le contenu des bouteilles utilisées pendant le spectacle

     

    Luc, en pleine occupation-mystère (enfin, mystère pour moi, qui ne voyait pas ses mains)

     

    Christelle réglant un accessoire que vous ne verrez pas en tant que tel sur scène, mais dont vous pourrez constater les effets.

     

    Christelle et Dimitri testent un truc.



    Christelle et Julia remettent le sable à peu près en ordre.



    Lucrèce Borgia de Victor Hugo mis en scène par Lucie Berelowitsch avec Marina Hands dans le rôle-titre a commencé hier et se joue jusqu’au 19 octobre !

    Bonne fin de semaine.


    Clémence Hérout


  • Qui est Lucrèce ? • Pleins feux




    borgia


  • Une femme puissante • Perspective




    Demain, Lucrèce Borgia de Victor Hugo avec Marina Hands dans le rôle-titre commencera à l’Athénée.

    J’avoue que je n’ai jamais vraiment très bien compris l’histoire de la famille Borgia. Il faut dire aussi que leur nombre, leur influence et leurs intrigues réels se mêlent beaucoup à leurs agissements supposés : car si des historiens se sont sérieusement penchés sur la famille Borgia, des artistes (et même des créateurs de jeux vidéos!) se sont chargés de créer le mythe.
    Entre la pièce de théâtre de Victor Hugo, l’opéra de Donizetti, la série Borgia de Canal+, le jeu vidéo Assassin’s Creed II ou la bande dessinée de Jodorowsky et Manara, la famille Borgia a mauvaise réputation : surtout, bizarrement, Lucrèce.

    La famille Borgia, ou en tout cas celle qui nous intéresse, vécut en Italie au cours des 15e et 16e siècles. Elle compte deux papes : Calixte III et Alexandre VI. Être un homme d’Église n’empêche pas Alexandre VI de mener la vie privée qu’il entend –même si c’est à replacer dans le contexte de l’époque, moins regardant sur les mœurs ecclésiastiques. C’est ainsi qu’il aura de nombreux enfants de plusieurs femmes différentes : l’une de ses filles est Lucrèce Borgia.

    Lucrèce Borgia est utilisée comme un pion au gré de la stratégie de son père, qui la marie et la démarie en fonction de ses alliances ou de ses intérêts, mais aussi de son frère César, qui ne recule devant aucun assassinat pour accéder au pouvoir.
    Son père l’unit d’abord à Giovani Sforza, avant d’annuler ce premier mariage au bout de cinq ans pour la faire épouser Alphonse d’Aragon. Trois ans après, ce dernier est assassiné par le frère de Lucrèce, qui doit alors se marier à Alphonse d’Este.

    D’après l’historienne Geneviève Chastenet, c’est le premier mari de Lucrèce Borgia, furieux d’avoir dû avouer publiquement une prétendue impuissance pour permettre la rupture de leur union, qui a été son premier calomniateur. La réputation sulfureuse et les morts violentes de la famille Borgia ont sans doute fait le reste.

    Vue comme incestueuse, intrigante, empoisonneuse, Lucrèce Borgia était en fait surtout une femme belle et intelligente, victime d’une époque cruelle pour les femmes puissantes. Mécène éclairée, épouse dévouée et mère de nombreux enfants, ce dont on l’accuse n’a jamais été prouvé et elle semble bien avoir bien plus été victime que coupable.

    Lucrèce Borgia de Victor Hugo, qui commence demain à l’Athénée dans la mise en scène de Lucie Berelowitsch, relève donc surtout de la fiction : la pièce est cependant très éclairante, encore aujourd’hui, sur l’exercice du pouvoir.

    À demain pour la première !


    Clémence Hérout


    Conseils de lectures sur la famille Borgia :
    Les Borgia
    , Marcel Brion, Éditions Le Tallandier, 25 août 2011
    Lucrèce et les Borgia
    , Geneviève Chastenet, Éditions Jean-Claude Lattès, 7 septembre 2011
    Les Borgia,
    Ivan Cloulas, Éditions Fayard, 12 mai 1987


  • Le papillon d'Eugène • Entretien




    le


  • Que sont-ils devenus ? • D'hier à aujourd'hui




    C’est toujours amusant, quand on a croisé des artistes à l’Athénée, qu’on les a photographié(e)s en slip en train d’essayer des costumes ou rigolé avec eux avant qu’ils entrent en scène, de les revoir quelques années plus tard au cinéma ou recevant un prix.

    Voici une petite liste non-exhaustive d’acteurs passés à l’Athénée depuis 2008 et revus ensuite ailleurs que sur des planches (toutes les photos ont été prises par moi à l’Athénée).



    Engrenages
    Je consacre une partie entière à la remarquable série judiciaro-policière de Canal+ intitulée Engrenages, qui étonne tant par la qualité de son écriture et de sa réalisation que par l’excellence du jeu de ses comédiens. Et pour cause, la plupart viennent du monde du théâtre et certains sont d’ailleurs passés par l’Athénée.
    Ce qui me permet de casser régulièrement la tension insoutenable des épisodes en m’exclamant que “aaaah, mais c’est Cédric !” ou “tu peux mettre pause, là ? Attends, reviens en arrière.... C’est Flore, je le savais !”

    J’ai ainsi pu reconnaître au long des quatre saisons d’Engrenages, jouant des rôles plus ou moins longs :



    Cédric Appietto, vu à l’Athénée dans Splendid’s et Vénus.




    Flore Lefebvre des Noëttes, vue à l’Athénée dans Les Justes et Les Mains sales (ici dans Les Justes aux côtés de Frédéric Cherboeuf)




    Pierre-Alain Chapuis, qui joue dans Engrenages le mari de Flore, et qu’on avait vu à l’Athénée dans L’Échange (ici fumant une cigarette près d'Aline Le Berre). Il a également joué dans de nombreuses autres séries télévisées.





    René Loyon, vu aux côtés de Robin Renucci dans Oncle Vania (ici complètement à droite, et malheureusement peu éclairé)



    Vincent Debost, venu à l’Athénée dans La Cerisaie (ici aux côtés d’Océane Mozas, dont je reparlerai plus bas, et de Christophe Giordano)






    Bernard Mazzinghi : en plus d’Engrenages, l’interprète de Krogstad d’Une maison de poupées a été vu dans le film 38 témoins.




    Détail amusant : on retrouve également Laurent Fernandez, vu à l’Athénée pour Vénus, dans Engrenages et 38 témoins (mais aussi dans le film Les Lyonnais d’Olivier Marchal).




    En-dehors d’Engrenages


    (oui, on ne voit rien sur cette photo)


    La carrière de Céline Sallette, que l’on avait déjà vue au cinéma dans Meurtrières de Grandperret ou Marie-Antoinette de Sofia Coppola avant son passage à l’Athénée pour Après la répétition (l’interview que j’avais réalisée d’elle est ici), a vraiment explosé depuis quelques années : on a ainsi pu l’admirer dans Au-delà de Clint Eastwood, L’Apollonide : Souvenirs de la maison close de Bonello, De Rouille et d’os d’Audiard, Le Capital de Costa-Gavras ou la série Les Revenants de Canal+. Mon âme par toi guérie de François Dupeyron vient juste de sortir au cinéma, et elle a obtenu le prix Romy-Schneider en 2013.

     



    Vu dans Vénus et dans La Mouette à l’Athénée, Xavier Legrand a beaucoup fait parler de lui cette année en tant que réalisateur du court-métrage Avant que de tout perdre avec Léa Drucker : Avant que de tout perdre a remporté de très nombreux prix, dont le Grand Prix, le Prix de la presse Télérama, le Prix du public et le Prix national de la jeunesse au Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand. Il est sélectionné pour plusieurs compétitions à venir, dont le Festival international du court-métrage d’Uppsala ou le Festival du Film de Hollywood.
    Par ailleurs, Xavier Legrand a été nommé Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres.




    Claire Cahen tenait un rôle muet dans Caligula. Ironique quand on sait que c’est sa voix que l’on entend régulièrement en commentaire de documentaires diffusés sur Arte ou dans des fictions de France Culture.

     



    Patrick d’Assumçao jouait aussi dans Caligula : on a pu largement le voir dans le film L’Inconnu du lac d’Alain Guiraudie.




    En plus de jouer dans Les Justes et Les Mains sales, Nils Öhlund a mis en scène Une maison de poupées à l’Athénée. Il jouait également un rôle important dans le téléfilm Le Choix de Myriam auprès de Leïla Bekhti.




    Gina (ou Jina) Djemba jouait le rôle éponyme de Vénus. On a également pu la voir dans la série Les Bleus sur M6 ou dans le téléfilm Folie douce aux côtés de Muriel Robin.

     




    J’avais publié des photos prises par David Geselson sur le plateau des Trois Soeurs : c’est pourquoi j’ai été particulièrement contente de le voir dans le film Alyah (et aussi, apparemment, dans La Vie domestique qui sortira la semaine prochaine, tout comme Océane Mozas vue à l’Athénée dans La Cerisaie aux côtés de Vincent Debost ci-dessus).




    Enfin, Tewfik Jallab jouait dans Splendid’s : il tenait également le premier rôle de Né quelque part avec Jamel Debbouze.

     


    Et je ne parle pas des artistes que l’on connaissait largement avant leur passage à l’Athénée, et qu’on n’est donc pas surpris de revoir ailleurs (Olivier Py, Robin Renucci, Fanny Cottençon, Bruno Putzulu, Guillaume Gallienne, Marianne James, Éric Cantona) ni de ceux et celles que l’on recroise souvent sur d’autres scènes de théâtre... Marina Hands, que l'on verra à l'Athénée dans Lucrèce Borgia à partir de la semaine prochaine, est de celles-là.

    Comme je ne travaille à l’Athénée que depuis 2008, j’oublie certainement des artistes, dont vous vous souviendrez peut-être. N’hésitez pas à compléter la liste en laissant un commentaire ici !

    Bon lundi !



    Clémence Hérout


  • Pierrot décroche la lune • Pleins feux




    hE S B

      pise eiffel
     


  • Faux seins et grands tétons • Coulisses




    Pierrot lunaire et Paroles et Musique ont commencé hier et se jouent jusqu’à samedi. Comme Le Tone hier, je ne vous propose pas d'images du spectacle pour ne pas dévoiler l'inventivité visuelle de Pierrot lunaire et la surprise de Parole et Musique.

    Cela dit, les photos d'aujourd'hui, prises en répétition, pourraient peut-être ressembler à ce que vous apercevrez pendant le spectacle...


    Athénée le balcon répétition Clémence Hérout

    Pierre

     

    Athénée Le Balcon répétition Clémence Hérout

    Damien et Valentin

     

    Athénée Le Balcon répétition Clémence Hérout

    Valentin, Andrei et Alphonse en arrière-plan

     

    Athénée Le Balcon répétition Clémence Hérout

    Alphonse et Clotilde en arrière-plan

     

    Athénée Le Balcon répétition Clémence Hérout

    Valentin, Andrei et Clotilde

     

    Athénée Le Balcon répétition Clémence Hérout

    Les mains de Pierre

     

    Athénée Le Balcon répétition Clémence Hérout

    Alphonse, Clotilde et Yua

     

    En bonus, une photo de Damien découvrant ses faux seins, alors fraîchement conçus par la costumière Pascale Lavandier (finalement, ils sont plus petits) :

    Athénée Le Balcon répétition Clémence Hérout

     



    Bon jeudi !


  • A vos ordre, ma générale • Pleins feux




    mv

    lm
     


  • Elle sait plaire • Coulisses




    Il y a deux pianos dans Pierrot lunaire/Paroles et Musique, mais un seul pianiste, Alphonse Cemin.
    Je vous laisse découvrir comment tout cela est possible, d’autant qu’un piano est sur scène tandis que l’autre est dans la fosse.

    C’est le piano présent sur le plateau qui m’a interpellée :

     

    Piano Euterpe Le Balcon Athénée (c) Clémence Hérout


    Au-delà de mon reflet (hum), vous noterez surtout l’inscription “Euterpe”. Habituée aux pianos de concert Pleyel, Steinway ou Yamaha, j’ai mis un peu de temps à réaliser que c’était juste la marque.

    Euterpe est en effet le nom d’une muse grecque : comme Polhymnie, Clio, Uranie ou Calliope, elle est la fille de Zeus et Mnémosyne (la Mémoire) et préside à un art.  Euterpe est plus précisément la muse de la musique : partie du culte dionysiaque, elle est également associée à la joie.
    Elle est très souvent utilisée dans le monde de la musique, où elle a donné son nom à des magasins d’instruments ou de partitions, une base de données musicales ou des écoles de musique (cela signifie que si vous voulez trouver un nom pour votre nouvelle association musicale, il va falloir mieux chercher).

    Son nom signifie “qui sait plaire”, et on la représente souvent jouant une flûte simple ou double. C’est également elle que l’on peut admirer en pleurs, sur la tombe du compositeur Frédéric Chopin au cimetière du Père-Lachaise à Paris (monument réalisé par le sculpteur  Auguste Clésinger, gendre de George Sand).

    Quant au piano Euterpe présent à l’Athénée, c’est celui de Baptiste Joxe, régisseur de l’Ensemble Le Balcon, qui le prête pour le spectacle. Alphonse Cemin l’apprécie pour avoir déjà beaucoup joué dessus et il nous confirme que ce n’est pas un piano généralement utilisé pour les concerts.

    À ceux qui penseraient, comme moi d’ailleurs, que la qualité d’un instrument importe peu pour les concerts sonorisés (c’est-à-dire où l’on installe des micros sur les instruments), Alphonse explique qu’il n’en est rien : au contraire, le micro donnera à entendre les caractéristiques sonores d’un instrument ou d’une voix avec beaucoup plus de précision, soulignant impitoyablement ses qualités comme ses défauts.

    Pierrot lunaire et Paroles et Musique ont tous deux été composés sur des textes littéraires : le premier par Schoenberg sur des poèmes d’Albert Giraud en 1912, le second par Morton Feldman sur Neither de Beckett à la fin des années 1950.

    Pour les écouter dans la version du Balcon, c’est à l’Athénée à partir de demain et jusqu’à samedi !

    Bon mardi.

    Clémence Hérout


  • On veut du Rabelais • Coulisses




    t

    f


  • Du monde au balcon • Coulisses




    Lorsque je suis arrivée à l’Athénée hier, les artistes et techniciens du spectacle Pierrot lunaire et Paroles et Musique prenaient justement une pause dans la cour arrière du Théâtre (celle qui donne sur la rue de Caumartin).

    Athénée pause le balcon Pierrot lunaire Clémence Hérout

    Athénée Le Balcon pause Clémence Hérout



    Sur le plateau, leurs accessoires et instruments attendaient la reprise de la répétition, où l’on allait entendre Paroles et Musique, une œuvre de Morton Feldman composée sur un poème de Samuel Beckett.

     

    Athénée Le Balcon pause Clémence Hérout

     

    Athénée Le Balcon pause Clémence Hérout

     

    Athénée Le Balcon pause Clémence Hérout


    L’ensemble Le Balcon interprète des œuvres du répertoire sur instruments sonorisés.

     

    Athénée Le Balcon pause Clémence Hérout
    Le texte de Damien Bigourdan, acteur et chanteur.



    Pierrot lunaire et Paroles et Musique revisités par Le Balcon commencent la semaine prochaine à l’Athénée ! Bon week-end à tous.


    Clémence Hérout


  • Portrait lunaire • Pleins feux




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  • L'amoureuse au long cou • Pleins feux




    La semaine prochaine, l’Athénée accueillera un spectacle musical composé de deux œuvres : la première, Pierrot lunaire, a été composée par Arnold Schoenberg en 1912 sur des poèmes de l’écrivain belge Albert Giraud (1860-1929).

    Il s’agit d’une vingtaine de poèmes, traduits en allemand par Otto Erich Hartleben. Je vous livre la version originale de deux d’entre eux, que j’ai choisis arbitrairement selon mon (bon) goût :



    Brosseur de lune
    Un très pâle rayon de lune
    Sur le dos de son habit noir,
    Pierrot-Willette sort le soir
    Pour aller en bonne fortune.

    Mais sa toilette l'importune :
    Il s'inspecte, et finit par voir
    Un très pâle rayon de lune
    Sur le dos de son habit noir.

    Il s'imagine que c'est une
    Tache de plâtre, et sans espoir,
    Jusqu'au matin, sur le trottoir,
    Frotte, le coeur gros de rancune,
    Un très pâle rayon de lune !

    Albert Giraud





    La chanson de potence
    La maigre amoureuse au long cou
    Sera la dernière maîtresse
    De ce traîne-jambe en détresse,
    De ce songe-d'or sans le sou.

    Cette pensée est comme un clou
    Qu'en sa tête enfonce l'ivresse :
    La maigre amoureuse au long cou
    Sera sa dernière maîtresse.

    Elle est svelte comme un bambou ;
    Sur sa gorge danse une tresse,
    Et, d'une étranglante caresse,
    Le fera jouir comme un fou,
    La maigre amoureuse au long cou.

    Albert Giraud




    Pierrot lunaire et Paroles et musique seront donnés à l’Athénée la semaine prochaine, dirigés par Maxime Pascal et mis en scène par Nieto. Bon mercredi !

    Clémence Hérout


  • C'est la rentrée, mais je reste dans la lune • Coulisses




    ty

    tone merguez


  • Merguez party • Coulisses




    Bonjour à tous !

    Je suis très contente de vous retrouver pour cette sixième année du blog de l’Athénée, que je partagerai également cette saison avec Le Tone.

    Lorsque je suis passée au Théâtre la semaine dernière, l’équipe technique de Pierrot lunaire / Paroles et musique était en plein montage lumière.

    Montage Pierrot lunaire Athénée Clémence Hérout


    Entièrement plongée dans le noir à l’exception de projecteurs s’allumant par intermittence, la salle ne donnait à voir que des ombres : c’est grâce aux voix ou aux bruits de pas que j’ai pu saisir quelques silhouettes, mais également de curieux échanges autour d’une mystérieuse boule, que vous apercevez sur les photos :

     

    Pierrot lunaire montage Athénée Clémence Hérout



    “– Parce que ça fuit derrière la boule ?
    – La boule va tourner !
    Il y a des fuites blanches autour de la boule, là.
    – Tu vois le noir ? Ben là, il est blanc.
    – Je croyais que tu parlais de l’aplomb de la boule !
    – Non, la boule est bien centrée.
    – Il faut couvrir la boule de blanc.
    Je ne suis pas tapissier !!!

     

    Athénée montage Pierrot lunaire Clémence Hérout


    Et puis est venue cette phrase tellement sibylline : “C’est la merguez party” (l’histoire ne dit pas si la merguez a un rapport avec la boule).

    Montage Pierrot lunaire Athénée Clémence Hérout



    À très vite pour le nouveau spectacle musical du Balcon, ensemble en résidence à l’Athénée, et qui allie Pierrot lunaire (mélodrame musical de Schoenberg) à Paroles et musique (texte de Beckett, musique de Morton Feldman) : début des représentations le 25 septembre !

    Bonne reprise à tous.



    Clémence Hérout